Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Tribulations de Dujardin à Hollywood

Le cinéma français est resté muet

Tribulations de Dujardin à Hollywood

A-t-il bien fait de parler ?

mercredi 29 février 2012, par Picospin

D’aucuns ont murmuré que des personnes et critiques d’un certain âge avaient été choisis pour décider de l’attribution des prix en fonction des oeuvres présentées, soumises à leur jugement. En l’occurrence, l’heureux bénéficiaire de leur vote se situait dans une période de l’histoire où le 7è art n’était pas encore sorti de son mutisme pour accéder à la sonorisation qui avait décapité et abattu en plein vol les gloires du cinéma muet de l’époque, provoquant des drames dans les milieux du cinéma lorsque de acteurs et actrices de renommée mondiale avaient dégringolé de leur socle pour se retrouver au fond du trou d’où l’on entendait fort mal leur petite voix aigüe inconnue jusqu’alors et qui s’était révélée inappropriée pour la sortie de films risquant de perdre tout prestige à cause de cette infirmité soudain révélée au monde.

Les pièges des voix

Certains, plutôt rarement, avaient réussi à se sortir de ce piège de la voix mais la plupart des interprètes ont coulé à pic devant le handicap d’une diction insuffisamment marquée, d’une voix mal placée et d’une tonalité où les aigus avaient envahi les graves pour les soumettre à leur domination, sinon leur exclusivité. Le cinéma italien avait autrefois tenté de résoudre le problème épineux des voix et des audiogrammes en postsynchronisant leurs oeuvres soit par des voix qui n’appartenaient pas aux personnages exhibés à l’écran soit en les faisant enregistrer après coup pour permettre à tout le monde de surveiller leur diction et prononciation sous la surveillance draconienne d’ingénieux du son expérimentés, différents de ceux qui manquent actuellement aux enregistrements des oeuvres produites en France. Comme le film que je commente est muet puisque relevant d’une autre époque que celle du cinéma parlant inauguré par Al Jolson dans Le Chanteur de Jazz (The Jazz Singer), film musical américain d’Alan Crosland sorti en 1927, considéré comme le premier film parlant, plusieurs scènes chantées et quelques dialogues étant insérées au milieu des scènes muettes (qui restent cependant les plus nombreuses). Cette version cinématographique de la pièce de Samson Raphaelson est le premier long métrage parlant avec un total de 281 mots prononcés. L’utilisation du Vitaphone de la Warner Bros avait été expérimenté à de nombreuses reprises pour des courts métrages et des films sonores (mais non parlant) tel Don Juan.

"Le Chanteur de jazz"

présente donc une nouvelle étape dans le développement du film parlant en incluant pour la première fois des dialogues synchronisés à l’image1. Il montre aussi le lien qui va exister entre Broadway et Hollywood pendant plusieurs décennies, dans le genre même de la comédie musicale. La voix d’Al Jolson était la première à être entendue dans un long métrage ; elle provoqua un tonnerre d’applaudissements.
Au départ, Al Jolson ne devait chanter que cinq chansons et entonner quelques thèmes religieux. Pour les producteurs, il fallait absolument éviter le langage parlé au milieu des morceaux. C’est pour cela que l’histoire y est encore racontée à l’aide de cartons et de sous-titres. Cependant, lors de la chanson Blue Skies, l’acteur se lança dans une véritable improvisation non prévue dans le scénario : un dialogue avec sa mère. Cette intervention de la part d’Al Jolson eut pour effet de dégeler le mythe du film sonore et permit aux autres de se lancer dans le cinéma parlant. Ce Chanteur de Jazz ouvrit une porte sur un genre nouveau qui allait faire ses preuves pendant plusieurs décennies. Au décours de ce film muet, un des acteurs principaux, l’acteur-vedette a perdu une bonne occasion de le rester ce qui aurait évité aux forces morales américaines, si promptes à dégainer leurs lois sur la bienséance de montrer leur désapprobation envers le cri de joie poussé par notre lauréat. On espère que la prochaine fois, il aura compris que le silence est d’or ce qui n’est pas nécessairement le cas en France où les règlements sont moins rigides qu’aux États-Unis et où le fait de jurer n’indispose plus personne.

Oscar

En recevant son Oscar du meilleur acteur le dimanche 26 février, Jean Dujardin a prononcé un discours d’amour aux Américains et au cinéma, en anglais, avant de finir sur une phrase très française : « Ouah, putain, génial, merci ! » Rien à signaler à première vue, sauf qu’aux États-Unis le mot « fuck », dont « putain » est entre autres un équivalent, est interdit sur les chaînes publiques américaines (et son « putain » a d’ailleurs été remarqué après coup). Chaque « F-word » —notamment— y est systématiquement remplacé par un bip. Pourquoi Jean Dujardin ne s’est-il pas fait « biper » ? Risque-t-il une amende ? Pour biper le « putain » de Jean Dujardin, il aurait déjà fallu « que la personne en charge de biper connaisse la langue française » suffisamment pour se rendre compte en moins d’une seconde qu’il s’agit d’un gros mot, note un professeur de droit de l’université de Virginie en charge de la question des mots grossiers repérés par le commission de surveillance. L’acteur s’est lui-même excusé dans la salle de presse juste après avoir reçu sa statuette d’autant plus volontiers que sa mère a dit qu’elle n’appréciait pas son langage, alors que Michel Hazanavicius, heureux metteur en scène, l’a défendu en expliquant qu’on disait toujours ça en France.

Excuses et biper

Cette affirmation ne constitue en rien une excuse à la grossièreté des paroles prononcées en public devant un parterre de célébrités qu’on espère mieux éduquées que l’acteur qu’ elles venaient de célébrer. Faut-il admettre que le 7è art appartient aux arts mineurs, arts d’agrément dérivant directement des arts premiers. A propos des arts plus récemment introduits dans notre univers des Beaux-Arts ne convient-il pas de se pencher de plus près sur le phénomène artistique, à savoir l’esthétique qui ne saurait être envisagée sans le recours plus ou moins exhaustif à l’étude de son histoire ?

Messages

  • Lumières cage d’escalier prix uggs classic bw sombre, les étranges indescriptible. botte ugg regarda Yang-Unis, a uggs ltd 2 junior déclaré : « Eux, ils ne sont -" Jeunes états hocha la tête et dit : « Oui. Ne devinez vente ugg bottes classic bw pas, ils doivent être dans un rêve" Zhu Tao Ling a déclaré : uggs 2012 pas cher « . C’est la première fois que j’ai vraiment vu somnambulisme Surprise, s’est avéré être une ugg bottes 90 foot locker telle posture somnambulisme bizarre, un peu de gens timides tard dans la nuit pour voir ce scénario étrange n’a ugg bottes tn foot locker pas peur moitié à la mort."