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Est-ce qu’un malheur peut faire un bonheur ?

Tremblement de terre et espoir en Chine

Une terre qui tremble vers la démocratie ?

jeudi 22 mai 2008, par Picospin

Les Chinois qui traversent la zone du sinistre cherchent à aider les populations sinistrées et les paysans, au point que même les enfants cherchent dans leurs poches de l’argent pour le donner aux victimes. Les visiteurs insistent sur les gestes des visiteurs dont plus de 80% ont fait des donations alors que tout le monde est prêt à apporter son aide. Les dons provenant dus secteur privé ont déjà atteint d’importantes sommes ce qui montre que le comportement des secouristes ne relève pas de celui d’un sujet ordinaire mais bien d’un authentique citoyen.

Catastrophe et Propagande

Au lendemain de la catastrophe, le département de la propagande a interdit aux nouvelles organisations de se rendre sur les lieux du désastre. Ce qui n’a pas empêché les journalistes de se ruer à Chengdu et les autorités de lever l’interdiction dès le lendemain. Depuis ce temps, les autorités se sont arrangées pour freiner l’ardeur des medias pendant que le Département de la Propagande n’a cessé d’encourager les organisations de clamer bien haut l’intensité de leurs efforts pour venir en aide aux populations sinistrées. Beaucoup de journalistes rongent l eur frein en attendant de pouvoir enquêter sur la corruption régnante et les raisons pour lesquelles les bâtiments scolaires se sont effondrés aussi vite et aussi facilement alors que les immeubles administratifs ont très bien résisté. Les impacts de ces résultats de ces résultats mitigés dépendront du moment où on choisira de les publier. Les observateurs n’ont cessé de discuter sur le problème de déterminer si le pays s’achemine vers une plus grande liberté et davantage de pluralisme. Certains croient que ce pourrait être le cas. Nous assistons à la lente trajectoire d’une Chine qui suit celle de la Corée du sud, de l’Indonésie, de la Mongolie et d’autres pays de la région qui se sont débarrassés de l’autoritarisme ce qui conduit à assister à une évolution de la transparence vers la clarté. Cette impression est loin d‘être partagée par tout le monde si bien que les sceptiques sont prêts à adopter l’impression que les dissidents ont encore plus de chances de terminer leur trajectoire en prison qu’à la télévision.

Scepticisme et espoir

Ce qui n’empêche pas de rééquilibrer la balance des opinions et de donner de l’espoir aux optimistes. Si la Chine prétend être marxiste léniniste, c’est plutôt du côté d’une réalité léniniste-marché qu’elle se situe actuellement. L’élévation du niveau de vie, du bien être, le surgissement d’une classe moyenne, de relations internationales sont en train de compromettre la maîtrise d’une classe dominante unique et d’alimenter la naissance d’une nouvelle forme de politique. Le Premier Ministre a la chance d’avoir une mémoire prodigieuse ce qui ne l’empêche pas d’être fort ennuyeux et ses acolytes présentent des figures à la Brejnev prenant des masques chinois. Il a constaté sous ses yeux le changement du paysage de son pays et s’est efforcé pour présenter une autre figure à son pays. Juste après la survenue du tremblement de terre, il s’est précipité sur les lieux du désastre et s’est présenté constamment sur les écrans de télévision pour contrôler les opérations de sauvetage. Des rumeurs au sujet de son héroïsme se sont propagées au moment où survint une chute qui laissa des blessures sur le corps de M. Wen qui, malgré sa douleur, refusa les soins. Il s’est écrié devant les enfants enterrés dans les décombres : « Je suis votre grand père Wen, Mes Enfants, vous devez tenir bon ».

Un grand-père gateau

Cette attitude est attachante car ce que l’on attend de la part de politiques, c’est ce discours et non pas un autre qui aurait pu provenir de la part d’un dictateur. Il veut donner l’image d’un bon empereur sans pour autant gagner une élection. Peut-être veut-il donner cette impression parce qu’il a senti le souffle chaud de l’opinion publique. Vers les années 80 pourtant les durs de la politique ont dénoncé avec férocité l’évolution douce et trop pacifique vers le capitalisme et la démocratie. Ils craignaient que d’accorder ces libertés fondamentales conduirait rapidement les citoyens à vouloir choisir leurs habits, leur profession, les programmes de télévision et pourquoi pas les grandes orientations de la politique du pays. Mon intuition m’oriente à prévoir que le parti Communiste est en train de lorgner vers cette évolution c’est-à-dire à vouloir devenir un Parti Social Démocrate capable de dominer le pays mais aussi de permettre l’émergence d’une opposition vigoureuse et de laisser une presse libre s’exprimer. La Chine d’aujourd’hui rappelle singulièrement l’histoire de Taïwan vers les années 1980 au moment où son gouvernement cherchait désespérément de devenir dictatorial sans y parvenir ce qui enleva une grande partie des peurs de la population. C’est ce moment que choisit un jeune politicien apparatchik, éduqué à Harvard pour jeter un œil vers l’avenir pour se rendre compte qu’il fallait réactualiser ses camarades en les transformant en politiciens d’obédience démocratique. L’épilogue de cette histoire est que ce Monsieur du nom de Ma Ying-jeou vient d’arriver au pouvoir pour être élu Président de la République démocratique de Taiwan.

Questionnement éthique :

1. Comment se fait-il que les écoles se soient effondrées si vite ?

2. Cette fragilité n’est-elle pas due à un défaut de construction, à l’absence de respect des règles élémentaires de construction en territoire à risque ?

3. Est-ce qu’un lien de solidarité ne s’est-il pas créé dans la population sinistrée devant les dégâts subis et l’hécatombe des victimes ?

4. N’y a-t-il pas un manquement élémentaire au principe de précaution dans les méthodes d’édification des bâtiments scolaires dans les régions qui risquent d’être victimes de dangereux tremblements de terre ?