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Mac et Sarah : une résurgence de la Bible ?

Un couple bien propre

Dans quel jardin d’Eden se promènent-ils ?

mercredi 24 septembre 2008, par Picospin

Dans le détail, il parait qu’il a jeté son dévolu sur deux voitures japonaises – ce qui n’est pas bien pour un défenseur du patriotisme économique – qui surtout utilisent pour moitié l’énergie électrique pour se déplacer – ce qui est mieux en raison de la moindre pollution que ces véhicules de l’ennemi, dégagent lors de leur fonctionnement.

Ambiguïté

Cette situation ne laisse pas d’être ambiguë et de plonger l’Amérique dans un abîme de réflexion dès lors que ce pays a compris, avec un certain retard, que les restrictions de carburant obligeraient les industriels à faire de considérables efforts pour fabriquer des véhicules moins gourmands en carburant et surtout moins polluants. Notre brillant candidat vient de présenter au peuple sa collaboratrice qu’il est allé chercher loin de ses bases, puisqu’elle n’était que la modeste gouverneur de l’Alaska, état fédéral un peu froid ce qui a incité cette dame d’honneur et de cœur, profondément attachée à la spiritualité religieuse, à rechercher un peu plus de chaleur auprès de son patron républicain. Le choix de ses investissements privés n’est sans doute pas aléatoire si l’on songe qu’il avait le plus large éventail de possibilités d’investissement dans ses biens, par ailleurs sérieusement entamés depuis la chute vertigineuse de la bourse américaine. Il aurait pu jeter son dévolu sur une bibliothèque pour approfondir la culture du pays qu’il se propose de représenter, d’acquérir des meubles, une maison écolo et propre, des bijoux pour sa famille, des tableaux représentant les premiers instants de la démocratie américaine avec en 1774, le boycottage des marchandises britanniques par les colons américains qui entraîna une rupture définitive entre les colonies américaines et la Grande Bretagne, l’instauration par les colons sortis victorieux de la guerre d’indépendance qui les opposa aux Britanniques avec le soutien de la France, instaurèrent alors la plus jeune démocratie du monde moderne.

Indépendance

En refusant la royauté britannique, la déclaration d’indépendance de 1776, avait jeté les bases du nouveau régime. La constitution de 1787, conciliant avec souplesse désir d’autonomie des états et nécessité d’un certain centralisme fédérateur, en garantissait les institutions et l’application. S’il avait fait le bon choix de ses investissements, il aurait eu l’occasion de regarder tous les matins sur ses murs la scène de la déclaration d’indépendance de son pays ce qui aurait évité à son dos cassé par les tourments infligés à ses vertèbres de se courber à l’extrême sous le capot d’une de ses voitures de collection pour y recenser le contenu des pièces ayant servi au montage d’un quelconque moteur des 8 cylindres en V sorti des archaïques usines de Detroit. N’était-il pas plus facile, au contraire, de lire et de se figurer l’histoire de la première démocratie au monde, la démocratie américaine qui s’est inventée sur fond de guerre de décolonisation contre les Anglais, en gérant des héritages divers : la pensée philosophique du XVIIIe siècle, celle de Locke, le protestantisme dans sa version puritaine, la place de l’esclavage dans la société, sans omettre la rupture fondamentale que constitue la guerre de Sécession de 1860 au moment où les pères fondateurs ont, à Philadelphie, écrit la plus ancienne constitution démocratique, toujours en vigueur aujourd’hui et support actuel du mythe américain au-dessus duquel s’était construit le sentiment national américain, fondé sur des figures symboliques comme les pères pèlerins, le couple planteur/esclave, les cow-boys et pionniers, les pasteurs inspirés et prêcheurs de la frontière, self made man, toutes contribuant à l’élaboration du "rêve américain".

Mythes et légendes

Pendant ce temps, pendant que M. McCain s’occupe du présent et contemple les fruits de l’imagination des hommes, elle, Madame Palin, sous la protection d’un conseiller expert en histoires humaines et divines renforce ses connaissances sur la fin des jours, des notions qu’elle a apprises au cours de son séjour auprès des Pentecôtistes de l’Assemblée de Dieu où l’on débattait ferme et où l’on prêchait au décours de la guerre du Moyen Orient sur la lumière en train de vaincre l’obscurité et sur la perspective que l’Alaska pourrait devenir un abri pour les Chrétiens frénétiques d’ores et déjà sauvés à la fin des temps au moment de monter au ciel. Il est difficile d’imaginer que ce couple sanctifié en voie de sacralisation prend conseil auprès de M. K ou plus exactement du Dr K dont la sagesse est remise en question comme le serait celle de ces villageois qui trainent dans ces vieux films qui représentent des sorcières ratatinées sous formes de docteurs agitant un bâton au-dessus d’eux. Car ce sorcier n’a fait que prolonger la guerre au Vietnam pour aider Nixon à se faire réélire avant de conseiller à Bush d’éradiquer une insurrection en Irak en se servant du bâton quelles que soient par ailleurs le nombre des coups nécessaires et en conséquence celui des enfants américains et de civils portés en holocauste pour atteindre ce but. Après avoir perdu sa supériorité morale en dehors des Etats-Unis, pour avoir attaqué l’Irak ce pays a perdu celle concernant son emprise financière. Une fois de plus, Bush a pris la balle au rebond, l’a sortie du terrain au-dessus des falaises et s’en est allé faire du vélo. Finalement, Sarah se blottit dans les bras de Henry sous le regard protecteur de Ford et de Reagan.

Un couple étrange

Ce fut un couple étrange que l’on vit dans les parcs, le dernier Républicain impur et la première représentation de la pureté des Républicains élevés entièrement dans les boites de Pétri consacrées à la culture des croisades. C’est au point que sa culture politique put être comparée en matière d’affaires étrangères à celle d’un habitant de Miami qui ressentirait ce qui se passe en Amérique du Sud à partir des sommets des montagnes de l’Alaska.

Questionnement éthique :

1. Est-il nécessaire de posséder un minimum de connaissances politiques, financières, sociologiques, internationales pour prétendre à gouverner un pays, surtout lorsqu’il est aussi important que celui des Etats-Unis ?

2. Doit-on exiger de candidats à la Présidence d’un pays aussi important et influent que les Etats-Unis une culture philosophique, littéraire, scientifique qui permette d’équilibrer les propres sentiments et penchants des promus - au cas où ils le seraient - entre la science et la religion à un moment où cette dernière envahit tous les espaces laissés vacants par l’éducation, la tradition, la ritualisation de la société et l’intrusion de la religion sociale propre aux Etats-Unis ?

3. Est-ce que les primaires ne pourraient servir à faire un premier tri dans la sélection des candidats "présentables" au poste le plus élevé de l’état ?

4. Es-ce que le raz de marée attendu des démocrates n’est pas du à l’effet de surprise prévu de la part d’un candidat noir, ayant reçu une excellente éucation et se présentant comme un homme neuf, capable d’initier toutes les réformes que l’Amérique attend avec impatience ?