Un autre regard sur les questions éthiques
 

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Société

Une situation comparable à celle de la France ?
Trop de détenus dans les prisons américaines ?
Qui peut-on ou doit-on libérer ?

Article rédigé par Picospin le lundi 8 décembre 2008

Face à des prisons constamment surpeuplées et une incitation du gouvernement fédéral d’améliorer les conditions de vie et la surveillance médicale, un groupe de trois juges doit se réunir incessamment pour décider s’il est conforme à la loi que le fait d’avoir plus de 150.000 détenus est réellement illégal.



Prisons surchargées

Si la réponse à cette question posée est positive, des milliers de détenus pourraient se trouver libérés du fait du caractère illégal de leur détention. A propos de la surcharge de ces prisons en Californie, les avocats qui défendent les prisonniers affirment que leurs conditions de rétention ne font qu’inciter à la violence, au développement de maladies, à des déséquilibres psychiques, sinon à des décès. En raison de ces conditions nocives, certains avocats ont exigé des juges qu’ils libèrent 52.000 prisonniers dans un délai de deux ans. En revanche, les avocats qui défendent l’état avancent des arguments selon lesquels le fait de réduire le nombre des détenus dans les prisons risque de provoquer une forte augmentation de la criminalité et une charge supplémentaire pesant sur des régions qui souffrent déjà d’une forte réduction de leurs allocations budgétaires. Relâcher autant de prisonniers est une mesure potentiellement dangereuse pour les détenus relevant des juridictions de l’état de Californie dont on dit qu’ils ont des tendances à un comportement plus dangereux que dans nombre d’autres états. Notre souci principal est de fournir un espace suffisamment grand pour nos malades mentaux. Qu’on nous permette de douter de l’efficacité de libérer ces prisonniers pour résoudre ce type de problème. Les avocats qui défendent les détenus affirment qu’ils ne cherchent pas nécessairement à libérer de dangereux criminels et que la réduction du nombre de détenus pourrait provenir du simple fait de ne pas envoyer en prison des gens qui n’ont commis que des délits mineurs.

Coupes budgétaires

Le système de santé en vigueur dans les prisons est actuellement placé sous l’autorité d’un responsable fédéral qui a annoncé tout récemment au mois d’Août que l’état devra dépenser plus de 8 milliards de $ pour remettre en état les prisons et construire de nouveaux bâtiments. Malheureusement, cet état est actuellement en butte à de sévères restrictions budgétaires au point que son gouverneur Arnold Schwarzenegger a déclaré l’état d’urgence et requis de la part de l’état une aide susceptible de combler un déficit de $ 11,2 milliards, faute de quoi la Californie s’avance vers un désastre économique tel que tout le monde en subira les conséquences. Ce à quoi un autre juge a répondu en déclarant que la situation est telle qu’il faudra dorénavant partir du principe qu’aucune aide financière supplémentaire n’est à attendre dans un délai plus ou moins bref. Le groupe des juges désignés pour prendre les décisions adéquates devra saans doute se pprononcer dès le début de l’année prochaine ce qui n’implique nullement que tout ordre de libérer des prisonniers puisse être exécuté sans une décision provenant de la Cour Suprême des Etats-Unis.

Sources :

December 8, 2008 "Judges to Decide Whether Crowded California Prisons Are Unconstitutional" By MALIA WOLLAN

Questionnement éthique :

L’opinion de Michel Foucault : Est-ce que l’enfermement est apte à soigner, à améliorer la condition d’un malade, fut-il le criminel que l’on enferme dans une prison ou le malade moins dangereux qui se retrouve dans un lit d’hôpital ? "L’hospitalisation et l’internement sont-ils indépendants à l’égard de la médecin ?" question qui vaut pour théorie et thérapeutique qui ne communiquent que dans une imparfaite réciprocité. Enfermer n’est-ce pas déjà confier le malade, sa folie, son agir entre les mains des gardiens et les enlever aux soins des médecins qui se sont vus progressivement démunis de leurs tâches séculaires, de leur corpus technique de la guérison "que les médecins ni la médecine n’ont jamais contrôlé parce qu’il appartient tout entier à des empiriques fidèles à leurs recettes, à leurs chiffres et à leurs symboles". La plus grande branche de la médecine pratique est entre les mains de gens nés hors du sein de l’art. "Les femmelettes, les dames de miséricorde, les charlatans, les mages, les rhabilleurs, les hospitalières, les moines, les religieuses, les droguistes, les herboristes, les chirurgiens, les apothicaires, traitent beaucoup plus de malades, donnent beaucoup plus de maladies, donnent beaucoup plus de remèdes que les médecins". C’est en Italie qu’est introduite la notion de dangerosité sociale qui pouvait être d’autant plus grande que sa responsabilité légale est moindre, que l’on pouvait être un criminel sans avoir commis de crime et que l’individu pouvait ne plus être engagé dans ses actes mais au niveau de ses virtualités. Est-ce que cette conception ne rappelle pas celle qui vient de donner lieu à un débat en France où certains approuvaient l’enfermement de ceux qui étaient susceptibles de commettre un crime avant de l’avoir exécuté.




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