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Un Cavalliere sous cosmétiques

mercredi 15 décembre 2010, par Picospin

La tradition italienne du bel canto est parvenue au bout de centaines d’années à une telle puissance et perfection qu’elle est capable de parvenir aux oreilles les plus expertes sans déformations, avec la pureté originelle d’une onde monochromatique comparable à celle que distille la lumière si pure du laser.

Quels beaux cheveux

On a pu voir à la dérobée sur des échantillons de bandes vidéo se profiler de loin et de plus près, en gros plan, des silhouettes élégantes, aux cheveux dorés sa propulser au milieu d’une foule dense venue soutenir le toujours jeune Cavalliere qui pouvait enfin gouter son succès même s’il a été acquis en dépit du bon sens et de la loi. De cette manière, il est apte à rassurer quelques vieux Italiens, commandatori à la retraite qui préfèrent voir leur botte gouvernée par la silhouette encore fière bien qu’artificiellement rajeunie jusqu’à la racine des cheveux d’un bellâtre capable de pousser la chansonnette, « canzonetta » pour les intimes que d’ériger des lois pour éradiquer la pauvreté ou redresser les bâtiments et églises en morceaux de l’Aquila, sinon faire renaitre de ses cendres les reliquats de Pompéi dont les frais de reconstruction et de rénovation ont largement entamé le budget réservé à sa remise en état. On est en droit de se demander où ce personnage magique et mythique a trouvé les fonds nécessaires à construire, bâtir et se reconstruire à la tête et à la barbe des hommes politiques d’ici et d’ailleurs qui tombent sous les coups de l’émotion, du stress, du travail avant de succomber, ensevelis sous les monuments écroulés par une terre peu fiable, incertaine et des volcans qui autrefois n’avaient pas craint de rependre leurs cendres sur des architectures uniques, des peintures et fresques alléchantes mais aussi fragiles à force d’avoir été secouées.

Une bonne écoute mais peu d’oreilles

Cette fois, il semble que le peuple ne l’entende pas de cette oreille de musiciens si commune parmi les gens élevés aux accents des Verdi, Rossini, Puccini, aptes à faire pleurer Margot si elle avait un nom aux intonations si chantantes de l’Italie. Ce ne sont pas sous les mélodies populaires des opéras chantés en plein air à Vérone que notre bellâtre a pu déguster son relatif triomphe mais bien sous les huées d’un peuple las de ses facéties, de ses nuits passées à faire plaisir à ses sens plutôt qu’aux jeunes qui lui on fait confiance et qui se demandent de plus en plus souvent s’ils n’ont pas eu tort de le faire. Ils ont fini par s’énerver de voir les belles Italiennes dans le lit d’un autre, si puissant soit-il, à la tête d’équipes de football, armée de mercenaires recrutés à l’est et à l’ouest pour montrer au monde la force d’une nation encore si jeune triompher parfois, vaincre rarement, gagner l’estime jamais. Lancers de pétards et de pavés, charges de la police et grenades lacrymogènes : de violents heurts ont opposé mardi à Rome des étudiants et manifestants opposés à Silvio Berlusconi aux forces de l’ordre qui avaient quadrillé le centre pendant un vote décisif au parlement. Une dizaine de jeunes ont été interpellés, selon les journalistes, et une quarantaine de personnes, dont des policiers, ont été blessés et soignés sur place, selon les services médicaux. Des journalistes de l’AFP en ont vu plusieurs le crâne en sang. Des dizaines de milliers de jeunes ont commencé à défiler le matin dans le calme, derrière des banderoles, contre la politique gouvernementale en matière d’éducation, scandant « non à la confiance ! » ou réclamant des investissements dans la culture et l’éducation.

Défilé de chômeurs

A leurs côtés défilaient aussi des chômeurs et habitants de L’Aquila, cité des Abruzzes ravagée par un séisme en avril 2009 qui s’est soldé par 308 morts. Nous voulons dire « non » à un gouvernement qui après avoir prodigué des opérations cosmétiques à notre ville l’a abandonnée. Pendant que les députés discutaient d’une motion de censure contre le chef du gouvernement, des manifestants, casqués, ont tenté de s’approcher de bâtiments officiels comme ceux du Sénat et de la Chambre, en plein centre historique, mais ont été refoulés par des charges policières. Ils ont lancé des oeufs, pétards, fumigènes et de la peinture. Pendant que les députés discutaient d’une motion de censure contre le chef du gouvernement, des manifestants, casqués, ont tenté de s’approcher de bâtiments officiels comme ceux du Sénat et de la Chambre, en plein centre historique, mais ont été refoulés par des charges policières. Ils ont lancé des oeufs, des pétards, des fumigènes et de la peinture. Après le vote remporté au parlement, des manifestants se sont déversés dans les rues principales de la capitale où les boutiques avaient abaissé leurs rideaux de fer. Après que plusieurs d’entre eux ont tenté de briser des vitres blindées de locaux abritant des distributeurs de billets de banque sans y parvenir, de petits groupes se sont opposés à la police, incendiant des voitures et des fourgons blindés de police. Ils s’en sont pris aussi à des autobus ce qui a bloqué la circulation.

Honte

Policiers et carabiniers en civil, casqués, ont pourchassé des groupes dans les rues adjacentes. « J’ai vraiment honte d’être italienne, aujourd’hui c’est la fin de la démocratie italienne », a déclaré une jeune étudiante. Des manifestants ont dressé une barrière de feu. Une épaisse fumée noire s’élevait au-dessus du Corso, jonché de bancs publics arrachés, de petits pavés typiques de Rome utilisés comme armes par les manifestants et autres poubelles en feu. Des rassemblements ont également eu lieu à Milan, où des manifestants sont entrés dans le bâtiment de la Bourse aux cris de « profiteurs ! », à Palerme, où des étudiants ont occupé le tarmac de l’aéroport, à Catane où 3.000 ont défilé dans le centre, mais aussi à Bari, Cagliari, Gênes, Naples ou Turin. Pour une poignée de voix, Silvio Berlusconi a réussi son pari de se maintenir au pouvoir malgré la dissidence de son ancien allié et président de la Chambre des députés, Gianfranco Fini. Après plusieurs mois de tensions au cours desquels il avait réclamé davantage de démocratie interne au sein du Parti du peuple de la Liberté, celui-ci avait déposé une motion de défiance à l’égard du Cavaliere en assurant que le chef du gouvernement « n’avait plus la majorité numérique et politique ». De facto, à la Chambre des députés, après le départ de 34 élus qui ont rejoint Gianfranco Fini dans sa nouvelle formation, Silvio Berlusconi ne disposait plus sur le papier des 316 voix nécessaires pour obtenir la majorité.

Voix inconnues ?

Où les a-t-il prises ? Entre les abstentions et les ralliements de dernières heures qui ont provoqué l’ouverture d’une enquête judiciaire pour soupçons de corruption de parlementaires, la motion de défiance a finalement été repoussée ce mardi par 314 voix contre 311 au terme d’une journée agitée dans l’hémicycle autant que dans les rues de Rome où des milliers de personnes (étudiants, ouvriers licenciés ou encore victimes du tremblement de L’Aquila) ont manifesté contre la politique du gouvernement. « Vous vous êtes renversés » a ironisé Silvio Berlusconi, triomphant, à l’adresse des « Finiens » qui se sont divisés au moment du vote. Au cours des derniers jours, le président du Conseil avait annoncé qu’il pourrait « gouverner avec une faible majorité ». Mais ses alliés de la Ligue du Nord estiment qu’en raison de la faible marge de manœuvre, il faut revenir devant les électeurs. Ils réclament une dissolution du Parlement. La coalition des opposants est donné gagnante dans les sondages. Mais en raison de la loi électorale, Silvio Berlusconi, même en cas de victoire, risquerait de ne pas emporter la majorité des sièges au Sénat. Le Cavaliere tentera plutôt d’ouvrir son gouvernement aux centristes et aux modérés comme il l’avait indiqué déjà indiqué. A moins que l’arrivée massive de beautés italiennes, recrutées en urgence, suffise à renverser la vapeur et à rendre à la figure pour un moment défaite, l’éclat dont elle avait été revêtue pendant si longtemps, toujours grâce au soins inestimables de la cosmétique capillaire, musculaire et dermatologique.

Cosmétiques

Il n’y manque que celle de l’âme mais ceci est une autre histoire. La confiance accordée à Silvio Berlusconi n’a donc pas encore mis un terme définitif à l’instabilité politique italienne. Celui-ci, donné battu il y a encore quelques jours par une bonne partie de la presse transalpine, a une nouvelle fois mérité, à 74 ans, son vieux surnom de « Caïman », espèce comportant le crocodile et l’alligator qui figurent parmi les reptiles les plus anciens et les plus évolués. Survivants de l’âge des dinosaures, le crocodile et l’alligator ont inspiré au fil des siècles des récits terrifiants de rencontres mortelles. On comptabilise aujourd’hui 23 espèces de crocodiles, alligators, caïmans et gavials. Aujourd’hui, les crocodiles vivent dans les lacs et les cours d’eau des régions tropicales et subtropicales. Cette répartition est liée à leur besoin de chaleur pour maintenir la température interne de leur corps.

Crocodile froid a besoin de chaleur

C’est pour cette raison que notre chef de gouvernement européen ne s’endort jamais seul dans son lit. La vie du crocodile est très aquatique car elle lui permet également de réguler sa température. La répartition passée des crocodiliens était plus large : ils nageaient dans les eaux européennes jusqu’à l’actuelle Suède et abondaient en France, il y a seulement 20 millions d’années. Nous rendons –nous assez compte de la chance que nous avons eu d’être débarrassés de ce personnage peu sympathique capable de dévorer n’importe qui et n’importe quoi pour l’ingurgiter et le digérer définitivement. Nous l’avons échappé belle même si de ci de là on rencontre encore des faces de crocodile en d’étranges lieux où se croisent politiciens, financiers hommes d’affaires s’occupant plus des leurs que des nôtres.

Questionnement éthique :

1. Les hommes, et il ne faut pas s’en étonner paraissent concevoir le bien et le bonheur d’après la vie qu’ils mènent. La foule et les gens les plus grossiers disent que c’est le plaisir : c’est la raison pour laquelle ils ont une préférence pour la vie de jouissance.

2. La vie de l’homme d’affaires c’est une vie de contrainte, et la richesse n’est évidemment pas le bien que nous cherchons : c’est seulement une chose utile, un moyen en vue d’une autre chose.

3. Le bien, en effet, nous apparaît comme une chose dans telle action ou tel art, et comme une autre chose dans telle autre action ou tel autre art il est autre en médecine qu’il n’est en stratégie, et ainsi de suite pour le reste des arts. Quel est donc le bien dans chacun de ces cas ? N’est-ce pas la fin en vue de quoi tout le reste est effectué ? C’est en médecine la santé, en stratégie la victoire, dans l’art de bâtir, une maison, dans un autre art c’est une autre chose, mais dans toute action, dans tout choix, le bien c’est la fin, car c’est en vue de cette fin qu’on accomplit toujours le reste.

4. Pour ceux qui prétendent que le bonheur consiste dans la vertu en général ou dans quelque vertu particulière, notre définition est en plein accord avec eux, car l’activité conforme à la vertu appartient bien à la vertu.