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Sacralisation du Roquefort

Un José Bové en joie

La nouvelle endocrinologie

jeudi 7 mai 2009, par Picospin

Il prétend que les destructions des MacDo à l’aide de ses troupes a puissamment contribué à exercer des pressions suffisantes sur le bétail américain pour que celui-ci, éperonné par des cowboys à la retraite se couchent devant les injonctions européennes et françaises pour livrer enfin aux Européens affamés le boeuf propre aussi bien au sens propre qu’au sens figuré.

Des ingrédients verdâtres

De la sorte, le fromage rempli d’ingrédients verdâtres sera livré par tonnes aux Américains et Canadiens qui ne manqueront pas de se précipiter sur ce caviar des fromages à des prix devenus raisonnables sous la pression des masses sevrées depuis des années de ce mets des délices, tombé du pie de la vache avant d’être stocké en des lieux saints où opèrent des anges, des mystiques, des paysans aux mains de fées qui confèrent à ce mets des dieux les qualités éternelles qu’on lui connait et qui ont fait sa réputation. Car il ne s’agit pas uniquement de gouter et de chatouiller les papilles gustatives dans cette affaire. Ce fromage serait en effet un miracle de la nature et de l’homme. Comme tout produit visant à recevoir le label de la sainteté, du miracle et des vertus d’exception, ce produit laitier ne saurait être produit et conservé à fin de mûrissement que dans une zone bien précise et comme il se doit dans une grotte sanctifiée comme il se doit où lui seront attribués les stigmates de la sainteté, du miracle, de la prévention par vaccination et de la guérison des plus atteints, des plus malades qu’aucun autre remède ne saurait sortir des périls de la maladie contagieuse. Toutes ces conditions sont réunies pour faire de ce fromage qui pique un produit d’exportation onéreux surtout si de vilains esprits capitalistes ont la malencontreuse idée d’en faire une arme de combat terrifiante dans la lutte à mort que se livrent les défenseurs d’idéologies contraires, destinées à défendre des intérêts particuliers relevant de la sanctification du terroir, de la sacralité des lieux, des commencements. Il découlait de la symbiose de toutes ces qualités et de cette exceptionnelle moralité, qu’on s’approche de ce mets des dieux, - même s’il n’est pas baptisé à l’enseigne du fromage industriel appelé « Caprice des dieux » - avec déférence, respect et gratitude puisqu’à ses qualités gustatives s’ajoutent celles, oh combien plus précieuses du retour à la santé après son absorption.

Un caprice des dieux ?

C’est en effet le Penicillium, antibiotique naturel qui est à l’origine du fromage puisque avant la découverte de la pénicilline par Alexander Fleming, les bergers avaient pour habitude de traiter les plaies, en y appliquant ce fromage, afin d’éviter la gangrène. Avant la médecine moderne, et la découverte des microbes, les médecins luttèrent activement contre cette méthode de campagne, qu’ils accusèrent de charlatanisme et de dangereuse. Il fallut attendre la découverte des propriétés de la pénicilline contenue dans le roquefort pour que la médecine contemporaine reconnaisse le bon sens des bergers. Heureux Américains auxquels en l’espace de 2 siècles la France a apporté la liberté célébrée par Tocqueville, celle dont l’allégorie plonge dans le port de New York, un modèle de constitution, l’indépendance et cette pénicilline « low cost » existant bien avant celle élaborée dans les laboratoires et qui de plus a l’immense avantage d’être née sous la légende en sortant d’un nid installé dans les caves naturelles du rocher de Combalou près de Roquefort sur Soulzon, sous un éboulis qui conserve à l’identique ce produit du lait de brebis cru à une température et une hygrométrie aussi précise et stable que les instruments de bord des navettes de la Nasa. Contre cette merveille de précision, qu’offre en contrepartie, l’Amérique des cowboys ? Dans un rapport rendu public en début de semaine, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) avait estimé que le boeuf élevé aux hormones et provenant des Etats-Unis et du Canada ne présentait pas de risque pour la santé.

Illégalité ?

L’interdiction d’importer cette viande dans l’Union européenne serait donc illégale.
Au milieu des années 80, l’Union européenne, qui a invoqué les risques de cancer, a interdit les hormones de croissance dans ses propres élevages ainsi que toute importation de viande élevée aux hormones. Les Etats-Unis et le Canada ont engagé une procédure contre cette interdiction en 1997, et ont obtenu gain de cause par l’OMC en 1998. Comme l’Union européenne a maintenu l’interdiction d’importer de la viande de bœuf élevé aux hormones, les Etats-Unis et la Canada ont imposé en 1999 des surtaxes douanières sur certaines importations européennes. L’UE, qui souhaite une levée de ces sanctions, a introduit en 2003 une réglementation supplémentaire pour maintenir l’interdiction des importations de viande aux hormones. Selon le rapport publié par l’OMC, cette réglementation est insuffisante pour justifier la levée des sanctions américaines et canadiennes. L’OMC a également estimé que le maintien des sanctions après que l’Europe eut adopté de nouvelles règles sur les importations de viande traitée aux hormones sans saisir l’OMC est une infraction manifeste à la réglementation de l’organisation.

Much ado about nothing

Et si on faisait trop de bruit à propos de cet ingrédient ajouté à la viande de boeuf ? Une étude réalisée sur un petit groupe d’Américains aurait montré que les hormones ingérées par les bœufs pourraient avoir un effet sur la fertilité humaine. S’ils se confirment les résultats publiés dans la revue "Human reproduction", pourraient avoir un énorme impact sur les politiques commerciales internationales. L’étude, qui a permis d’évaluer la fertilité de près de près de 500 hommes dont la mère avait consommé du bœuf aux hormones plus de sept fois par semaine a montré qu’ils ils avaient un sperme de 25% moins riche en spermatozoïdes que celui d’autres hommes "témoins"dont les mères avaient suivi un régime moins riche en bœuf. Ces résultats, qui portent sur un trop petit nombre de sujets, ne permettent pas d’affirmer qu’il existe un rapport de cause à effet direct entre la consommation de bœuf aux hormones et l’infertilité. Ils fournissent néanmoins une première indication sur des effets potentiellement néfastes sur la santé. Ces données confortent la position de l’Union européenne qui, en vertu du "principe de précaution", a interdit l’utilisation d’hormones et l’importation de viandes traitées en 1988. L’utilisation d’hormones pour « doper » la croissance des bovins est courante aux Etats-Unis et au Canada où cette pratique permet d’augmenter notablement le poids final de l’animal, de réduire les dépôts graisseux et d’obtenir une croissance accélérée.