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Des êtres dangereux ?

Un autre choc des cultures

Sans doute moins que les hommes

mardi 4 novembre 2008, par Picospin

Dans les commentaires envoyés par les lecteurs des journaux ayant réagi à cette information, on trouve de nombreuses remarques différant les uns des autres, les uns convergeant vers une critique du pouvoir qui ne ferait rien pour assurer la protection des citoyens, d’autres expliquant que certains propriétaires de chiens devraient être éduqués avant de se lancer dans leur domestication, d’autres enfin qui lient la possession de ces animaux à des opinions politiques, par exemple des positions proches de l’extrême droite.

Animaux abandonnés à la famine

D’autres sources, on apprend que, au cours de la crise financière et économique que nous vivons actuellement, les restrictions imposées sur l’alimentation ont incité des propriétaires d’animaux à les abandonner pour ne plus avoir à dépenser leurs derniers deniers pour les nourrir. Est-ce que pour autant, nous nous dirigeons tout droit vers un choc des cultures ? Cette fois, elle ne toucherait pas que les hommes qui au cours de leur parcours ontologique ont déjà connu la famine à plusieurs reprises mais aussi les animaux, qu’il s’agisse de phoques chers à Brigitte Bardot mais aussi et plus simplement de chiens, de chats et même de chevaux. On peut supposer pour ces derniers que ceux qui crèvent de faim ne sont pas les pouliches qui fréquentent les champs de course de Saint Cloud ou de Longchamp, mais les pauvres exclus des grandes courses internationales qui ne ramènent jamais un grand prix hippique à leurs malheureux propriétaires. Sont-ils agressifs pour autant ? L’agressivité a mauvaise presse parce qu’elle est mise sur le compte de l’instinct de meurtre dont serait doté l’espèce humaine qui ne disposerait pas de l’inhibition requise pour le contrôler. Elle ressortirait plus à un conflit déterminé par les relations sociales que par un comportement purement pathologique. Loin d’être une tendance purement négative, elle contribue à l’émergence d’ordres sociaux élaborés à condition d’être maitrisée. Les personnes mordues par un chien le sont majoritairement par celui de la famille ou d’un proche et les principales victimes sont les enfants. Les races les plus représentées ont été celles considérées comme non dangereuses par le législateur, voire même décrites comme « inoffensives » par les experts. Les conduites agressives d’un chien n’ont pas nécessairement une seule cause. C’est par l’étude minutieuse et personnalisée des contextes socio familiaux, que l’on discerne les motivations à l’origine d’une conduite agressive. Comment un chien en vient-il à adopter des conduites agressives sur ses proches ? Un chien n’est jamais « méchant » ou « agressif », comme cela et pour rien, au milieu de nulle part. Quand l’animal grogne dans des circonstances identiques ou variables, il envoie des « messages » que ses maîtres ne doivent ni ignorer ni banaliser.

Attention : chien méchant !!!

Considérer que « ce chien a simplement mauvais caractère », c’est déjà s’exposer à une agression au moment où l’on ne s’y attendra pas, qui laissera dans l’incompréhension de ce qui s’est passé, avec la peur de la récidive et un fort sentiment d’ingratitude de la part de ce chien si chéri. Souvent inexplicables pour leurs victimes non informées, ces conduites agressives du chien ont pourtant toutes d’un point de vue canin s’entend leurs motivations légitimes. Un comportement, que l’on peut définir comme un état temporaire, le plus souvent adaptatif, est une réponse à ce qui est vécu par l’individu. Pour le comprendre, il faut connaître les émotions qui l’animent. On cherchera les causes et déclencheurs dans le milieu de vie, et on examinera les circonstances et buts recherchés par le chien qui a mordu. L’examen de la situation portera également sur le déroulement de chacune des 3 phases d’une séquence d’agression, et l’on pourra alors comprendre comment on a pu en arriver à la morsure. Méchant » ne devrait pas être employé pour qualifier un chien qui menace ou mord, car la notion de nuire à l’autre, contenue dans ce mot, ne peut pas être appliquée au chien.La conduite agressive qui est un affrontement codifié et ritualisé avec ses 3 phases et leurs fonctions peut être décrit comme l’aspect ritualisé de ces phases qui rend les choses prévisibles non seulement par les chiens entre eux mais aussi par les humains qui en sont avertis, et qui ainsi peuvent s’y adapter. De manière générale, la conduite agressive du chien qui veut -faire cesser- ou -obtenir- se déroule en 3 étapes : 1ère étape : La menace est destinée à intimider un individu et à éviter l’attaque proprement dite, si cela est possible. Le chien tente de prévenir l’autre qu’il ne sera pas sans risque de continuer dans ce qu’il a entrepris. En cas d’inefficacité, la menace sera mise à exécution par morsure. Dans le comportement de prédation comportant une poursuite et des morsures sur proie la phase de menace n’existe pas. Cette phase de menace est volontairement supprimée par un apprentissage spécifique dans le dressage au mordant.

Dressage

Dans l’attitude offensive, l’animal se tient droit et les pattes raidies, le poil hérissé, la queue haute, les oreilles vers l’avant. Dans l’attitude défensive, l’animal se tient plutôt l’échine abaissée et hérissée, la queue basse voire rabattue, les oreilles en arrière. Ces attitudes sont accompagnées de grognements sonores et d’aboiements, de mimiques faciales avec le museau retroussé les dents découvertes, le regard est fixe, la pupille dilatée. La menace qu’il faut savoir respecter. Ces signaux canins, posturaux et sonores, parfaitement « signifiants » entre congénères, reçoivent évidemment les réponses canines adaptées. Par contre, les êtres humains décodent et interprètent souvent mal les menaces de leurs chiens et en conséquence ne produisent pas les réponses adéquates. S’il est capital de savoir reconnaître les signaux de menace d’un chien, il l’est tout autant de les respecter. Car si l’animal menace, c’est pour prévenir son entourage que quelque chose l’inquiète ou lui fait peur, l’incommode ou lui fait mal et qu’il souhaite que cela cesse. Pour échapper à l’inévitable morsure qui suit une menace non respectée, le mieux est de ne pas insister dans la voie engagée. 2ème étape : passage à l’acte, la morsure. Prise en gueule plus ou moins fortement tenue, dosée et lâchée en fonction de la situation et de l’adversaire, la morsure n’est pas faite pour tuer sauf dans 2 cas bien particuliers. Le chien dose, maintient puis lâche sa prise en gueule, selon la réaction combative ou soumise de l’autre. C’est dans ses interactions avec sa fratrie et sa mère (jeux/batailles) au cours de ses premières 8 semaines de vie, que le chiot apprend ces phases rituelles des combats en dosant sa morsure ce qui appartient à l’apprentissage de l’inhibition de la morsure. La qualité de la socialisation du jeune âge d’un chiot montre ici son importance capitale. La poursuite, la saisie et la morsure dite « délabrante » d’une proie dont nous connaissons tous l’illustration familiale, avec la peluche (proie) que notre chiot ou chien tient en gueule et secoue vigoureusement de droite à gauche pour la « tuer » !!

Après la guerre la paix

Le dressage au mordant, où même si l’adversaire se « soumet » c’est-à-dire ne bouge plus, le chien continue de tenir fortement et ne lâchera pas sans ordre du maître. 3ème étape : l’apaisement au cours duquel le « vainqueur » pose sa patte sur l’autre ou le léchant marque la fin du combat, pour éteindre toute velléité agressive et signaler la paix revenue (attention à ne pas interpréter ces léchages et patte tendue sur le maître qui vient de se faire mordre, pour des gestes de repentance. Le stimulus déclencheur d’une agression, peut être endogène (si sa source se trouve dans l’organisme de l’individu lui-même, par exemple une douleur, une peur, la faim…) ou exogène (s’il provient de son environnement perceptif, de son milieu de vie comme le comportement d’un congénère ou d’une autre espèce). L’un de ces stimuli pouvant éventuellement provoquer l’autre : quand le comportement d’un autre (stimulus exogène) va éveiller la peur (stimulus endogène). Les différentes formes d’agressions chez le chien ont reçu une classification qui fait autorité et permet de les distinguer. L’agression à caractère hiérarchique sert à marquer sa supériorité, à affirmer son pouvoir sur l’autre. Toujours impressionnante, parfois violente mais souvent brève, elle est courante entre mâles. Chaque individu va tenter de se faire plus fort, plus bruyant, plus grand qu’il n’est pour impressionner l’autre, aussi bien dans la phase de menace que dans celle de l’attaque. Cette agression cesse quand l’un des deux adopte une posture de soumission plus ou moins marquée, ou bien prend la fuite. Le chien de la famille peut agresser de cette manière un membre de sa famille pour défendre ou maintenir des privilèges qui lui sont laissés au quotidien, et que l’on remet en question. Exemple très connu est celui du chien qui occupe librement fauteuils et canapés, et qui grogne quand on le pousse pour s’y installer, et va jusqu’à mordre si on insiste trop. L’agression par irritation ou douleur vise à échapper à une souffrance (le pied qui lui marche dessus ou la main qui caresse trop rudement) le chien peut grogner et mordre.

Soins et vieillesse

Souvent observée chez l’animal vieillissant et plein de douleurs, ou malmené par un enfant ou lors de soins prodigués sur un animal malade, ou lors de toilettages ou brossages répétitifs et redoutés, etc. Dans cette agression, il arrive que la première phase de menace soit inexistante : quand on a mal, il faut que cela s’arrête tout de suite car on n’a pas le temps de prévenir que ça va mal. L’agression par peur est la plus fréquente alors même que cette émotion est l’une des plus mal reconnues par les maîtres. C’est le franchissement brusque de sa distance dite « critique » qui fait craindre à l’animal cette intrusion, surtout s’il n’a aucune possibilité de fuite. C’est le cas du chien tenu en laisse qui voit s’approcher un congénère ou un humain qui l’inquiète. Sans pouvoir fuir pour rétablir la distance critique, il ne reste à ce chien effrayé qu’à menacer pour faire fuir ou reculer l’autre et mordre si la menace n’a pas fonctionné. C’est le cas également du chien qui prend peur quand on le poursuit pour le punir ou lui reprendre un chapardage, jusqu’à l’acculer dans un espace restreint, derrière ou sous un meuble. Mis dans une situation sans issue, il n’a plus d’autre ressource d’autodéfense que menacer ou même mordre la main qui s’avance et qui veut absolument l’attraper. L’abord du chien par surprise (entre autre quand il dort, quand il mange…) suscite sa peur et sa réaction peut être celle de la menace. Dans nombre d’agressions motivées par la peur, les 3 phases peuvent être rendues floues par l’intensité de l’émotion qui pousse l’animal à des réactions extrêmes. On comprend que pousser ainsi un animal jusque dans ses derniers retranchements, fait prendre de grands risques de morsures très graves parce qu’exercées parfois avec l’énergie du désespoir par le chien. L’agression instrumentale ou morsure dite « instrumentalisée est la plus dangereuse, parce que l’étape de la menace n’existe plus. Dans le dressage elle est le résultat d’un apprentissage volontaire. Le but de cette technique est d’obtenir que le chien attaque une personne ciblée, automatiquement et sur ordre, et bien sûr sans la prévenir, pour ne la lâcher que sur ordre également.

Instrumentalisation

L’animal devient une arme, sa morsure est dite « instrumentalisée » (à ne mettre, on s’en rend compte, que dans des mains très expertes !), puisqu’on s’en sert comme d’un instrument. Ce dressage ne devrait être réservé qu’à des chiens qui seront employés à des métiers de la défense et/ou de l’attaque (police, armée par ex.) et effectué par des professionnels habilités. Pour ce qui est d’un chien de famille qui serait dressé ainsi, on peut imaginer que dans un contexte de stress intense l’animal se désorganise émotionnellement, et échappe au contrôle de son maître en déclenchant une attaque violente dans une situation stressante et qui se répète comme les toilettage douloureux ou les contraintes en espace restreint se reproduisant par exemple, signalent à l’animal que ses menaces sont inutiles et impulsivement il passe directement à la morsure. C’est l’imprévisibilité de ses attaques qui rend l’animal dangereux. N’importe quel chien peut mordre, il suffit pour cela qu’il ait peur ou mal. Même si pour lui le motif premier de son agression n’est pas la peur, cette émotion colore plus ou moins tout affrontement avec un membre de sa famille. Les personnes mordues par un chien le sont majoritairement par celui de la famille ou d’un proche et les principales victimes sont les enfants. Les races les plus représentées ont été celles considérées comme non dangereuses par le législateur, voire décrites comme « inoffensives » par les experts. Les conduites agressives d’un chien n’ont pas nécessairement une seule cause. C’est par l’étude minutieuse et personnalisée des contextes socio familiaux, que l’on peut arriver à discerner les motivations d’une conduite agressive. Comment un chien en vient-il à adopter des conduites agressives sur ses proches ? Un chien n’est jamais « méchant » ou « agressif » pour rien, au milieu de nulle part.

Messages

Quand l’animal grogne dans des circonstances identiques ou variables, il envoie des « messages » que ses maîtres ne doivent ni ignorer ni banaliser. Considérer que « ce chien a simplement mauvais caractère », c’est déjà s’exposer à une agression au moment où l’on ne s’y attendra pas, qui laissera dans l’incompréhension de ce qui s’est passé, avec la peur de la récidive et un fort sentiment d’ingratitude de la part de ce chien si chéri. Souvent inexplicables pour leurs victimes non informées, ces conduites agressives du chien ont pourtant toutes d’un point de vue canin s’entend leurs motivations légitimes. Un comportement, que l’on peut définir comme un état temporaire, le plus souvent adaptatif, est une réponse à ce qui est vécu par l’individu. Pour le comprendre, il faut connaître les émotions qui l’animent. On cherchera les causes et déclencheurs dans le milieu de vie, et on examinera les circonstances et buts recherchés par le chien qui a mordu. L’examen de la situation portera également sur le déroulement de chacune des 3 phases d’une séquence d’agression, et l’on pourra alors comprendre comment on a pu en arriver à la morsure. Méchant » ne devrait pas être employé pour qualifier un chien qui menace ou mord, car la notion de nuire à l’autre, contenue dans ce mot, ne peut pas être appliquée au chien. La conduite agressive qui est un affrontement codifié et ritualisé avec ses 3 phases et leurs fonctions peut être décrit comme l’aspect ritualisé de ces phases qui rend les choses prévisibles non seulement par les chiens entre eux mais aussi par les humains qui en sont avertis, et qui ainsi peuvent s’y adapter. De manière générale, la conduite agressive du chien qui veut -faire cesser- ou -obtenir- se déroule en 3 étapes : 1ère étape  : La menace est destinée à intimider un individu et à éviter l’attaque proprement dite, si cela est possible. Le chien tente de prévenir l’autre qu’il ne sera pas sans risque de continuer dans ce qu’il a entrepris. En cas d’inefficacité, la menace sera mise à exécution par morsure. Dans le comportement de prédation comportant une poursuite et des morsures sur proie la phase de menace n’existe pas. Cette phase de menace est volontairement supprimée par un apprentissage spécifique dans le dressage au mordant.

Apprentissage

Dans l’attitude offensive, l’animal se tient droit et les pattes raidies, le poil hérissé, la queue haute, les oreilles vers l’avant. Dans l’attitude défensive, l’animal se tient plutôt l’échine abaissée et hérissée, la queue basse voire rabattue, les oreilles en arrière. Ces attitudes sont accompagnées de grognements sonores et d’aboiements, de mimiques faciales avec le museau retroussé les dents découvertes, le regard est fixe, la pupille dilatée. La menace qu’il faut savoir respecter. Ces signaux canins, posturaux et sonores, parfaitement « signifiants » entre congénères, reçoivent évidemment les réponses canines adaptées. Par contre, les êtres humains décodent et interprètent souvent mal les menaces de leurs chiens et en conséquence ne produisent pas les réponses adéquates. S’il est capital de savoir reconnaître les signaux de menace d’un chien, il l’est tout autant de les respecter. Car si l’animal menace, c’est pour prévenir son entourage que quelque chose l’inquiète ou lui fait peur, l’incommode ou lui fait mal et qu’il souhaite que cela cesse. Pour échapper à l’inévitable morsure qui suit une menace non respectée, le mieux est de ne pas insister dans la voie engagée. 2ème étape : passage à l’acte, la morsure : Prise en gueule plus ou moins fortement tenue, dosée et lâchée en fonction de la situation et de l’adversaire, la morsure n’est pas faite pour tuer sauf dans 2 cas bien particuliers. Le chien dose, maintient puis lâche sa prise en gueule, selon la réaction combative ou soumise de l’autre. C’est dans ses interactions avec sa fratrie et sa mère (jeux/batailles) au cours de ses premières 8 semaines de vie, que le chiot apprend ces phases rituelles des combats en dosant sa morsure ce qui appartient à l’apprentissage de l’inhibition de la morsure. La qualité de la socialisation du jeune âge d’un chiot montre ici son importance. La poursuite, saisie et morsure dite « délabrante » d’une proie dont nous connaissons l’illustration familiale, avec la peluche qui représente la proie que notre chien tient en gueule et secoue vigoureusement.

Soumission

Le dressage au mordant, où même si l’adversaire se « soumet » c’est-à-dire ne bouge plus, le chien continue de tenir fortement et ne lâchera pas sans ordre du maître. 3ème étape : l’apaisement au cours duquel le « vainqueur » pose sa patte sur l’autre ou le léchant marque la fin du combat, pour éteindre toute velléité agressive et signaler la paix revenue (attention à ne pas interpréter ces léchages et patte tendue sur le maître qui vient de se faire mordre, pour des gestes de repentance. Le stimulus déclencheur d’une agression, peut être endogène (si sa source se trouve dans l’organisme de l’individu lui-même, par exemple la douleur, la peur ou la faim…) ou exogène (s’il provient de son environnement perceptif, de son milieu de vie comme le comportement d’un congénère ou d’une autre espèce). L’un de ces stimuli peut provoquer l’autre : quand le comportement d’un autre (stimulus exogène) va éveiller la peur (stimulus endogène). L’agression à caractère hiérarchique sert à marquer sa supériorité, à affirmer son pouvoir sur l’autre. Toujours impressionnante, parfois violente mais souvent brève, elle est courante entre mâles. Chaque individu tente de se faire plus fort, plus bruyant, plus grand qu’il n’est pour impressionner l’autre, aussi bien dans la phase de menace que dans celle de l’attaque. Cette agression cesse quand l’un des deux adopte une posture de soumission plus ou moins marquée, ou bien prend la fuite. Le chien de la famille peut agresser de cette manière un membre de sa famille pour défendre ou maintenir des privilèges qui lui sont laissés au quotidien, et que l’on remet en question. Exemple très connu est celui du chien qui occupe librement fauteuils et canapés, et qui grogne quand on le pousse pour s’y installer, et va jusqu’à mordre si on insiste trop. L’agression par irritation ou douleur vise à échapper à une souffrance (le pied qui lui marche dessus ou la main qui caresse trop rudement) le chien peut grogner et mordre. Souvent observée chez l’animal vieillissant et plein de douleurs, malmené par un enfant par exemple, ou lors de soins à exercer sur un animal malade, ou lors de toilettages ou brossages répétitifs et redoutés, etc. Dans cette agression, il arrive que la première phase de menace soit inexistante : quand on a mal, il faut que cela s’arrête tout de suite car on n’a pas le temps de prévenir que ça va mal.

Enfermement dans la peur

L’agression par peur est la plus fréquente alors même que cette émotion est l’une des plus mal reconnues par les maîtres. C’est le franchissement brusque de sa distance dite « critique » qui fait craindre à l’animal cette intrusion, surtout s’il n’a aucune possibilité de fuite. C’est le cas du chien tenu en laisse qui voit s’approcher un congénère ou un humain qui l’inquiète. Sans pouvoir fuir pour rétablir la distance critique, il ne reste à ce chien effrayé qu’à menacer pour faire fuir ou reculer l’autre et mordre si la menace n’a pas fonctionné. C’est le cas également du chien qui prend peur quand on le poursuit pour le punir ou lui reprendre un chapardage, jusqu’à l’acculer dans un espace restreint, derrière ou sous un meuble. Mis dans une situation sans issue, il n’a plus d’autre ressource d’autodéfense que menacer ou même mordre la main qui s’avance et qui veut absolument l’attraper. L’abord du chien par surprise quand il dort ou mange suscite sa peur et une réaction de menace. Dans nombre d’agressions motivées par la peur, les 3 phases peuvent être rendues floues par l’intensité de l’émotion qui pousse l’animal à des réactions extrêmes. On comprend que pousser ainsi un animal jusque dans ses derniers retranchements, fait prendre de grands risques de morsures parce que exercées avec l’énergie du désespoir. L’agression instrumentale ou morsure dite « instrumentalisée est la plus dangereuse, parce que l’étape de la menace n’existe plus. Dans le dressage elle est le résultat d’un apprentissage volontaire. Le but de cette technique est d’obtenir que le chien attaque une personne ciblée, automatiquement et sur ordre, et bien sûr sans la prévenir, pour ne la lâcher que sur ordre également. L’animal devient une arme, sa morsure est dite « instrumentalisée » (à ne mettre, on s’en rend compte, que dans des mains très expertes !), puisqu’on s’en sert comme d’un instrument.

Dressages professionnels

Ce dressage ne devrait être réservé qu’à des chiens qui seront employés à des métiers de la défense et/ou de l’attaque (police, armée par ex.) et effectué par des professionnels habilités. Chez un chien de famille qui serait dressé ainsi, on peut imaginer que dans un contexte de stress intense l’animal se désorganise émotionnellement, et échappe au contrôle de son maître en déclenchant une attaque violente. Dans une situation stressante et qui se répète comme lors de toilettage douloureux ou les contraintes en espace restreint signalent à l’animal que ses menaces sont inutiles et impulsivement il passe directement à la morsure. C’est l’imprévisibilité de ses attaques qui rend l’animal dangereux. N’importe quel chien peut mordre s’il a peur ou mal. Même si pour lui le motif premier de son agression n’est pas la peur, cette émotion colore plus ou moins tout affrontement avec un membre de sa famille. L’agression dirigée quand l’animal ne peut atteindre ce qui l’agresse ou lui fait peur et qu’il se retourne sur la cible la plus proche de lui, l’agression par la mère qui protège ses petits, l’agression territoriale, ou celle de la convoitise ou de la possession d’une nourriture ou d’un objet. Ces morsures sont moins nombreuses parce que beaucoup savent s’approcher d’une mère et de ses petits avec précautions et comprennent qu’il ne faut pas déranger un chien qui mange, sous peine de déclencher les plus grandes et légitimes inquiétudes. Mais de famine, il est rarement question dans les narrations des comportements agressifs de la part d’animaux. Il est vrai qu’on rapporte plus souvent des épisodes de ce type regardées du point de vue des hommes que de celui des animaux. Hommes, animaux : beaucoup de différences ? Des comportement opposés ? Le coté rassurant des ces observations vient d’une caractéristique apparemment plus fréquente et plus facile à considérer chez les seconds que chez les premiers : certains animaux adoptent des comportements subtils pour faire savoir qu’un conflit est terminé, sans se réconcilier pour autant. D’autres vont jusqu’au bout de leur objectif : la réconciliation en s’embrasssant et en se regardant dans le fond des yeux. Les chimpanzés enfin, n’hésitent pas à engager des pourparlers en vue d’entamer des négociations. De la politique politicienne ? Non des comportements animaux toute simplement.