Ethique Info

Accueil > Société > Un chanteur s’en est allé

LE RETOUR DU POLITIQUE ?

Un chanteur s’en est allé

mardi 16 mars 2010, par Picospin

Un chanteur s’en est allé, doucement sur la pointe des pieds en chantant. On vient de lui offrir le plus beau des hommages que l’on puisse demander de la part d’une foule préoccupée ou occupée comme jamais par les problèmes de tous le jours, ceux qui ne trouvent pas toujours une solution et qui laissent moins dans le désespoir que dans l’ennui et l’indifférence à un destin apparemment lugubre sinon sans grand avenir et sans perspective. Pourtant, comme le poète vient de la chanter « la montagne est belle » surtout quand il s’agit de celles de l’Ardèche, une région de France où le chant s’est installé pour créer, écrire et composer. Quoi ? de la musique, des sons harmonieux, sincères, sur des textes définitifs empruntés aux plus grands des écrivains et des hommes, pétris d’idéologie. Même si elle fut surannée, cette dernière doit avoir touché quelque part au cœur les admirateurs de Jean Ferrat, compagnon de route d’un parti communiste maintenant moribond mais qui était loin de l’être quand notre poète a commencé sa carrière au lendemain de la guerre, de la déportation de son père, de son recueil chaleureux par des communistes sincères dont il n’a jamais oublié le geste. Cette fidélité exceptionnelle, malgré les aléas de la politique, des guerres et des massacres, des renversements d’alliance a touché ses admirateurs, ses « fans », d’une façon si profonde qu’ils ont survolé comme par enchantement cette tranche de vie d’un être sincère, un homme tout simplement qui a préféré le respect des engagements, de la reconnaissance et de la gratitude, aux piétinements insensés de ceux qui suivent aveuglément les parcours instables pour en tirer des avantages pour eux-mêmes bien plus que pour les autres. Un autre homme était arrivé il y a quelques années pour promettre à des citoyens désabusés de pures merveilles, des changements, de la mobilité où il n’y avait eu auparavant que de la stagnation et du dynamisme là où régnait passivité et torpeur. Un nouvel idéal s’incarnait en cet homme venu d’ailleurs qui souhaitait apporter de l’énergie et une volonté irréductible d’aller de l’avant, de bousculer les traditions, de passer au-dessus des obstacles comme cheval de course sur hippodrome en folie. Lui vient d’échouer là où le premier ne récoltait qu’une gloire certes posthume mais si exceptionnelle dans un monde où le passage des êtres s’accélère sans laisser de traces profondes, où on a du mal à reconnaître le sillon tracé par l’invention, la création, l’amitié et l’empathie. Ils sont rares les moments où se télescopent les réactions d’amour et d’indifférence envers ceux qui ont promis la gloire et récolté l’échec et ceux qui chantent pour l’éternité au milieu des larmes du peuple. D’où viennent ces réponses opposées à des appels si semblables et en même temps si différents ? A la fidélité, à une croyance, à l’attachement aux idéaux ou à tout à la fois ? On a l’impression qu’une volonté de renouveau s’oppose à la nostalgie d’un passé transfiguré par le souvenir, la mémoire collective, l’attachement à un système de vie où celle-ci est devenue l’essentiel des désirs, des affections, du bien-être de se trouver ensemble pour une cause commune d’autant plus grande qu’elle est partagée, aimée et placée au-dessus des maigres préoccupations des hommes restés sur terre et accrochés si fermement qu’ils ne peuvent plus s’envoler au-dessus des montagnes de France pour y célébrer la joie, le bien-être du partage et l’enthousiasme des l

Un chanteur s’en est allé, doucement sur la pointe des pieds en chantant. On vient de lui offrir le plus beau des hommages que l’on puisse demander de la part d’une foule préoccupée ou occupée comme jamais par les problèmes de tous le jours, ceux qui ne trouvent pas toujours une solution et qui laissent moins dans le désespoir que dans l’ennui et l’indifférence à un destin apparemment lugubre sinon sans grand avenir et sans perspective. Pourtant, comme le poète vient de la chanter « la montagne est belle » surtout quand il s’agit de celles de l’Ardèche, une région de France où le chant s’est installé pour créer, écrire et composer. Quoi ? de la musique, des sons harmonieux, sincères, sur des textes définitifs empruntés aux plus grands des écrivains et des hommes, pétris d’idéologie. Même si elle fut surannée, cette dernière doit avoir touché quelque part au cœur les admirateurs de Jean Ferrat, compagnon de route d’un parti communiste maintenant moribond mais qui était loin de l’être quand notre poète a commencé sa carrière au lendemain de la guerre, de la déportation de son père, de son recueil chaleureux par des communistes sincères dont il n’a jamais oublié le geste. Cette fidélité exceptionnelle, malgré les aléas de la politique, des guerres et des massacres, des renversements d’alliance a touché ses admirateurs, ses « fans », d’une façon si profonde qu’ils ont survolé comme par enchantement cette tranche de vie d’un être sincère, un homme tout simplement qui a préféré le respect des engagements, de la reconnaissance et de la gratitude, aux piétinements insensés de ceux qui suivent aveuglément les parcours instables pour en tirer des avantages pour eux-mêmes bien plus que pour les autres. Un autre homme était arrivé il y a quelques années pour promettre à des citoyens désabusés de pures merveilles, des changements, de la mobilité où il n’y avait eu auparavant que de la stagnation et du dynamisme là où régnait passivité et torpeur. Un nouvel idéal s’incarnait en cet homme venu d’ailleurs qui souhaitait apporter de l’énergie et une volonté irréductible d’aller de l’avant, de bousculer les traditions, de passer au-dessus des obstacles comme cheval de course sur hippodrome en folie. Lui vient d’échouer là où le premier ne récoltait qu’une gloire certes posthume mais si exceptionnelle dans un monde où le passage des êtres s’accélère sans laisser de traces profondes, où on a du mal à reconnaître le sillon tracé par l’invention, la création, l’amitié et l’empathie. Ils sont rares les moments où se télescopent les réactions d’amour et d’indifférence envers ceux qui ont promis la gloire et récolté l’échec et ceux qui chantent pour l’éternité au milieu des larmes du peuple. D’où viennent ces réponses opposées à des appels si semblables et en même temps si différents ? A la fidélité, à une croyance, à l’attachement aux idéaux ou à tout à la fois ? On a l’impression qu’une volonté de renouveau s’oppose à la nostalgie d’un passé transfiguré par le souvenir, la mémoire collective, l’attachement à un système de vie où celle-ci est devenue l’essentiel des désirs, des affections, du bien-être de se trouver ensemble pour une cause commune d’autant plus grande qu’elle est partagée, aimée et placée au-dessus des maigres préoccupations des hommes restés sur terre et accrochés si fermement qu’ils ne peuvent plus s’envoler au-dessus des montagnes de France pour y célébrer la joie, le bien-être du partage et l’enthousiasme des idées et de la liberté.