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Que faire de son argent ?

Un fond placement éthique et catholique pour l’Eglise

Le placer ?

vendredi 22 août 2008, par Picospin

Cela signifie par exemple qu’aucune action d’un quelconque laboratoire pharmaceutique qui fabrique et vend la pilule abortive ne pourrait être achetée. Un petit nombre seulement des actions cotées en Europe respecte les critères listés dans un document intitulé « Gestion des biens de l’Eglise avec ses enjeux ecclésiaux et éthiques ».

Les enjeux

Ce document indique d’autre part que les Chrétiens doivent devenir conscients des enjeux pratiques de l’Eglise sans honte, ni ignorance ni dissimulation. Ces mesures sont l’aboutissement de longues discussions sur la manière de gérer les biens de l’Eglise qui l’étaient sous l’application de principes éthiques venant d’ailleurs et non pas de ceux qui régissent son fonctionnement. Jusqu’ici, les diocèses créaient leurs propres portefeuilles à partir des investissements provenant des deniers de l’Eglise, de l’argent des quêtes, des legs dans de bons placements, des sicav monétaires dont le rendement, à défaut d’être attractif, est assuré même s’il est fortement limité. Pour limiter les pertes consécutives à la baisse importante des dons des fidèles, ce mode de placement permet de redresser les finances de l’Eglise tout en tenant compte de la nécessité de doper les finances, de faire face à tout sentiment de culpabilité et de rester au diapason du marche européen. A l’appui de cette procédure, les autorités se basent sur la référence historico biblique de la visite du Christ à Zachée, le collecteur d’impôts qui finit par distribuer la moitié de ses biens aux pauvres. Il était temps de décomplexer les clercs pour certains gestes rituels qui faisaient monter leur culpabilité.

Culpabilité

Cette dernière a pu reculer en raison des différentes actions influencées en grande partie par les réflexions des Vatican II. Les rôles se sont rapidement inversés dans la mesure où le gouvernement de l’Eglise a puisé une certaine fierté dans le fait que les investissements réalisés l’ont été sous sa seule initiative et que de ce fait, il s’est en quelque sorte autonomisé, ne laissant à personne d’autre qu’à lui seul le soin de gérer, de distribuer et de cibler ses diverses action et projets. La réaction exprimée actuellement par les autorités catholiques constitue une sorte de surcompensation à l’attitude de contrition, de honte, de gêne qu’elles ont toujours ressenti en raison de leur difficulté à gérer moralement, intellectuellement son rapport à l’argent. Telle n’est pas la difficulté ressentie par l’islamisme ou le protestantisme ni même par des mouvements comme les quakers américains qui investissent dans les meilleures conditions sous réserve d’en exclure les portefeuilles issus du commerce des armes, de l’alcool ou du tabac. En cela, ils ne font que suivre les règles morales sinon éthiques de la société, en particulier de celles issues du conformisme américain. Ces exemples ont sans doute libéré la conscience des catholiques qui repartent à l’attaque avec des initiatives qu’ils veulent compétitives avec celles prises depuis longtemps par leurs collègues des autres religions.

Fonds d’investissement éthique

Les fonds d’investissement éthique ont acquis droit de cité sinon de paroisse ou de monastère, appuyés qu’ils sont par des prises de position en bourse qui permettent un accès décent à la retraite dans des conditions sanitaires, morales, spirituelles et médicales indispensables à l’issue d’une vie entière consacrée au bien des autres. On ne compte plus les associations, sociétés, fonds d’investissement qui affichent en tête de leur activité le terme « Ethique » ce qui ne saurait que nous réjouir en raison des attaches philosophiques qui nous lient à ce terme. C’est ainsi que l’on peut recenser « l’Association Ethique et Investissement », qui s’est employée particulièrement à auditer des entreprises comme Total sur ses investissements en Birmanie, « Nouvelle stratégie 50 », la société d’investissement éthique Meeschaert ou Ethica. Le problème éthique qui se pose après ces débuts tardifs mais prometteurs est de décider si l’on a le droit de jouer en bourse les dons des fidèles à un moment difficile où les marchés tremblent et où des réticences se font encore sentir au niveau de certains clercs qui refusent de faire de l’argent avec de l’argent parce que cette opération serait clairement une spéculation, terme qui agite les esprits et les trouble plus qu’il ne les éclaire. De là une certaine indécision dans la gestion des fonds même si les responsables de ces opérations se partagent entre laïques, bénévoles, salariés, croyants et pratiquants pour décider s’il faut investir dans l’aide sociale, le parc immobilier ou des travaux de rénovation.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que le comportement éthique en matière de finance doit être réservé aux opérations en faveur des institutions religieuses ?

2. Doit-il être appliqué dans tous les domaines de la vie sociale ce qui sous-entend aussi une pratique dans les domaines du religieux ?

3. L’incidence éthique ne devrait-elle pas être utilisée aussi pour les opérations concernant des sujets sensibles comme l’armement, les drogues, l’industrie chimique, nucléaire ou pharmaologique ?

4. Est-ce que les organisations politiques internationales ou même nationales ne devraient pas se munir de comités d’éthique capables d’orienter leurs décisions, leurs projets, leurs programmes d’études ou de réalisation ?

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