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Symbolisation des expulsions ethniques

Tensions européennes

Les symboles du passage des frontières

samedi 18 septembre 2010, par Picospin

Comme un certain nombre des personnes devenues à nouveau nomades n’avaient pas caché leur intention de franchir la frontière une deuxième fois à l’occasion de leur retour dans le pays qui les avait hébergés, la sortie de France pouvait être dédramatisée. Elle pouvait l’être mais ne le fut pas.

Symbole

Le symbole garde une importance non négligeable dans les représentations des citoyens d’où qu’ils viennent et quelle que soit leur condition sociale, civile, leur rang hiérarchique et leurs chances d’assimilation avec les communautés qui les entourent et les côtoient. C’est ainsi qu’une affaire qui a germé on ne sait comment ni pourquoi dans l’imaginaire d’un homme d’état s’est transformée en crise politique, la première paraît-il de puis que l’Europe existe constitutionnellement sur le papier. La sémiologie théorise deux divisions : le signifiant et le signifié, selon Ferdinand de Saussure La sémiotique en théorise trois : le signe, l’objet, l’interprétant. Le sens est l’expression ou la proposition, la signification, la pensée exprimée, la référence est l’objet désigné, ce qu’une expression linguistique désigne, la représentation est une unité mentale subjective et individuelle.Le triangle sémiotique admet trois éléments qui sont le symbole (terme, expression linguistique) ;la référence (concept, unité de pensée) et le référent (objet, partie du monde perceptible ou concevable : la Tour Eiffel, la vitesse). Plus tard, sont décrits quatre facteurs qui sont le véhicule du signe : 1. ce qui agit comme signe, le designatum : 2. ce à quoi le signe réfère, l’effet produit sur un certain interprète et l’interprète : 3. la personne pour qui le signe a fonction de signe ; 4. trois autres équivalents que seraient la dimension sémantique qui regarde la relation entre le signe et ce qu’il signifie ; 5. la dimension syntaxique regarde la relation des signes entre eux ; 6. la dimension pragmatique regarde la relation entre les signes et les utilisateurs des signes.

Usages du signe

D’autres auteurs distinguent quatre usages du signe : l’information, l’évaluation, la stimulation, la systématisation. Les principaux termes qui entrent dans la définition du signe sont le stimulus, le signal physique employé, le signifiant, modèle dont le stimulus constitue une manifestation, par exemple un phonème, le signifié ou sens, contenu du signe ; le concept, représentation mentale à laquelle correspond le signifié, soit logique, soit psychologique, le référent ce dont on parle quand on emploie tel signe. On peut prendre pour exemple le nœud carré sur les foulards des scouts francophones qui est hautement symbolique, car il définit plusieurs des valeurs du scoutisme comme l’égalité, l’ordre, l’harmonie, la solidarité qui sont transcrites dans la structure du nœud. Le symbole fait jouer plusieurs critères, pour distinguer, entre eux, les types de symboles selon leur origine, naturelle ou culturelle, leur référence explicite ou implicite, leur composition unique (la couleur jaune est simple) ou plurielle (la couleur violette a deux éléments, le rouge et le bleu) leur signification objective ou subjective, leur substance : inerte ou vivante, matérielle ou psychique, visuelle ou sonore, objet ou événement, le domaine vie quotidienne ou art, rêve ou pensée, mythe ou rite.

Tortue, symbole de la lenteur

La tortue est le symbole de la lenteur : la correspondance entre le symbolisant "tortue" et le symbolisé "lenteur" est naturelle car la tortue est lente, par nature, plurielle (puisqu’elle est lente, non seulement par sa marche, mais encore par sa mastication, la tortue symbolise, non seulement la lenteur, mais encore la résistance passive, la longévité, explicite car à voir la tortue on saisit immédiatement pourquoi elle représente la lenteur), objective (le lien tortue/lenteur est impartial et universel) « Il fait froid ici » peut, selon son sens direct, signifier qu’il fait froid ici. S’il est adressé à une tierce personne se trouvant dans la même pièce que l’énonciateur, ce même énoncé peut signifier à l’autre, indirectement, de fermer la fenêtre. Le symbole est une représentation porteuse de sens. C’est un système signifiant relevant de la connotation. Une deuxième fonction du symbole est la « fonction révélatrice ». Le symbole apparaît comme la réalité visible (accessible aux cinq sens) qui invite à découvrir des réalités invisibles. Ce qu’un signe ordinaire ne permet pas de dire, le symbole le permet. Le symbole traduit l’intraduisible, éclaire l’obscur. Par exemple : le Soleil, qui éblouit, permet de présenter l’inaccessibilité de Dieu ; l’océan figure l’infini de l’amour.

Fonction symbolisante

Les symboles fondés sur une corrélation naturelle entre symbolisant et symbolisé sont de partout et de toujours. Par exemple, au-delà des différences culturelles, tous les hommes symbolisent la cruauté par la panthère, l’inaltérabilité par l’or. Une autre fonction est la « fonction transformatrice », pour le psychisme. Un symbole contient une grande énergie que l’homme peut transformer, en l’amplifiant, en la sublimant, en la réorientant. Certains malades se guérissent en travaillant sur des couleurs, des sons, leurs rêves, leurs fantasmes conscients ou leurs phantasmes inconscients. Une autre fonction est la « fonction magique » : le symbole, de façon formelle ou de façon concrète, agit sur les choses, indirectement, analogiquement. Par exemple, un magicien croit - à tort ou à raison - que le nombre treize, par une « vertu occulte » qui échappe à la raison et à la science physique, porte malheur. Cette évolution a fait craindre le pire aux responsables politiques d’une union qui a eu beaucoup de mal à se construire car ils étaient terrorisés à l’idée que ce montage politique avec ses répercussions sociales, sociétales, juridiques, commerciales et financières ne fasse naufrage. Cette hypothèse, bien qu’exagérément pessimiste, a scié sur ses bases la confiance en la mise en route et les « finitions » dans un ensemble d’états dont la fragilité était contenue dans le lourd passé des relations entre les états et les inextricables difficultés à bâtir un ensemble harmonieux, capable de résister à une concurrence de plus en plus rude et acharnée de la part des états émergents dont l’appétit d’ogre est difficile à satisfaire.

Départ des nomades

Que dans un tel contexte, le départ provisoire, à court terme de nomades, migrants habituels sur les terres européennes prenne une importance inconsidérée et irréaliste devient un phénomène dont se seraient bien passé les observateurs et agents responsables de l’administration européenne qui ont du mal à voir dans ces évolutions les signes d’une catastrophe annoncée, d’un glissement du terrain politique assez volumineux pour compromettre la stabilité d’un ensemble de plus de 300 millions d’habitants qui avaient pris, petit à petit et progressivement l’habitude de vivre ensemble même si ce nouveau mode de vie, issu des intentions louables de l’après guerre de la part des gouvernants qui ont le plus intensément ressenti les conséquences des dégâts infligés à ce fragile bébé. Il n’avait pas encore été immunisé contre les maladies infantiles et commençait à peine à sortir de la matrice préparée et protégée par les inventeurs infatigables d’une nouvelle communauté née dans la souffrance et de multiples interventions techniques pour réaliser un accouchement « dystocique », nom que l’on donne souvent aux manœuvres nécessitées par le passage d’un trop gros fœtus par le défilé étroit d’un bassin aux proportions réduites.

Les tribulations d’Europe

Quand elle arriva ou débarqua sur terre, plus exactement sur une mer qu’elle dut traverser sur le dos d’un taureau, elle continua à bien se sentir et à apprécier le confort que son arrivée au milieu d’un rêve lui apporta. Ses premiers ébats ne furent qu’amour de la part de deux dieux envoyés par Zeus pour la conforter dans ses intentions de prendre plaisir à toutes ses activités, ses sentiments et ses sensations. Parmi ces dernières il en est une qui attira particulièrement son attention, c’était celle de la cueillette dans un panier d’or délicatement ciselé de silhouettes qui racontaient l’histoire d’Io qui devait plus tard accéder à une renommée géographique. Dans cette tâche agrémentée par le charme du panier, l’odeur des narcisses, des jacinthes et des crocus, l’enchantement des fillettes passant d’une prairie à l’autre atteignit le comble du plaisir et de la joie de vivre, de la perception d’un enchantement sans limite. Cela d’autant plus qu’Europe brillait parmi elles comme la déesse de l’Amour dépasse les Grâces en éclat. C’est au moment où Cupidon perça de sa flèche le cœur de Zeus, que ce dernier eut la curieuse idée de se changer en taureau d’une superbe couleur châtaigne et le front marqué d’un disque d’argent surmonté d’une corne en croissant de lune.

Après Cupidon, la chevauchée d’Europe

Un peu déstabilisée par les sauts et bonds du puissant animal, à peine effrayée par les divinités marines chevauchant des dauphins et Tritons, Europe continuait sa chevauchée sur le dos non plus du taureau mais sur le dieu redevenu taureau qui profita de l’occasion pour l’emmener sur l’île de Crête où elle donna des fils glorieux dont les sceptres exerceraient tous les pouvoirs sur les hommes de la terre, devenant ainsi aussi célèbres que le puissant Zeus dont le nom perdit en éclat à mesure que grandissait celui d’Europe. Pendant que Europe grandit et se pare de tous les attributs de la beauté, sa structure politique et économique s’écroula sous les assauts répétés de ses ennemis et les forces de ses adversaires, hostiles à tout mariage de fécondité en raison de la jalousie forcenée de certains de ses admirateurs. C’est ainsi qu’elle s’enfonça lentement dans le marasme, la névrose d’échec et les innombrables conflits d’intérêt plus que d’amour ou d’affection qui jalonnèrent sa vie amoureuse et sociétale. Elle avait tout le temps la peur qu’un parrain particulièrement jaloux de sa beauté, de son intelligence et de sa séduction ne vienne la blesser ou la tuer parce que elle attirait trop de soupirants. Ces derniers ne cessèrent de se battre pour la conquérir par excès d’amour ou de haine.