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Des élections ?

Troubles en Iran : une leçon d’éthique ?

Quelles élections ?

dimanche 21 juin 2009, par Picospin

Quand les votes ont été comptabilisés en Iran quelque chose d’étrange s’est passé. Mahmoud Ahmadinejad a remporté une victoire écrasante ce qui ne l’a pas empêché de se croire obligé d’écraser l’opposition par des assassinats, des coups, des agressions et d’amples démonstrations de force.

Victoire électorale ?

Ces manifestations ne relèvent pas nécessairement de celles qu’il convient d’accomplir quand on remporte des élections avec 63% des suffrages. Pour la majorité des Iraniens, cette victoire cette victoire n’est guère crédible, pas plus qu’elle ne l’est pour le journaliste du "New York Times", Roger Cohen. De nombreux témoins en particulier parmi les étudiants ont proclamé que certes ils avaient pu se rendre dans les bureaux de vote mais qu’à leurs yeux leur vote n’eut aucune conséquence sur la tournure des évènements. La peur s’est évaporée dans la foule. La dignité était devenue une carapace, une protection, une armure. La force s’est déplacée du fusil à l’esprit. Bien que Ahmadinejad proclame qu’il tient les votes à la disposition des contrôles électoraux, la farce présentée l’a sans doute affaiblie. En réalité, cette élection s’est révélée devenir une sorte de mesure attestant de la manière dont une autorité morale est susceptible de monter sur la scène du monde depuis que Barack Obama s’est installé à la Maison Blanche. Deux jours après ce vote historique, l’heureux élu s’est mis à haranguer la foule et en particulier les correspondants étrangers présents à Téhéran pour leur expliquer ce qu’étaient les maux et le fléau de la démocratie dite libérale face à la démocratie islamique de l’Iran qui émane d’une saine conception de l’éthique.

Une imposture ?

La démocratie libérale n’est qu’une imposture dépourvue de toute éthique et dominée par quelques rares cadres qui ont pris le pouvoir sur le peuple. Les puissances arrogantes qui règnent sur cette forme de démocratie ne tarderont pas à être vaincues. Le système qui est né de la 2è guerre mondiale est condamné et mérite seulement d’être entassé sur les ordures de l’histoire. Et le vainqueur de ces élections de poursuivre dans la foulée que « nous avons besoin d’un système neuf basé sur la justice et l’éthique avec une forte dose d’humanitarisme. Nul doute qu’un tel message ait fortement résonné aux oreilles ouvertes depuis Caracas jusqu’à Djakarta. Ahmadinejad a trouvé le moyen de représenter l’ennemi de Bush pour la majorité des gens. Mais entendre des discours sur la justice et l’éthique au moment où le scrutin en Iran a été largement truqué de façon plus qu’arrogante mérite de recueillir un tout nouvel entendement du mot « orwellien ».

Violence approuvée ou condamnée ?

Obama aurait du condamner la violence déclenchée après les élections de façon nettement plus vigoureuse même si d’un autre côté, il a eu raison d‘avoir compris que les relations empoisonnées entre l’Iran et les États-Unis ne facilité guère une intervention de ce dernier pays. Il reste infiniment d’efforts à accomplir pour le Président de ce pays pour restaurer son rang dans le monde. La dignité du peuple iranien trompé mais qui n’a pas hésité à voter pour l’autre candidat réformiste, Moussavi, s’oppose à la puissance d’un régime qui ne manque pas de se révéler avec toute sa rugosité. Personne ne sait encore ce que cet affrontement peut donner dans l’avenir. D’un autre côté, quels sont les moyens dont nous disposons pour mesurer le pouvoir spirituel en termes quantitatifs ? Ce qui demeure c’est que le peuple iranien vient de donner au monde une leçon d’Éthique pendant que le vainqueur de la confrontation électorale dépouillait son message de toute signification.

Questionnement éthique :

1. Peut-on évoquer un comportement éthique à propos de cette élection en Iran ?

2. Est-ce que la notion d’éthique, de morale, de justice doit être évoquée à l’occasion de l’élection récente en Iran ?

3. Quel pourrait être l’attitude "éthique" du peuple iranien dans le cas de figure qui se présente ici ?

4. Est-ce que les pays qui condamnent les modalités de réalisation de ces élections ont raison de critiquer le processus engagé et de mettre en doute ses résultats ?

5. Si oui, pour quelles raisons ?