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Seuls, quelques intelletuels ont eu droit à l’écoute

Un Pape chez les Cisterciens

Le privilège des sélectionnés

samedi 13 septembre 2008, par Picospin

C’est à un érudit, intellectuel occidental hanté par le devenir de la culture européenne et humaniste et à un nostalgique de la vie monastique qu’ont eu affaire les rares intellectuels dument sélectionnés qui ont eu le privilège d’assister à la conférence du Cardinal Ratzinger devenu Pape.

Un monastique

Ce monastique inspiré de l’esprit du lieu bâtit son discours prononcé au Collège des Bernardins qui fut à l’origine, en 1245, une abbaye cistercienne destinée à accueillir à Paris des moines que l’ordre poussait à étudier. Les moines n’avaient pas l’ambition de « créer une culture nouvelle. Leur objectif était de chercher Dieu. Derrière le provisoire, ils cherchaient le définitif. Et la voie qu’ils empruntaient était l’étude de la Parole dans les livres des Saintes Écritures. Ces moines n’étaient pas isolés car la Parole ne conduit pas uniquement sur la voie d’une mystique individuelle, mais nous introduit dans la communauté ce qui permet de la lire de façon juste. D’où cette première conclusion l’Écriture a besoin de l’interprétation, et elle a besoin de la communauté où elle s’est formée et où elle a vécu. Elle doit devenir une habitude de la réflexion, de la confrontation de différentes interprétations de la pluralité des sens qui a fini par modeler profondément la culture occidentale. Notre génération est confrontée à deux pôles que sont d’un côté l’arbitraire subjectif, de l’autre le fanatisme fondamentaliste.

Un Européen

Si la culture européenne d’aujourd’hui comprenait désormais la liberté comme l’absence totale de liens, ce serait fatal et favoriserait inévitablement le fanatisme et l’arbitraire. Or, l’absence de liens et l’arbitraire ne sont pas la liberté, mais sa destruction. Sur le rôle fondateur de ces moines, le Pape a médité sur la « deuxième composante du monachisme » : le travail. Sans cette culture du travail qui, avec la culture de la Parole, constitue le monachisme, le développement de l’Europe, son ethos et sa conception du monde sont impensables. L’originalité de cet ethos devrait cependant faire comprendre que le travail et la détermination de l’histoire par l’homme sont une collaboration avec le Créateur, qui ont en Lui leur mesure. Là où cette mesure vient à manquer et là où l’homme s’élève lui-même au rang de créateur déiforme, la transformation du monde peut facilement aboutir à sa destruction.

Mission ou destruction

Comment, dès lors, échapper à ces deux menaces, ces deux destructions ? :par l’« annonce missionnaire ». Non « une propagande », mais une réponse à la recherche de Dieu, qui, pour beaucoup, est devenu « le grand inconnu ». Mais, une absence qui est aussi une recherche : « L’actuelle absence de Dieu est aussi tacitement hantée par la question qui Le concerne. » En conclusion « Une culture purement positiviste, qui renverrait dans le domaine subjectif, comme non scientifique, la question concernant Dieu, serait la capitulation de la raison et donc un échec de l’humanisme. Ce qui a fondé la culture de l’Europe, la recherche de Dieu et la disponibilité à L’écouter, demeure aujourd’hui encore le fondement de toute culture véritable.

Questionnement :

Est-ce que le terme d’humanisme correspond bien à l’idée d’une culture humaniste inspirée aussi bien par le christianisme que par la résurgence des fondements de l’antiquité ?

Que penser du synchronisme entre le passage du Pape en France et l’inauguration officieuse du LDH du Cern à Genève ?

Y a-t-il une relation entre ces deux évènements ?

Que penser de l’utilisation d’un vaste espace public au sein de la capitale de la France au bénéfice des catholiques ?