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Sur les traces de Saint-Ex

Un Airbus au-dessus de l’Atlantique

Où est Mermoz ?

lundi 1er juin 2009, par Picospin

Le fait méritait qu’on s’empare de cette nouvelle qui a perturbé et bouleversé l’ensemble des personnes dont la mission consiste à informer, disséquer, analyser les nouvelles dans un lourd contexte de surprise, de drame, d’émotion tant nous avions pris l’habitude d’une vie calme, à l’écart de toute intrusion de la moindre singularité.

Calme dans un ciel serein

Fière d’une période prolongée de calme dans le ciel des transports aériens, la population s’était mise à rêver à une tranquillité revenue après les drames de la guerre, le terrorisme dénoncé et fustigé. En tout cas, ce dernier s’était éloigné de nous, non pour des raisons géographiques ou géopolitiques - car ni l’Afghanistan ni l’Irak ne s’étaient déplacés sur l’échelle des longitudes et des latitudes - mais parce que le danger paraissait moins proche depuis que les Cassandre politiques des divers continents avaient mis une certaine sourdine à leurs avertissements répétés et trop insistants sur les menaces que faisaient peser sur notre vie civile et privée les révolutionnaires de tous bords engagés dans un combat de tous les instants contre les forces du bien, selon l’expression mille fois réitérée du prédécesseur de Barack Obama.

Forces du mal

A propos de cet accident d’avion, les détails ne manquaient pas, dont certains paraissaient fantaisistes et d’autres plus sérieux surtout ceux qui nous parvenaient par l’intermédiaire de non professionnels de la communication mais d’experts, de spécialistes qui tous savaient de quoi ils parlaient quand ils évoquaient le rôle de la foudre dans le survenue d’une catastrophe aérienne, le repérage des débris d’un avion tombé à la mer ou la mise en place d’une cellule psychologique au moment où les familles proches d’un désastre avaient besoin d’être pris en charge, soutenus, consolés, réconfortés. On se prenait à rêver à ce moment à l’arrivée d’un langage intelligible, clair, intelligent pour remplacer la langue de bois de ceux qui ne sachant rient, supputaient toute chose et ne faisaient que répéter sous une forme édulcorée et profane ce qui venait d’être affirmé par de vrais professionnels qui eux savaient de quoi ils parlaient car lorsqu’on affiche 10.000 heures de vol à bord d’un Airbus 330, on sait ce que traverser un orage veut dire ce qui évidemment ne saurait en rien être le cas de ceux qui se contentent d’un home cinéma à la maison pour puiser dans ces documents les vagues notions dont ils ont besoin pour impressionner les foules. C’est aussi cela, l’expertise et l’éthique…