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Tueur en série : pourquoi ?

mardi 27 mars 2012, par Picospin

Cette dernière est repérée selon les orientations passionnelles, culturelles, politiquement sensibles de chacun, héritées elles-mêmes des évènements, de l’expérience, des émotions venues du passé pour constituer la mémoire de travail comme l’appellent certains.

Réseau et connectique

Celle-ci ne saurait être, d’après d’autres, que la résultante d’un écheveau complexe, propre aux hominidés, de circuits construits à partir des synapses, cette particulière connectique qui chemine dans les structures cérébrales préfrontales pour butiner dans les recoins des structures encéphaliques archaïques et plus modernes et y recueillir, rapporter (retrieve en anglais) les éléments nécessaires à la construction d’un modèle, propre à être utilisé puis clarifié par le langage. Nul ne lui interdit de poursuivre son chemin pour semer sur sa route des bribes de signifiants lâchés ou émis pour aboutir à une théorie, mélange possible de rationalité, de féérie, de rêveries et de passions. Quand on lit les opinions moins publiques que particulières des observateurs des faits et gestes ou évènements possiblement significatifs, on est dérouté par leur diversité, leur sens caché, la paranoïa qui s’y blottit ou l’imaginaire qui s’y déploie. Des personnages politiques – et non des moindres – comme Rachida Dati, ne craignent pas de rêver à un monde qui devrait et pourrait se débarrasser à jamais des horreurs qui le hantent et de rechercher les causes qui en déclenchent la survenue trop soudaine pour lui répondre avec efficacité. C’est bien ce qui vient de se passer à Toulouse où certains accusent le raid d’avoir agi trop lentement et d’autres de ne pas avoir agi plus vite pour poursuivre celui que l’on se plait à appeler le forcené, à l’arrêter sans nécessairement le tuer et à le placer sous verrous pour en disposer vivant et lui soutirer les renseignement nécessaires à débusquer le réseau terroriste impliqué dans son soutien.

Idées nouvelles

Cette idée n’est pas nouvelle. Elle est née après l’apparition du nazisme et du fascisme qui avaient, au début du siècle dernier dessiné un point d’interrogation sur la métamorphose subie par les Allemands dans leur délire de tuerie des races étrangères à l’aryanisme, en particulier par leur subit déchainement de haine et de violence contre les Juifs avec lesquels, jusque là ils avaient noué des rapports acceptables à défaut d’avoir toujours été chaleureux, intimes sinon compréhensifs. Passer du jour au lendemain à une relation apaisée, étroite et empathique relève de la gageure d’autant plus que les institutions se gardent bien de favoriser intellectuellement et affectivement un rapprochement susceptible de lier les deux communautés, traditions, religions gardées si éloignées l’une de l’autre, peut-être à dessein. Quel est ce dessein sinon d’éviter que dans cette situation ambiguë sinon ambivalente d’amour et de haine, de paternité, fraternité et hostilité, chacun ait l’impression de perdre son âme. Personne ne veut reconnaître que dans cette histoire, les deux mouvements issus l’un de l’autre sont si proches car de même famille que les protagonistes deviennent antagonistes à certains moments pour se rapprocher au cours des moments qui chantent. Ce raisonnement et cet historique valent aussi bien pour la coexistence de la religion musulmane et de la majorité chrétienne dans laquelle elle évolue et dans laquelle elle est obligée de s’installer sous l’effet des conditions d’immigration du plus faible au plus fort.

Récupérations

Dans ces conditions, il est facile de récupérer des voix comme c’est le cas maintenant en période préélectorale en dressant une communauté contre l’autre sous prétexte de criminalité, de mauvaise conduite ou de mauvaise éducation alors que nombreux sont ceux qui ne cherchent qu’à se placer sous la protection sociale, étatique, politique de la culture majoritaire chargée d’organiser celle de la minoritaire. Par ailleurs cette dernière ne saurait vivre que de grandes espérances en raison de sa fertilité qui ne devrait pas tarder à la placer à un horizon plus ou moins lointain au sommet d’une démographie favorable où elle devra enfin montrer son art de vivre, les avantages et inconvénients de ses apport culturels et de son originalité. Tout se passe comme si les majorités des communautés ne cherchaient qu’à vivre « bien » ensemble mais que la sensibilité exacerbée de quelques-uns met à mal ce modus vivendi calme, apaisé, sans doute trop pour satisfaire tout le monde, en particulier les jeunes éléments qui veulent en découdre parce trop sensibles à des ressentiments provenant de l’injustice, de l’inégalité sinon de la conscience excessivement débordante d’une supériorité de l’une des communautés par rapport à l’autre ou aux autres. Le défi serait de d’associer les immigrés et leurs descendants à l’élaboration de règles démocratiques et fraternelles afin de ne pas créer de nouvelles exclusions mais au contraire de renforcer et pérenniser la cohésion d’une société trop appuyée sur la fragilité de sa construction et le risque toujours présent d’un éclatement à l’occasion du moindre incident.

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