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Un énorme besoin d’éthique

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samedi 15 mai 2010, par Picospin

Penchez-vous, mais pas trop pour éviter le risque de tomber sur les blogs concernant toutes sortes de sujets, disponibles en permanence dans tous les organes de presse, tous les médias.

Dysfonctionnements

Qu’y trouverez-vous ? Au hasard et par le plus grand des hasards, des dysfonctionnements le plus souvent d’ordre financier entre les rouages de l’administration, de la gestion, de la gouvernance. On apprend ainsi que dans les prisons, le panier de la ménagère de base est vendu à des prix allant du simple au double quand on passe d’un établissement à un autre, et ceci dans la même région. En 2006, la Cour des comptes a mis le système en cause, regrettant qu’« aucune réglementation d’ensemble n’organise [son] fonctionnement » et dénonçant des « différences significatives de traitement » selon les établissements pénitentiaires. Chaque prison fixe les prix des différents produits suivant les contrats passés avec les fournisseurs locaux, du grand hypermarché à la petite supérette du coin selon les zones. Une enquête de l’Observatoire international des prisons (OIP) menée en 2009 dans plusieurs établissements franciliens sur le « panier du détenu » -les vingt produits de base les plus "cantinés" - a révélé des disparités. Un savon coûte 2,10 euros à la prison de Melun contre 75 centimes à celle de Fleury ; il faut 1,04 euro pour acheter une boîte d’œufs à la prison de Nanterre contre 53 centimes à Fresnes. Six rouleaux de papier hygiénique valent 1,38 euro à Melun et 90 centimes à Nanterre…

Injustices

Ces dénonciations des injustices et dysfonctionnements dans les prisons sont l’œuvre d’un prisonnier qui a eu maille à partir avec la justice en tant que récidiviste. Cette situation lui a procuré plusieurs avantages moins pour lui-même que pour son entourage, ses « collègues » d’enfermement, ses compagnons de cellules et de ce fait de souffrance commune, d’inconfort et de contraintes. C’est par l’action synchrone et convergente du désir de changer des situations injustes et difficiles à modifier qu’il a juré de se faire l’avocat des causes impossibles sinon perdues. Découragé de travailler pour lui-même et de trouver ainsi une issue à sa propre situation bloquée par les applications rigoureuses et rigides de la loi qu’il a décidé de trouver une issue à son enfermement physique et moral pour aller vers l’autre et vers les autres pour qui il pouvait faire plus que pour lui-même. Les causes les plus faciles à défendre ne sont pas les siennes propres mais celles des autres en faveur desquelles on peut plaider avec la force, le courage et la persuasion du détachement de soi et de l’empathie pour l’altérité. Les chimpanzés ont cette propriété, pourquoi leurs cousins mieux éduqués et plus intelligents dit-on ne l’auraient-ils pas. C’est ce qui est arrivé à notre héros, moins romantique que pratique, qui a trouvé dans sa nouvelle activité de défenseur de l’égalité et de la justice une nouvelle raison de vivre, sinon d’exister.

Quels principes ?

Le droit international inspiré par l’esprit démocratique repose sur le principe d’égalité, celle des états comme celle des individus. Dans le domaine commercial, la gouvernance se matérialise dans un régime égalitaire et multilatéral. La gouvernance globale se préoccupe d’identifier tous les éléments indispensables à la survie de l’espèce humaine. Sans eux, l’homme est voué à disparaître. Cette liste est trop longue pour être rapportée en détails. Elle renferme des ingrédients matériels de base comme l’air, l’eau, la qualité des sols, ce qui fait la spécificité de l’homme par rapport aux autres êtres vivants ce qui conduit invariablement à la notion de bien public planétaire. Comme cette dernière aboutit inexorablement à la problématique de la surexploitation, de l’invasion des pollutions, de la dégradation des paysage et des constructions humaines n’est-il pas largement temps de leurs conférer un statut capable de maitriser leur préservation pour en faire un patrimoine universel, commun à l’humanité. Comment songer ensuite à la préservation et à l’épanouissement de toutes les diversités. Une telle démarche pourrait être apte à mieux évaluer le prix de chaque activité pour assurer plus tard des choix plus rationnels.

Questionnement éthique :

1. Que penser de la réflexion de Hans Jonas sur "l’envers des triomphes techniques" de notre société qui exige une interrogation permanente à laquelle on ne peut répondre par oui ou par non mais par des évaluations subtiles et des décisions problématiques ?

2. Est-ce que le futur est un charlatanisme ou une évaluation des conséquences à long terme des révolutions techniques déferlantes d’où peuvent surgir le meilleur et le pire ?

3. Faut-il que les habitants du futur sur la planète et les nouvelles générations oublient de brimer et de briser la vie au profit d’une assurance plus longue et plus solide de sa durée et de l’expérience de nouvelles intensités ?

4. Si la vie vaut la peine d’être vécue, mérite-t-elle que soit posée la question de la valeur et de la signification de l’aspect fragile du visage humain ? Un autre Lévinas ?