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Qui était-il ?

Un grand soldat, une figure politique ou un bon manager

Que faisait-il ?

mardi 5 octobre 2010, par Picospin

Le sens de son métier est à produire dans le tâtonnement inhérent de la relation à l’autre, car l’autre demeure toujours énigmatique. Le ‘’savoir’’ sur l’autre ne donne pas accès au réel, l’autre demeurant inaccessible à toute recherche visant à le posséder. « L’homme ne peut prendre conscience de lui-même que grâce à l’image reflétée par le miroir formatant et déformant de l’autre. Nul être ne peut avoir conscience de soi sans l’autre. »

Le Manager

Une vision individualiste fait de soi le centre du monde et le dispense de s’occuper de ses semblables. Mais, l’expérience le prouve, c’est seulement en se retrouvant soi-même que l’on peut découvrir l’accès à l’autre. Il est évident que l’équilibre passe d’abord par une estime de soi, estime qui doit éviter l’illusion, la vanité ou la pure contemplation de soi. La vanité entretient dans la satisfaction et gêne la progression. La progression passe par l’altérité. La personne a besoin de se développer pour acquérir d’elle-même une image positive et produire progressivement confiance en soi, sérénité et autonomie qui constituent les conditions psychologiques du développement de la personne. Elles facilitent l’accession à ce que la personne cherche normalement de toutes ses forces : le bonheur ! La qualité de la civilisation repose moins sur celle des nourritures mais des exigences et de la ferveur au travail. Elle est moins faite de la possession que du don. A cet égard, il n’est pas inutile de jeter un regard sur les documents récemment publiés sur les actions de l’ex Maréchal Pétain dont on vient de publier les décisions prises et signées par lui au tout début de la période de la défaite française en juin 1940, puis aux lendemains de cette période noire pour le peuple français.

Un précieux document ou un faux ?

C’est "le" document, long de 5 pages estampillé "confidentiel", couvert d’annotations manuscrites rédigées par le maréchal Pétain en personne, soixante-dix ans, jour pour jour, après l’adoption, par le régime de Vichy, de la "loi portant statut des juifs". Cette pièce a été déposée, il y a quelques jours, au Mémorial de la Shoah, à Paris, par un donateur qui tient à rester anonyme. Les annotations de Pétain vont toutes dans le sens de l’aggravation. Contrairement à ce que prévoyait le projet dans sa version initiale, l’accès aux professions juridiques et enseignantes est totalement fermé aux juifs. Ceux-ci, en outre, ne peuvent pas être membres d’"assemblées élues". Alors que le projet prévoyait d’épargner "les descendants de juifs nés français ou naturalisés avant 1860", Pétain a rayé cette mention. On savait par l’ancien ministre des affaires étrangères de Vichy, que Pétain, au conseil des ministres du 1er octobre 1940, s’était montré très sévère à l’égard des juifs. On a maintenant la preuve qu’il est intervenu pour étendre le champ des interdictions et restreindre les possibilités d’exemption. C’est une confirmation de l’antisémitisme de Pétain, du fait qu’il n’a pas essayé, contrairement à ce que disent certains, d’épargner les juifs, et du fait enfin qu’il n’a pas hésité à s’aligner sur l’idéologie raciale nazie dans le but d’obtenir pour la France une forme de souveraineté.

Trop vieux ?

La précision des annotations rappelle que Pétain n’était pas un vieillard sénile, mais qu’il était au contraire en pleine possession de ses moyens. L’authenticité du document doit encore être confirmée pour le faire entrer dans l’histoire d’autant plus qu’une expertise graphologique sera nécessaire. La révélation de ce document vous surprend-elle, M. Paxton, qui avez écrit un ouvrage qui fait autorité sur ce personnage ? Oui, c’est absolument sidérant par la façon dont il a été révélé grâce à un "donateur privé" qui l’a remis au Mémorial de la Shoah alors qu’il aurait du être classé dans les archives nationales depuis longtemps et qu’il a été aux mains d’un personnage privé qui l’a gardé pendant 70 ans ! Quelqu’un l’avait-il volé, pris, pour protéger la réputation du Maréchal ? Il est aussi curieux qu’il n’y ait qu’un seul document de ce genre. Peut-être que ce mystérieux donateur va révéler et présenter d’autres documents ? On ne sait encore s’ils risquent de changer notre vision sur le personnage présenté et représenté par le Maréchal Pétain qui s’est tant investi pour sa patrie au moment où il a juré qu’il avait fait don de sa personne à son pays. Ce document annule l’image d’un Pétain qui ne participait pas à l’antisémitisme. On savait qu’il le tolérait dans son entourage. J’ai écrit dans La France de Vichy qu’il était "indifférent" au sort des Juifs... Mais ce document bouleverse cette interprétation. Il passe du statut de l’acteur passif à celui de l’acteur véritable.

Trop loin et trop fort ?

Il aurait même été plus loin que ses collègues... Comme certains mettent en doute ses capacités de jugement et de vigilance intellectuelle, il parait essentiel d’en confirmer la réalité par des témoignages, des expertises rétrospectives sur la qualité de sa santé. A l’automne de 1940, Pétain était un vieux monsieur, certes, mais tout le monde témoigne de sa bonne santé, de sa lucidité. En 1943, 1944 c’était autre chose, il commençait à être fatigué, il ne se souvenait pas de tout. Mais en 1940, il n’est pas concevable qu’il ait été manipulé ou que quelqu’un l’ait fait annoter exclusivement de sa propre main ce document. D’ailleurs cela ne correspondrait pas non plus avec ce qu’on sait de son rôle actif dans la vie du gouvernement de l’époque. L’autre découverte clé a été la prise de conscience que Vichy avait émis le statut des juifs indépendamment de toute pression allemande, de sa propre initiative. C’était le changement d’interprétation le plus important qu’il y ait eu avant, le point historiographique qui a marqué le débat et qui est d’ailleurs maintenant généralement accepté : le statut des juifs n’était pas la conséquence d’un diktat allemand mais il venait de l’intérieur du régime. L’historiographie de cette période avance par secousses, par polémiques ce qui est toujours susceptible de provoquer un tollé. Le maréchal Pétain est toujours un personnage dont la réputation est discutée.

Discutable ?

Si la plupart des historiens pensent qu’il a joué un rôle actif à Vichy, je ne suis pas sûr que le grand public partage cet avis. Les manuels scolaires français livrent parfois une image assez dure du rôle de Pétain comme partisan de la collaboration même si une partie du public préfère parler de lui comme d’un vieillard qui présente une image plus anonyme....Au moment de son procès, il y a eu une certaine volonté de le protéger, de le présenter comme une victime, quelqu’un qui était en désaccord avec Laval. L’hypothèse de ses défenseurs était qu’il jouait à un double jeu avec les nazis. Il aurait été, selon eux, le bouclier de la France tandis que de Gaulle en était l’épée. Ensuite, il y a un phénomène commun à beaucoup de pays, et notamment aux États-Unis, qui est une volonté de ne pas trop noircir les héros nationaux, et de dire que chacun a fait de son mieux. Aujourd’hui les anciens combattants de la Première Guerre mondiale ont disparu, mais il a été connu d’abord comme le général français qui a accueilli les troupes américaines. Il y avait une vraie affection pour le général Pétain de 1917 de la part des anciens combattants, de leurs enfants et petits-enfants. Il y a même eu une polémique ici, lorsqu’une petite ville de l’État de New-Jersey a baptisé une de ses rues du nom de "Pétain". Après la deuxième guerre, les Américains ont eu tendance à mettre eux aussi toute la responsabilité sur les épaules de Laval ce qui contribue à composer une image complexe du vainqueur de Verdun. Ces tendances pourraient influencer l’opinion que les gens seront susceptibles de construire et d’imaginer sur ce personnage ambigu.Q

Questionnement éthique :

1. Quelle que soit notre conception du bien telle qu’elle a été formulée par Platon, principe impersonnel prescriptif ou principe d’ordre incorporel, peut-on acquitter Pétain en lui imputant une totalité d’évènements, d’espoirs, d’attentes, de raisons liées à des biens ?

2. Faut-il, en suivant cette théorie, admettre que le travail qu’il incombe à la personne de faire en s’appropriant une vie choisie pour la rendre intelligible à ses propres yeux devient vertueuse et capable d’apporter bonheur et éventuellement vérité ?

3. Est-ce qu’en vertu de l’existence d’une aspiration par l’homme à la rationalité et à l’objectivité en matière de valeurs, il serait en situation de juger du bien selon des critères stables à partir d’un point de vue objectif ?

4. Existe-t-il des biens humains objectifs ?

Messages

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