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Cerveau plein ou vide

Tempête en pédagogie

Vidé ou organisé

lundi 4 juillet 2011, par Picospin

L’Éducation nouvelle est un courant pédagogique qui défend le principe d’une participation active des individus à leur propre formation. Elle déclare que l’apprentissage, avant d’être une accumulation de connaissances, doit être un facteur de progrès global de la personne. Pour cela, il faut partir de ses centres d’intérêt et s’efforcer de susciter l’esprit d’exploration et de coopération : c’est le principe des méthodes actives. Elle prône une éducation globale, accordant une importance égale aux différents domaines éducatifs : intellectuels et artistiques, mais également physiques, manuels et sociaux. L’apprentissage de la vie sociale est considéré comme essentiel.En tout cas elle vient de porter un coup fatal à toutes les bonnes et mauvaises habitudes de la pédagogie française au lendemain du jeu de chaises musicales qui a emporté quelques Ministères clefs, induit des frustrations insupportables pour quelques égos surdéveloppés, surdimensionnés et inspiré des vocations.

Quels apprentissages ?

Tout le monde se mêle d’éducation, de pédagogie, d’apprentissage pour montrer aux autres à quel point leurs méthodes de formation sont efficaces, sures et sans danger pour les plus fragiles des élèves qui leur sont confiés. Est-ce pour cette raison que l’on fait la queue devant les guichets de recrutement des Ministères, en particulier celui de l’Education Nationale qui ne cesse de changer de titulaire tellement les peaux de bananes s’accumulent devant les portes des bureaux et les glissades y sont dangereuses qui emportent souvent les responsables imprudents dans les hôpitaux où ils ou elles rencontrent le personnel déprimé, désespéré de ne pouvoir guérir la maladie grave, la détresse psychique ou la fracture irréductible sur des os et des articulations poreuses sur lesquelles les prothèses se greffent mal et les mécanismes de suppléance grincent péniblement pour finir par se bloquer.

Dents cassées

On se casse les dents sur des problèmes apparemment insurmontables, des voies sans issue et des situations bloquées malgré les références permanentes à de nouvelles politiques et méthodes d’enseignement en conflit permanent entre la fausse nécessité d’accumuler les thèmes de connaissance à inculquer et les heures de liberté indispensables à leur bonne digestion. Les complications ne seraient rien si on ne se trouvait devant une situation sans issue lorsque s’entassent par milliers des thèmes de plus en plus nombreux dont l’acquisition devient obligatoire aux yeux de certains alors qu’elle ne justifie une tragédie aussi violente ni dans l’esprit de l’enseigné ni dans celui de l’enseignant qui n’a pas le courage de réfuter les arguments pour remplir de jeunes cerveaux. Ces derniers sont sans l’obligation de se livrer à une véritable réorganisation à l’intérieur des réseaux neuronaux consistant à garder à court terme les éléments les plus urgents, à moyen terme ceux qui feront date et à rejeter dans la poubelle de l’histoire personnelle ce qui mérite de l’être au détriment des quelques notions indispensables à la vie du corps, de l’esprit et de leur durée.

Foire aux questions

Dans cette foire des offres et des demandes, les suggestions ne manquent pas qui prônent l’aération régulière et intermittente, les repos de l’esprit alternant avec ceux du corps, les recours à l’exercice, pour stimuler les sécrétions des neurotransmetteurs qui favorisent et accélèrent les transmissions d’informations comme on le ferait d’une excellente Agence France Presse, Reuter ou de réseaux Internet encore plus véloces que ceux actuellement à notre disposition. Tout le monde y va de ses propositions sans se rendre compte qu’aucune mesure ne saurait devenir une panacée si elle ne s’adapte pas aux capacités d’absorption et d’intégration des mécanismes cérébraux, des débits adoptés par les enseignants pour faire pénétrer dans l’espace des réseaux neuronaux les éléments capables d’y circuler sans saturation et sans déclencher de la part de l’enseigné un rejet comparable à celui fourbi par des greffes étrangères et reconnues comme telles par les dispositifs immunitaires de l’organisme. La situation devient nettement ingérable si l’on doit, en plus de ces facteurs multiples qui ne sont pas tous étroitement liés à des questions scolaires, tenir compte d’évènements extérieurs au monde déjà hermétiquement clos de la vie des lycées et collèges.

A l’extérieur d’un sanctuaire

Ces derniers se comptent par dizaines. Ils ont trait à l’organisation de la cité qui doit pour respirer de ses bons poumons et faire battre son cœur au rythme de tous ses habitants tenir compte des déplacements saisonniers de ses habitants, du rythme des saisons, des températures, des conditions atmosphériques et climatiques, des impératifs économiques, toutes circonstances qui se heurtent ou se conjuguent avec les nécessités d’ l’apprentissage, de la formation des jeunes âmes et des jeunes esprits en vue de l’unique projet de vie des hommes civilisés : celui de faire des enfants des hommes responsables et autonomes.