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Où sont les prédateurs ?

Tempête en Mer Rouge

Se rapprochent-ils trop près des côtes ?

mardi 30 août 2011, par Picospin

Je ne l’étais pas pour suivre les déclarations obstinées de la première qui reste insensible à la houle, aux vagues courtes et longues et aux requins qui se promènent à quelques mètres d’elle et la menacent de leurs canines et autre armature dentaire du même type, celle qui n’a pas hésité à déchirer quelque touriste imprudent le long des côtes jadis pacifiques de la mer Rouge.

Requins

Les cibles de nos sympathiques et dynamiques requins des mers où il fait bon pécher, après avoir échappé aux prédateurs des mers pour un bain de soleil aussi doux que les morsures du soleil et du sel de la mer combinées, s’adressent maintenant à notre chère et souvent diaphane voire invisible Laurence Parisot qui griffe et pique quand elle ne peut manifester autrement sa présence, au milieu des hommes, des femmes, des syndicalistes et autres agents d’appareils économiques et politiques. C’est tout récemment qu’elle a pris le mors aux dents même si sa ressemblance est plus proche de celle qu’elle présente avec l’hippocampe qu’avec le requin ou la méduse. Depuis le déclenchement de la crise de la dette en Europe une digue s’est rompue laissant la métastase de la théorie du complot atteindre les plus hautes sphères de la société. La dernière victime en date est la miniaturisée mais fort dynamique Présidente du MEDEF qui dénonce un complot américain contre l’Europe. Si le terme de complot, trop populaire et vulgaire, n’est pas prononcé c’est celui d’orchestration qui lui est préféré qui a l’avantage de nous renvoyer à l’univers de la musique classique. En résumé ce que nous raconte la matrone des patrons est simple, voire simpliste diront les plus sévères lecteurs : La crise de la dette des pays de la zone euro a été "orchestrée" pour détourner le monde d’un problème encore plus grave, la situation budgétaire des États-Unis.

Orchestration : rhapsodie in blue ?

Certes les USA ont, eux aussi, un problème avec la dette mais de là à faire un rapprochement avec une cause de type conspiration entre les deux, il y a un pas qu’une si délicate dame au cœur et au poumon d’acier n’aurait pas du franchir si aisément. Il y avait longtemps que les États-Unis n’avaient pas fait l’objet d’accusations fondées ou infondées sur les malheurs qui assaillent l’Europe et le reste du monde qu’on se trouvait un peu orphelin de ces anathèmes portés sur un gouvernement qui avait gardé un calme olympien sous les tempêtes qui s’abattaient et se déchaient sur lui, cette tranquille entité composée de la famille Obama qui poussait régulièrement dans la verticalité de ses tailles longilignes pour atteindre des sommets de basketteurs et basketteuses capables du jour au lendemain de remplacer au pied levé les prodiges que lui envoie la France, de plus en plus fière de ses produits nationaux plus tournés vers les sports que la spiritualité ou les interfaces entre axones et dendrites nichés au fond du cerveau comme fiscalité à débusquer par agents de Bercy interposés. La théorie du complot consiste à croire en l’existence d’une conspiration secrète civile, criminelle ou politique, pour détenir une forme de pouvoir politique, économique ou religieux. C’est une interprétation des événements suivant un plan concerté et orchestré secrètement par un groupe malveillant.

Concert ou concertation ?

Elle se soustrait à la réfutation, toute preuve contraire pouvant être interprétée comme un faux réalisé par les conspirateurs, et discrédite donc les explications dites officielles, établies par les pouvoirs publics et relayés par les grands médias d’information. Les colons américains étaient convaincus que tous les Britanniques souhaitaient renverser leur pouvoir. La première théorie du complot fut celle, répandue sur la Révolution française, selon laquelle ce phénomène social consiste en la découverte d’hommes ou des groupes qui ont intérêt à ce qu’un phénomène se produise et qui ont planifié et conspiré pour qu’il se produise. Cette première définition de la théorie conspirationniste de la société, pourrait être sans objet quand il remet en question l’idée de Popper selon laquelle la croyance en l’existence de conspirations doit toujours tout expliquer, pour la personne qui y croit. Rien n’arriverait par accident car tout ce qui arrive est le résultat d’intentions ou de volontés cachées et rien n’est tel qu’il parait être car tout est lié, mais de façon occulte. Ces croyances concordent avec la sémiologie du délire paranoïaque qui est basé sur une intuition délirante, faisant appel au mécanisme interprétatif centré sur le seul thème de la jalousie, du préjudice et de l’érotomanie, et hautement systématisé avec des prémisses délirantes qui se déploient de manière organisée, logique, claire, cohérente et capables d’emporter l’adhésion d’auditeurs par un mécanisme de persuasion.

Manipulations

Se forme alors la dénonciation d’une « manipulation des masses », dont les croyances consistent en l’existence d’un petit groupe, décidé à influer sur les événements, à en prendre le contrôle ou à les provoquer de façon secrète, afin de prendre et de conserver un pouvoir politique, économico-financier, et culturel, dans le but de constituer un groupe conspirateur minoritaire, élitiste, sectaire qui utiliserait des moyens politiques, financiers, militaires, psychologiques et scientifiques. Quel avantage les États-Unis tireraient-ils aujourd’hui d’une crise bancaire en Europe ?. Au contraire, ce serait catastrophique pour leurs exportations, pour leurs banques exposées à l’Europe et pour les marchés financiers mondiaux. À long terme, le dollar profiterait d’une implosion de la zone euro. Mais dans l’immédiat, les américains seraient irresponsables de souhaiter la fin de l’euro. L’intérêt objectif des États-Unis serait que l’euro soit fort et le dollar faible....S’ils avaient les moyens de créer une crise de l’euro de manière artificielle, ils aggraveraient clairement leurs problèmes. Les banques américaines en août ont été également chahutées par les marchés, sans que personne ne crie au complot européen. Vu des États-Unis, les voix paradoxales qui s’élèvent en France sont représentatives d’un déni de réalité qui sévit sur le vieux continent. Encore faut-il le démontrer. Et à qui, par quels moyens et par quels arguments ?

Questionnement :

1. La rhétorique est-elle la science de ce dont elle persuade ?

2. Est-il vrai que la parole est la seule puissance de l’homme ?

3. Que penser de l’argument selon lequel une chose est invraisemblable parce qu’elle l’est trop et que si une haine est si forte qu’elle entraine des soupçons avant la survenue du crime celui qui en peut être soupçonné s’est d’autant plus gardé de le commettre ?

4. Quelle est la valeur d’une rhétorique qui argumente moins du vrai que du vraisemblable ?