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Un théologien à l’assaut du peuple de Paris

Un Pape visiteur romain

Rafraichissement sous l’eau de la grotte

vendredi 12 septembre 2008, par Picospin

On peut s’interroger aussi sur la survivance auprès des divers Présidents de la République, sans parler des chefs de l’Etat dont le Maréchal Pétain, de l’impossibilité de sortir, ne serait-ce qu’un instant du giron de l’Eglise , détail et non accident de l’histoire comme aurait pu le qualifier M. Le Pen parvenu enfin au terme de sa carrière politique.

Attachement viscéral

L’attachement quasi viscéral du monde politique au catholicisme revêt une telle ampleur qu’il provoque l’ire d’Irène Droit dans le journal « Le Monde ». Elle ne craint pas de fustiger les médias lorsqu’ils dérapent en appelant le Pape de Rome, "chef de la chrétienté" dans un pays où jadis des dizaines de milliers de martyrs chrétiens protestants n’ont pas hésité à laisser leur vie sur les bûchers pour dire non à ce chef-là, parce que selon eux il n’y a jamais eu d’autre chef de l’Eglise que le Christ lui-même, lequel n’a pas besoin d’un "vicaire" sur la Terre. » Devant de telles réflexions, ne convient-il pas de s’interroger sur le véritable impact du catholicisme dans la vie quotidienne des Français. Ces Français, comment vivent-ils dans leur relations privées, l’éducation de leurs enfants, leur sexualité ou leurs coutumes dans la reproduction ? Apparemment pas très près de l’Eglise si l’on en croit le nombre des naissances hors mariage religieux ne cessant d’augmenter pour la plus grande joie des responsables politiques du pays qui applaudissent des deux mains quand la démographie révèle une augmentation de la population à un rythme exceptionnel en France sans que l’on sache bien pour quelle raison un pays aussi pessimiste et aussi suicidaire, aussi « dopé » pour reprendre la formule chère aux milieux sportifs, se complait dans une reproduction enthousiaste qui laisse loin derrière elle ses voisins européens. Loin de l’Eglise sans doute quand on scrute le profil psychologique et comportemental des gens célèbres qui défilèrent ce matin dans la cour de l’Elysée, le Président en tête, divorcé, son épouse, chanteuse célèbre qui révèle par les paroles de ses chansons les séquences de ses succès auprès des hommes, la Ministre de la Justice qui ne craint pas de dévoiler une grossesse tardive sans révéler en même temps l’identité du géniteur.

Exemples à suivre ?

Est-ce un exemple à présenter à une jeunesse qui se cherche, dont la moralité reste fragile justement à cause de son manque de repères et d’exemples stables ? A l’inverse, peut-être est-il prématuré ou injustifié de tirer des arguments décisifs sur la perte d’influence de la religion dans la baisse de fréquentation des offices religieux ? Si la messe équivalait autrefois à l’appartenance au catholicisme, la laïcisation de la société a transformé cette symbolique en un vase creux qui a perdu une grande partie de sa signification auprès des croyants et des incroyants. L’éclatement de la société, la déliquescence des comportements et des appartenances et le désir de jouissance immédiate, individuelle et personnelle ne permettent plus aux groupes identitaires de se rassembler sur une base de temps régulière en des lieux sacralisés définis. Convoquer des fans et susciter des enthousiasmes instantanés pour des manifestations exceptionnelles reste une éventualité ou une chance de succès. Tout le monde sait que cette perspective répétée devient illusoire dès lors qu’on suscite de la part des « fidèles » une participation régulière et active qui équivaut à adhésion, soutien ou effort sacrificiel.

Grands rassemblements

Désormais, le champ est ouvert aux grandes manifestations, aux phénomènes de masse qui rassemblent dans l’unité d’un jour les inconditionnels de Johnny Holliday ou de Madonna, de Tom Cruise, si ce n’est le retour éphémère sur terre d’Edith Piaf. Pour l’instant, même si les deux protagonistes parisiens et demain lourdais d’un jour ont insisté sur la nécessité de séparer le politique du religieux sans redéfinir pour l’éternité la laïcité active ou passive, chacun a du mettre de l’eau dans son vin, admettre un peu de laïc dans la sphère du religieux et de la religion dans la pluralité des religions. Ce sont là, les conditions nécessaires et suffisantes, minimales et indispensables pour qu’un dialogue puisse s’établir et passer par dessus les intransigeances, les fondamentalismes, sinon les totalitarismes. A cet égard, n’est-il pas pour le moins curieux que les capitalistes italiens qui cherchent à récupérer dans le giron de l’Italie leur chère compagnie d’aviation Alitalia aient cru devoir inciter à la prière les fidèles disponibles pour prier leur Dieu de faire en sorte que ces derniers voeux soient exaucés pour sauver à la fois leur patrie, le Vatican, la compagnie d’aviation toute prête à être mangée tout cru par sa rivale Air France KLM, sinon le chef d’état Berlusconi ?