Un autre regard sur les questions éthiques
 

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Politique

L’élection de l’espoir ?
Un certain Métis
Joie dans le monde

Article rédigé par Picospin le vendredi 7 novembre 2008

Le nouveau Président des Etats-Unis, qui, dans l’antique constitution de ce pays a des pouvoirs réels, a eu l’intelligence, la sensibilité, le relâchement nécessaires pour laisser entrer l’émotion dans ses discours et jusqu’à ses actes. Souvenez-vous de l’interruption de sa campagne électorale pour embrasser pour la dernière fois, avant son départ définitif de la vie terrestre, sa grand-mère qui a attendu le couronnement de son petit-fils pour mourir.



Le "lâcher prise" des mourants

Cette attitude n’est pas exceptionnelle de la part des mourants dont on sait qu’ils sont acculés souvent au « lâcher prise » cette façon de quitter la vie lorsque la tension générée par une attente, se détend pour se détacher de la vie et rejoindre un autre monde, celui du néant, de l’au-delà, des pensées selon les convictions et les croyances de chacun. Obama a nettoyé les concepts fallacieux servis pendant 8 ans par un Président mal élu des Etats-Unis dont la jeunesse difficile, noyée dans l’alcoolisme, a provoqué un besoin irrépressible de rédemption par l’évocation permanente du bien et du mal. Cette vision manichéenne du monde l’a conduit à classer, catégoriser, accueillir et rejeter des classes sociales, dans une vision anthropologique simpliste et simplificatrice. D’aucuns affirment que la négritude partielle du nouveau président a fait passer l’Amérique et une partie du monde avec elle dans une nouvelle ère, celle des sociétés de métissage, de l’abandon de la société de ségrégation, considérée comme le péché originel. Notre héros d’un jour dont on espère bien qu’il sera capable de pérenniser son image est sans doute né sous une bonne étoile. C’est celle qui l’a jeté dans les bras des blancs, transmetteurs d’une éducation millénaire et qui a réussi à s’incruster dans la peau d’un métis, dont on pourrait dire, si on l’osait, que cette dualité chère à Descartes réalise une hybridation fort efficace. Il est intéressant que ce discours soit tenu par les biographes et analystes de la politique, des actes et des pensées de notre nouveau héros. Il n’est pas certain que ce découpage anthropologique, culturel, dualiste ne retire de l’humain. Il faudra sans doute attendre encore avant de pouvoir se prononcer sur cette alchimie de l’être humain qui ne laisse pas tronçonner comme une branche ou un tronc d’arbre jeté dans la fleuve pour arriver à sa destination quelques kilomètres en aval. En tout cas, un pas a été accompli qui gonfle d’enthousiasme, de joie, d’espoir et de foi en la vie les habituels damnés de la terre, ceux qui ont péri sous les inondations de la Louisiane sans être secourus, les anciens esclaves corvéables à merci, les pauvres privés de tout secours médical, les frustrés des banlieues françaises, les nourrisson morts dans les bras de leur mère, en l’absence de toute nourriture, d’eau, de lait, les substances indispensables à la vie dont les ont privées de faux généraux, des dictateurs en apprentissage, des politiques manipulateurs.

Le charisme

On attend beaucoup d’une personnalité charismatique. Sans doute beaucoup trop car l’espoir n’a pas de frontières et encore moins de limites. La profondeur de la misère est proportionnelle à l’étendue de l’espérance pour une vie meilleure, fraternelle, susceptible d’apporter le bonheur, celui qui paraît si souvent insaisissable. Doit-on rêver, ce que font les Américains dont on dit qu’ils s’adonnent au rêve et à l’imaginaire à l’instar des vieux personnages de Walt Disney pour lesquels tout était possible et rien n’était impossible. Une brèche a été forée dans les vieilles traditions surannées, les sociétés bloquées par des siècles de conservatisme au profit des privilégiés et au détriment des exclus. Le président annonce qu’il veut rompre avec les divisions pour privilégier et instaurer l’intérêt commun dont il ne souhaite pas faire seulement l’addition des intérêts de chaque groupe. Dépassera-t-on ainsi les clivages, les affrontements religieux pour atteindre le pluralisme politique que le système américain permet d’accueillir. On aura remarqué que les temps de cet article se conjuguent au futur. Il appartiendra à Obama de tout faire pour que dorénavant, on ouvre une ère où ils le seront au présent.

Questionnement éthique :

1. Est-il éthique d’encourager le rêve alors que la réalité risque de décourager ceux qui avaient cru à une amélioration, une transformation des relations humaines, sociétales, politiques entre les citoyens, voire les immigrés ?

2. Si tous les engagements d’un candidat ne sont pas tenus, est-ce que la déception qui s’en suit ne risque pas de faire place au scepticisme et au découragement pour tout projet de nouvelle construction de l’avenir ?

3. Est-ce que l’"Obamnia" risque d’être dangereuse pour l’avenir du peuple américain et du monde en général ?

4. Est-ce que les Américains sont habilités à tirer une légitime fierté d’avoir élu une personnalité de l’intelligence et du charisme de Barack Obama ?




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