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Un western, la Bible ou une saga ?

True Grit des « Coen brothers »

La lute du bien contre la mal ?

jeudi 3 mars 2011, par Picospin

Cette distanciation en inaugure bien d’autres dans un film difficile, qui se rapproche plus des interprétations de la cabbale que des habituels scénarios hollywoodiens filmés à l’époque où John Wayne régnait en maitre sur le cinéma américain.

Cette fois, il faut de nombreuses clés pour entrer dans une intrigue et une forme cinématographique qui interroge plus qu’elle ne montre sous les apparences banales pour notre époque d’une extrême violence à laquelle sont malheureusement habitués les plus jeunes d’entre nous. Il se trouve que le « western » est tellement ancré dans les racines culturelles du cinéma qu’il autorise toutes les dérives, les habillages, les déguisements et que chacun peut y trouver ce qu’il cherche depuis que, très jeune, il a commencé à fréquenter les salles obscures pour lui apporter la lumière sur certains aspects de la vie des pionniers aux États-Unis. C’est bien pour cette raison que j’hésite à soumettre à nos lecteurs et internautes, surtout cinéphiles les interprétations et signifiants des scènes présentées et de l’ensemble du film. Quel est la signification du rôle de la jeune Mattie Ross ? Présente-t-elle des similitudes avec d’autres personnages du même type vus ailleurs sous le regard créateur et imaginaire de Visconti, Bergman ou Fellini ? Est-elle la pureté aperçue au bord d’une plage de sable à l’aube dans « La dolce Vita », la conscience déguisée dans la regard d’une jeune fille de 14 ans que l’on dit déterminée mais qui dépasse ce qualificatif pour enjamber la barrière qui la sépare de l’acharnement ? Où se situe le bien et le mal dans ces rapports présentés comme humains mais qui relèvent d’une férocité propre à bousculer le sens commun des plus solides, des plus caparaçonnés ? Est-ce l’image d’une Amérique où la violence s’évalue par paquets de tués par armes à feu, ces instruments dont on découvre une fois de plus dans ce film le pouvoir magique, l’impact sur la culture et les mœurs ? Les noms bibliques ont disparu de cette saga inspirée par le meurtre, l’importance de la vie mais aussi de la mort, la dégradation « chimique » des reliquats de mœurs qui se manifestent encore, pour rester dans l’humain par une certaine soif de justice plus que de joie, de réparation vis à vis de la peine de mort au moment où la « conscience » de Mattie coupe la corde du pendu inconnu. Est-elle coupable de rester sur terre sans expier ses fautes dans la caverne (est-elle de Platon ?) où les serpents se contorsionnent autour d’un corps fragilisé mais encore soigné par l’autre, celui qui suce le sang pour en extirper le mal ?

Questionnement éthique :

1. Est-il vrai que le revenu et la richesse et les bonnes choses dans la vie devraient être répartis en fonction du mérité moral ?

2. Est-ce que la société devrait réaliser cet idéal dans la mesure où les circonstances le permettent ?

3. Est-il naturel ou normal que la répartition des richesses n’est pas liée à la valeur moral puisque les dons initiaux de la nature et les contingences de leur développement dans l’enfance sont arbitraires d’un point de vue moral ?

4. Est-ce que le précepte qui se rapproche le plus de la récompense du mérite moral est celui de "chacun selon son effort" ou chacun selon son effort consciencieux ?