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Circulation à New York

Traversée du désert ou d’un pont

La bataille de la bicyclette

dimanche 27 septembre 2009, par Picospin

Les Américains, prompts à s’intéresser aux problèmes les plus urgents, les plus actuels ou les plus réactualisés, n’ont pas tardé à se poser les multiples questions soulevées par ces bouleversements culturels nés du passage sans transition de la circulation en auto à celle des vélos dont la fragilité est apparue brusquement en raison du manque de protection de ces engins envers les poids lourds que sont devenues les énormes cylindrées lourdes de poids mais non de sens dont les roues gigantesques et la hauteur extravagante est disproportionnée avec la fragilité, le caractère frêle et la légèreté des charges transportées par ces engins, gros consommateurs d’énergie fossile et d’inventions inutiles, en tout cas dépourvues de sens.

Brèves et brutales rencontres

C’est dans cette perspective que le New York Times s’interroge sur les rencontres parfois trop brutales entre cyclistes et piétons à New York sur le fameux Brooklyn Bridge. Ce conflit, déjà intitulé « la Bataille du Pont Brooklyn » comme on appelait avant celui du « Pont de la Rivière Kwaï » pour des raisons plus historiques et militaires que civiles, a déjà reçu son baptême du feu, si l’on peut dire en raison de son aptitude à germer sur les terrains d’une nouvelle culture qui n’a pas encore eu le temps de détruire la totalité des immeubles encore debout et qui continuent d’abriter des habitants qui restent en course pour la compétition entre agences immobilières chargées de négocier leur fragile habitat, financièrement et logistiquement parlant, s’entend. Les causes du conflit peuvent être élucidées à la lumière des circonstances qui déterminent la traversée de cette structure où en particulier le chemin des piétons est étroit, alors que leur flux se gonfle soudainement et parfois lors de situations exceptionnelles comme le ferait un fleuve d’Asie submergeant tout sur son passage lors de l’irruption de typhons et transformant les cités en coulées de boue.

Affluence touristique

Les touristes affluent qui cherchent à photographier la statue de la Liberté, des gens se rendent simplement à leur travail, d’un côté, alors que de l’autre, on rencontre des cyclistes, les uns pacifiques promeneurs, d’autres confondant la bicyclette avec des fusées. Pour mettre de l’ordre dans cette confusion, la municipalité a tenté de placer aux carrefours et aux points sensibles de la cité des signalisations suffisamment claires pour éviter toute rencontre dangereuse ou à risque entre les deux lignes de circulation qui deviennent concurrentes sinon hostiles à mesure que se tend une situation susceptible de se transformer en hostilité à tout moment même si l’on se risque à qualifier de bon développement cette tendance à la diminution, sinon à la suppression des engins polluants, potentiellement nocifs. Cette concurrence sinon bataille, susceptible par moments de conduire au chaos, est acceptée par le plus grand nombre même si certains souhaiteraient le bannissement des vélos que d’autres accepteraient plus volontiers à la condition que soient rappelées un certains nombre de circonstances historiques sur la circulation sur ce pont qui a été inaugurée en 1883 et poursuivie avec un certain succès dès 1902 lorsque le transport y était pleinement opérationnel avec des chevaux, des tramways, des trains, toutes catégories qui devaient s’acquitter d’une certaine somme pour traverser cette structure historique, avant la suppression du droit de la franchir puis de son abolition définitive.

Une traversée légendaire

Cette traversée est devenue une légende familiale pour l’auteur de l’article dont les grands-parents se sont rencontrés sur le Brooklyn Bridge vers les années 1917. La situation qui vient d’être décrite a suscité une situation conflictuelle dans la mesure où un nombre croissant de véhicules traversent le pont jusqu’à atteindre le chiffre impressionnant de 180.000 par jour en 1989 pendant que les adversaires de cet itinéraire préfèreraient emprunter le Manhattan Bridge qui possède une excellent voie pour vélos mais reste moins commode pour atteindre le centre ville. Dans cette situation sans issue comme les voies du même nom, des suggestions sont émises qui permettraient de débloquer une situation aussi conflictuelle que celle qui oppose actuellement les positions de l’Iran sur l’arme atomique à celles des Etats-Unis sinon de l’Europe. L’une d’entre elles permettrait d’interdire la circulation des vélos sur le Brooklyn Bridge mais de l’autoriser sur les autres routes actuellement interdites à la circulation mais qui sont bien protégées par des dispositifs efficaces.

Retour au passé

Ce retour au passé peut en rebuter certains mais reste logique lors des week-ends de même que la remise en service de cars en attendant que le train déjà très attendu, entre en fonctionnement. Si les cyclistes abandonnent une partie de leurs avantages en cédant le passage du Brooklyn Bridge, le pire qui puisse arriver est d’obtenir le respect du public avant de sceller une trêve avec les piétons qui n’auront plus à faire aucun effort pour reconnaître que leur véritable est la voiture. Lors de la première bataille de Brooklyn en 1776, les forces américaines qui avaient été vaincues ont réussi à rester en vie en se retirant vers Manhattan, là où s’arrête actuellement le Brooklyn Bridge. Moins connu est l’épisode de la rencontre entre Anglais et Américains au cours de laquelle les premiers espéraient croyaient pouvoir négocier une paisible union avec l’Amérique qui échoua faute de la volonté de ces derniers de revenir en arrière. C’est la même situation avec les cyclistes. Il y a de purs New Yorkais qui méritent d’être écartés. Nous nous battons pour rendre les rues plus sûres dans un autre but que celui de conduire ou de garer des autos. La révolution de l’habitabilité a commencé sans aucune possibilité de retour.

Questions :

1. Pourquoi pensez-vous que nous ayons choisi ce thème spécifiquement américain pour l’importer en France ?

2. Quelle peut bien être la signification de cette histoire de traversée d’un pont ?

3. Pour quelle raison les Américains se sont-ils mis si rapidement à la pratique de la bicyclette ?

4. Qu’évoque pour vous cette histoire de rivalité et de conflit entre piétons et cyclistes dans un pays si loin des véritables pratiquants de la "petite Reine" ?

5. Tout cela, vous le saurez demain si vous avez le courage ou le plaisir de lire ce texte.

Réponses :

1. Parce que depuis l’arrivée du Velib’ les accidents de la circulation concernant des collisions entre vélos et autos sont devenus de plus en plus fréquents et de plus en plus graves : une personnalité politique et administrative a été renversée et tuée par un chauffeur de poids lourds.

2. Ce peut être le symbole de la relation, de la rupture de la solitude, d’une plus grande solidarité ?

3. Les Américains ont compris - sans doute un peu tard - qu’ils devaient abandonner les instruments de la richesse et du superflu pour éviter les pollutions et pour servir d’exemple écologique au monde ?

4. Toute catégorisation apporte avec elle un comportement et des attitudes partisanes et rivales, sinon de compétition, surtout dans un pays comme l’Amérique où cette dernière caractéristique est primordiale dans les rapports sociaux.