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Que s’est-il passé au Stade de France ?

Un hymne national bafoué ?

Provocation irritation ou frustration ?

jeudi 16 octobre 2008, par Picospin

Ce chant est repris par les fédérés de Marseille participant à l’insurrection des Tuileries le 10 août 1792. Son succès est tel qu’il est déclaré chant national le 14 juillet 1795. Interdite sous l’Empire et la Restauration, la Marseillaise est remise à l’honneur lors de la Révolution de 1830 et par Berlioz qui en élabore une orchestration dédiée à Rouget de Lisle.

Historique

La IIIème République en fait un hymne national dont une "version officielle" est adoptée par le ministère de la guerre après avis d’une commission. C’est également sous la IIIème République, le 14 juillet 1915, que les cendres de Rouget de Lisle sont transférées aux Invalides. En septembre 1944, une circulaire du ministère de l’Education nationale préconise de faire chanter la Marseillaise dans les écoles pour "célébrer notre libération et nos martyrs". Le caractère d’hymne national est à nouveau affirmé dans les constitutions de 1946 et de 1958. Né en 1760 à Lons-le-Saunier, Claude-Joseph Rouget de Lisle est capitaine du génie mais a mené une carrière militaire assez brève. Révolutionnaire modéré, il est sauvé de la Terreur grâce au succès de son chant. Auteur de quelques romances et opéras, il vit dans l’ombre sous l’Empire et la Restauration jusqu’à son décès à Choisy-le-Roi en 1836. En quelques semaines, l’ "Hymne des Marseillais" est diffusé en Alsace, sous une forme manuscrite ou imprimée, puis il est repris par de nombreux éditeurs parisiens. Le caractère anonyme des premières éditions a pu faire douter que Rouget de Lisle, compositeur par ailleurs plutôt médiocre, en ait été réellement l’auteur. Il n’existe pas de version unique de la Marseillaise qui, dès le début, a été mise en musique sous diverses formes, avec ou sans chant. En 1879, la Marseillaise est déclarée hymne officiel sans que l’on en précise la version, ce qui a perturbé les caractéristiques de l’exécution lorsque des formations différentes étaient réunies. La commission de 1887, composée de musiciens professionnels, a déterminé une version officielle après avoir remanié le texte mélodique et l’harmonie. Comme le Président Valéry Giscard d’Estaing a souhaité que l’on revienne à une exécution plus proche des origines de l’oeuvre il en a fait ralentir le rythme ce qui a donné naissance à l’adaptation de la version de 1887 qui est jouée dans les cérémonies officielles. Le symbole est au sens propre et originel en Grèce Antique un tesson de poterie cassé en deux morceaux partagés entre deux contractants. Pour liquider le contrat, il fallait faire la preuve de sa qualité de contractant (ou d’ayant droit) en rapprochant les deux morceaux qui devaient s’emboîter parfaitement.

Symbole

Au figuré, le symbole devient l’ensemble qui lie deux représentations de la même signification. Par dérivation, le symbole se réduit à l’élément imagé ou audible qui est relié à un sens caché qu’il signifie. En sémiologie, le symbole est une représentation porteuse de sens. C’est un système signifiant relevant de la connotation, de l’analogie. Des opérations de distinction et de relation/unification produisent du sens pour un individu ou un groupe social. Le symbole apparaît ainsi comme la réalité visible (accessibles aux cinq sens) qui invite à découvrir des réalités invisibles ; il ne fait qu’un avec les symbolisés. Cette unité ne se fait pas par un mode fusionnel mais par ajustement. L’ensemble visible et invisible des deux éléments forme un tout et l’un ne se comprend pas sans l’autre. Le symbole est situé entre la forme et l’être, entre l’expression et l’idée. On définit généralement l’allégorie en la comparant au symbole, dont elle est le développement logique, systématique et détaillé. Ainsi, dans la poésie lyrique, l’image de la rose apparaît souvent comme le symbole de la beauté, de la pureté ou de l’amour ; Guillaume de Lorris en a fait une allégorie en racontant les aventures d’un jeune homme épris d’un bouton de rose. Entre le symbole et l’allégorie, la faveur du public moderne va plutôt au premier, qui semble plus riche et plus profond. Mais cette préférence tient parfois à une conception trop étroite et trop superficielle de l’allégorie. Le mot désigne la « signification cachée » sous la donnée sensible du langage dans la narration ou la description. Mais ce changement de terme s’accompagne d’une restriction de sens confirmée par la présentation de l’allégorie comme une figure de rhétorique, de métaphore continuée. Le symbole est présent dans les arts, peintures et sculptures notamment. Par exemple, le lion représente ici le symbole du pouvoir, le globe représentant le monde sur lequel s’exerce le pouvoir impérial. Par extension, le symbole en est venu à désigner toute réalité qui en évoque d’autres, absentes ou abstraites, à l’aide d’une analogie implicite ou explicite.

Analogie

Le symbole devient une représentation de l’absent et de l’imperceptible. Ainsi, tous les systèmes symboliques tentent d’exprimer des idées ou des concepts. A la différence du code, univoque, le symbole est polysémique, intelligible selon le système de représentations dans lequel il s’inscrit. Dans la psychanalyse freudienne, ce système fonctionne à partir de la codification de l’inconscient et de l’application des règles de métaphore et de métonymie, à l’intérieur de l’histoire personnelle, structurée notamment par le complexe d’Oedipe. Chez Carl Gustav Jung, les symboles individuels relèvent de l’inconscient collectif et rejoignent par là l’universel par où ils peuvent être décryptés comme archétypes. Un symbole établit une relation d’analogie entre lui et plusieurs éléments. Il prend sa forme signifiante par une représentation mentale élargie, où le système symbolique et les symbolisés peuvent avoir des éléments d’analogie proche ou lointaine. Le couple soleil-lune représente le couple homme-femme, lumière-ténèbres, et vérité-mensonge. C’est en raison des difficultés d’interprétation du symbole, de la symbolique, de l’allégorie que les membres du gouvernement ont exprimé leurs sons discordants sur les mesures à prendre pour mettre un terme à cette manifestation de révolte, de colère ou d’irritation collective lors de la rencontre de football entre les équipes de France et de la Tunisie. Leur désarroi était à l’image de celle qui a été vociférée par les spectateurs dont le moins qu’on puisse dire est que leurs intentions étaient floues et son articulation incertaine. Face à cette surprenante réaction les acteurs gouvernementaux n’ont pas dressé un front commun car désorientés eux-mêmes par ces manifestations, ils ne savaient comment y répondre, quitte à le faire par moments de façon irrationnelle. Est-il rationnel en effet de faire sortir du stade en quelques minutes des centaines de milliers de spectateurs qui risquent à l’évidence d’être irrités par la frustration, de ne pas pouvoir assister au match, de se retrouver dans une ambiance hostile sinon agressive. Dans ces conditions le réflexe de tout responsable est de faire reporter sa responsabilité individuelle ou collective sur l’autre, les autres ou une autre collectivité. Dans ce maillage, retrouver un ou des coupables parait totalement illusoire ou risque d’aboutir à saisir de faux coupables ou d’incriminer des innocents ce qui n’aurait pour résultat que d’envenimer la situation sinon de tendre les relations jusqu’à ce qu’un apaisement soit trouvé.