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Migration des dindes

Traditions américaines : malbouffe ?

Le frigo et le sandwich remplacent la dinde

dimanche 28 novembre 2010, par Picospin

A qui s’adresse cette remarque qui est aussi une interrogation ? Aux Américains qui avaient l’habitude, avant les crises, de gâcher les objets et « gadgets » divers plus que la nourriture.

Paquets à la maison

Preuve en est le soin qu’ils apportent à rapporter à la maison les « doggy bags », ces restes pour chiens que l’on ramène religieusement à la maison pour des animaux domestiques virtuels, de la nourriture à placer dans frigidaire ou congélateur afin de la conserver pieusement en cas de besoin pour un pauvre virtuel qui passerait par là, une maison d’accueil rappelant le geste des premiers Indiens rencontrés par les descendants du Mayflower lors de leur débarquement aux environs de Cape Cod, devenu lieu béni pour les riches de l’Union avant que s’y soient installées les personnalités politiques célèbres, ne serait-ce que le clan des Kennedy, cette famille désignée par le destin ou on ne sait quel dieu vengeur aux drames, aux morts violentes, aux écarts de conduite morales contrastant avec une respectabilité de surface, voulue par un ancêtre voué aux sympathies nazies et à la réussite disproportionnée de sa descendance.

Les Kennedy

Le New York Times se penche sur cette délicate question des restes des repas à l’occasion de la fête célébrée ces jours-ci en mémoire de l’accueil offert aux pèlerins débarquant malades, affaiblis, dénutris et assoiffés de la frêle embarcation qui leur a permis de traverser l’océan à une époque où on n’empruntait ni Boeing ni Airbus quel qu’en soit le numéro pour rejoindre New York ou Washington en moins de 7 heures. La commémoration de l’amitié et de l’accueil de ceux venus d’ailleurs est célébrée chaque année par une fête culinaire à la tête de laquelle se place la dinde sacrée dont les restes de salade, sandwichs et autres plats ont dominé la vie des Américains. Ces derniers ne cessèrent de dominer la vie des foyers américains où l’on consacrait le temps à utiliser rationnellement les reliefs des repas précédents jusqu’à les renvoyer au lendemain sinon à plus tard.

Trop de viande ?

La tradition des fortes consommations de viande vint à s’évanouir avec les prédications d’un saint homme, révérend de son état, qui s’employa à transformer le gout démesuré pour la chair animale en une inclinaison plus naturelle pour la pâtisserie, le pain et autres substrats sortis des fours qui devinrent disponibles à l’orée du 20è siècle pour les nouveaux amateurs de fibres, de blé. Cette révolution mit fin à la tradition des restes des repas pour le lendemain matin c’est à dire pour le petit déjeuner. Progressivement, l’industrialisation du pays ne fit que rigidifier des traditions qui réduisirent le déjeuner à une brève ingestion de nourriture pour repousser la collation de midi au soir puisque personne, ni les salariés, ni les employés, ni même les écoliers n’eurent le temps de rentrer chez eux pour prolonger la fête de la commémoration au lendemain ce qui obligea tout le monde à se contenter de biscuits ou gâteaux avalés à la hâte n’importe où et n’importe quand.

Déchets

Les consommateurs de denrées alimentaires vouées à la poubelle n’avaient pas une haute estime d’eux-mêmes. Ils croyaient même devenir la risée des autres. Pendant ce temps, suivant scrupuleusement la voie tracée par les clients, les patrons de la restauration proposèrent de plus en plus souvent aux clients de s’installer dans des cafeterias, et des restaurants bon marché où même les enfants se firent une place de choix dans le cadre des menus proposés aux écoliers. Dans cette orientation, l’habitude fut prise pour les salariés de rapporter chez eux de plus en plus de restes laissés par les employeurs. De même que la classe moyenne n’était guère heureuse de se voir taxée de consommateurs de restes de même, elle ne voulait pas plus être affublée du qualificatif de consommateurs prodigues. C’est dans cette dynamique que parurent de nombreux livres conseillant aux cuisinières des recettes pour cuisiner au mieux ces déchets laissés par les plus riches pour les plus pauvres. C’est ainsi que petit à petit on vit de plus en plus de maitresses de maison accommoder des restes en les enterrant dans des sauces, les transformer en sandwichs, ou en hors d’œuvres. Reconstituer des restes devint ainsi une performance louée par tous et toutes et largement recommandée ne serait-ce que pour en faire des soupes appétissantes ou des plats onctueux, même quand des recommandations de se livrer à cette activité culinaire furent transmises par l’intermédiaire des patrons aux employées.

Cuisine ludique

D’une activité ludique au départ, cette nouvelle orientation culinaire prit rapidement ses galons au cours des périodes de la première guerre mondiale et de la Dépression qui s’en suivit. Cette nouvelle cuisine devint vite patriotique à mesure que fut reçu le message des ménagères encouragés par les autorités de se livrer à cet exercice pour sauver la nation. Cette tendance ne fit que progresser à mesure que les chaines du froid se développèrent et que les armoires frigorifiques trônèrent au milieu des cuisines et des maisons. Le changement d’attitude envers l’alimentation reçut un autre coup de pouce par l’arrivée sur le marché des microondes, des différentes sortes de sacs capables d’envelopper le moindre aliment pour en faire des plats faciles et rapides à préparer et à manger.

Dépendance alimentaire

A mesure que cette mode se lançait à une vitesse foudroyante, les Américains en sont devenus de plus en plus dépendants au point de se faire un plaisir d’en faire gouter des échantillons aux invités et d’aller les absorber de plus en plus souvent dans des petits restaurants. Si vous trouvez difficile de déguster un plat à partir d’une dinde transformée en un plat des plus savoureux, souvenez vous que c’était le moyen autrefois usité par les Américains pour diner dehors ou dedans en gardant l’espoir qu’un jour viendra où de nouveaux plats seront à votre disposition pas plus tard que demain.

Questionnement éthique :

1. Arrivé sur une terre déjà transformée par les pollutions venues des actions humaines, l’homme doit-il assumer la responsabilité de garder un globe propre pour sa descendance ? Est ce le symbole du péché originel ?

2. Comment traiter le problème des OGM ?

3. Comment procéder au choix des aliments en l’absence de notions certaines sur les conséquences de la transformation des produits consommables par les OGM ?

4. L’éthique doit-elle prendre en considération la condition globale de la vie humaine ?