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Des guerres et des massacres

Traumatismes psychiques

Les méduses attaquent

vendredi 30 septembre 2011, par Picospin

Le traumatisme psychique (ou psychotraumatisme) est un terme désignant un type de dommage causé à la psyché après un événement traumatisant. Lorsque le traumatisme conduit à un trouble de stress post-traumatique, les dommages peuvent impliquer des changements chimiques cérébraux, changeant la réponse de l’individu à un futur stress.

Traumatisme

Un événement traumatisant peut inclure une seule situation ou un ou plusieurs événements longs et répétés, qui peuvent complètement submerger la capacité de l’individu à intégrer les idées et émotions inculquée lors de cette expérience. Le traumatisme psychique peut conduire à de sérieuses conséquences négatives à long terme, à partir d’une variété d’événements, dominée par la violation des idées reçues par la victime sur le monde et des droits de l’homme, ce qui provoque un état de confusion extrême et d’insécurité. Le traumatisme psychique peut s’accompagner d’un traumatisme physique. Les causes et dangers typiques du traumatisme psychique peuvent inclure - abus sexuel, harcèlements, violence conjugale, endoctrinement, victime de l’alcool, menace ou témoin d’un événement marquant, particulièrement durant l’enfance. Des événements naturels tels que les séismes et éruptions volcaniques, les guerres ou autres violences aggravantes contribuent à créer un traumatisme psychique surtout s’ il se double d’une exposition à long terme à des situation de pauvreté, d’agressions, même verbales qui déstabilisent dans une situation déjà fragilisée par des circonstances où, de gré ou de force, le témoin est pris en otage dans la vision du spectacle responsable de la crise de l’individu. Cependant, différents individus peuvent réagir différemment à des événements similaires.

Quelles réactions

Un individu peut faire l’expérience d’un événement dont les conséquences lointaines ou proches, voire permanentes peuvent déclencher des réactions pathologiques sous formes de cauchemars, d’idées suicidaires, de sentiments de haine de soi par culpabilité persistante alors qu’un autre individu peut sortir indemne de la vision, de l’implication ou du vécu du même événement. La guerre et les génocides sont les principaux fournisseurs de ces réactions pathologiques. Le diagnostic en est souvent retardé en raison de la difficulté d’en parler de la part du sujet qui en est victime et de l’écoutant qui ne peut ni ne sait déchiffrer les comportements anormaux des victimes de ces attaques. En termes de santé publique, les conséquences de ces attaques sur des cibles qui ne sont pas nécessairement les plus fragiles psychiquement, sont particulièrement lourdes si l’on songe aux dégâts subis par des témoins épisodiques de scènes violentes, la plupart du temps mortelles et qui touchent souvent une grande partie du corps ou des corps mutilés par des faits de guerre ou des génocides comme celui du Rwanda qui s’était soldé par la mort de près de un million de Tutsi. Les psychiatres civils connaissent moins bien ces pathologies que les militaires, qui hommes de terrain, ont été confrontés au spectacle insoutenable des actes meurtriers le plus souvent gardés sous silence pour des raisons de secret défense.

Responsabilités

Ni les responsables directs des massacres ni les meneurs de telles croisades n’ont intérêt à dévoiler la situation véritable par crainte des réactions de masse violentes de la population et de certains participants plus éloignés des spectacles de massacres offerts à l’oeil des caméras et des photographes et à l’écho lointain des pleurs et des gémissements des victimes. On décrit des cauchemars dans lesquels interviennent des méduses en provenance directe de la mythologie grecque, et dont le regard pétrifiait d’effroi quiconque le croisait. Cette métaphore est utilisée par les psychanalystes pour évoquer l’effroi du traumatisme psychique, tel qu’il est décrit par ceux qui en ont été les victimes, en particulier les militaires, les médecins de l’humanitaire et tous ceux qui, de loin ou de près, ont été les témoins volontaires ou accidentels de faits marquants pour la mémoire à court terme, qui, avec le temps, transforme les faits enregistrés en rêves impossibles, cauchemars insupportables sinon en un mutisme qui interdit toute communication avec autrui et enferme les victimes, même les plus solides et les plus équilibrées en patients condamnés à sortir de leur attitude schizophrénique pour se tourner vers des tiers capable d’écoute même si, incrédules, ils sont le plus souvent peu réactifs aux récits significatifs déclarés par les victimes.

Ennemis invisibles

Des exemples particulièrement touchants viennent de nous en être présentés par la Télévision à parti de documents extraits de la guerre en Afghanistan, du génocide au Rwanda, de la guerre en Irak et autrefois de la guerre du Vietnam qui a laissé des dizaines de milliers de vétérans américains dans un état de désolation irrécupérable mélangé à des idées et des passages à l’acte suicidaires privant le pays de forces vives indispensables. Les chefs d’état et responsables de la conduite des affaires étrangères des états feraient bien de réfléchir plus profondément aux conséquences lointaines des entrées en guerre, décisions souvent prises à la hâte, sans envisager les séquelles de tels actes plus que dommageables au fonctionnement des éléments les plus dynamiques de la nation.