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Gouvernantes et gouvernants

Un lapsus

Les cachettes des l’inconscient

mardi 28 septembre 2010, par Picospin

Cette débauche de rires et de réflexions calamiteuses a été inaugurée par une ancienne favorite de la Cour qu’on pourrait aussi compléter par Cours de Justice puisqu’elle a occupé dans ce milieu une place de choix comme responsable de cette discipline au sein d’une équipe dont, en son temps, on avait flatté l’indépendance d’esprit, la rectitude, l’autorité confinant souvent à l’autoritarisme, lui-même très proche d’ordres donnés plus instinctivement qu’après délibération.

Agacements

Cette attitude avait fini par agacer le corps dont elle avait pris la responsabilité, celui de la magistrature. Cette réaction avait fait la joie des uns et la peine des autres qui ne comprenaient pas qu’on puisse mépriser à ce point des fonctionnaires souvent très brillants, très actifs et très attachés au caractère scrupuleux de leur mission après avoir été élevé dans le corps de l’Ecole de la Magistrature, peuplée de jeunes éléments qui avaient le cœur plutôt à gauche ce qui est conforme aux données anatomiques dont nous disposons et auxquelles nous nous conformons depuis la mise au point de la circulation de la plupart des mammifères dont l’homme fait partie et qui portent, comme la très grande majorité de leurs congénères le cœur à gauche. La personne en question a provoqué un mini scandale en confondant, malgré elle et dans un élan tout droit issu du subconscient l’inflation avec la fellation. Par quel mécanisme psychique, une telle confusion peut-elle avoir lieu sinon par celui si bien décrit par Papa Freud, père bien pensant de la psychanalyse qui porte actuellement le torts d’avoir été attaqué par un philosophe qui a pignon sur rue, même si c’est en Normandie, près de l’Université de Caen plutôt qu’à Paris ou Lyon.

Sarcasmes ou haine ?

Il ne cesse de couvrir de sarcasmes et de manifestations et déclarations haineuses le créateur sinon l’inventeur de cette discipline qu’à travers son « Papa » il couvre d’injures, d’opprobres et de malveillance. On se demande d’où vient cette haine apparemment viscérale, sinon des recoins encore mal éclairés de son inconscient avec lequel, apparemment, il n’a pas encore eu l’occasion de conclure un accord de paix. Encore des hostilités qui n’en finissent pas de s’apaiser, à l’instar des conflits éternellement renouvelés entre des cultures à la fois si proches et si lointaines et qui ne cessent de provoquer des victimes, pour deux peuples enfoncés dans le malheur et qui seraient si heureux s’ils vivaient en paix comme au temps jadis où l’un se nourrissait de la culture de l’autre. La leçon de ces histoires c’est qu’il faut remuer plusieurs fois sa langue dans sa bouche avant de parler et qu’il est préférable de la mettre dans sa poche avant de la laisser disposer à sa guise de la place importante qu’elle occupe dans les rouages complexes de l’exécution et de la transmission de la parole, ce bien si précieux quand il est employé à bon escient et si dangereux quand il n’est plus placé en résidence surveillée avec, si possible, une puce attachée au gros orteil et des capteurs sur la boite crânienne.

Actes manqués

Voici comment Freud considère les actes manqués qui, caractéristiques de l’homme normal, n’en constituent pas moins un manquement de l’intention de la conscience au profit d’une autre. Les actes manqués qui sont de vrais actes, sont toujours porteurs de sens. Ce sont souvent des interférences entre deux intentions, une contamination de l’une par l’autre dans lesquelles l’une est connue par le sujet alors que l’autre n’est pas admise par lui en raison du processus de refoulement passée par une brèche ouverte par laquelle la tendance inconsciente s’est faufilée pour se manifester de façon intempestive. Le refoulement de l’énoncé provoque la sortie, à petits pas du lapsus qui échappe au contrôle de son auteur, malgré lui, malgré les mesures prises par sa conscience pour en interdire la sortie. C’est ce qui a pu arriver à notre malheureuse Maire du 7è arrondissement de Paris qui n’est pas parvenue à censurer le mot prononcé à la place d’un autre, puisque l’un est considérée par la société bien pensante comme inconvenant et l’autre a trait à un sujet tabou, interdit, imprononçable, comme l’est à l’inverse, dans un tout autre sens, le nom de Dieu dans la religion juive.

Réticences

Dans l’ensemble, les gens ont une certaine réticence à admettre ce mécanisme de la pensée cachée car il échappe à leur vigilance. Cette dernière serait alors une faiblesse, une perte de contrôle, et fait apparaître involontairement une part de la pensée secrète et intime de l’agent ce qui pourrait constituer une trahison de la part du conscient s’ouvrant pour laisser entrevoir une image de l’inconscient. Peut-être, cette erreur involontaire est-elle considérée comme une image des véritables préoccupations de l’individu comme si on avait introduit dans le cerveau un appareil capable de voir et d’enregistrer les images les plus inconvenantes élaborées par ses structures et ses réseaux neuronaux. L’occasion de poser un regard furtif sur cette représentation agit comme un spectacle dérobé à l’attention du sujet auquel il ne reste plus qu’à exprimer ses regrets et à formuler des excuses envers la société et lui-même pour s’être laissé aller à une telle incartade. Elle devient d’autant plus impressionnante au regard de l’individu que la faille est profonde entre la « noblesse » du terme élaboré et la vulgarité de celui qui a été prononcé. Pauvre Rachida, il ne lui reste plus qu’à expier ses fautes et à maudire ce médecin viennois de malheur qui avait compris le montage de ce mécanisme subtil mais combien honteux.