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Un monde étrange, énigmatique et indéchiffable

vendredi 25 janvier 2013, par Picospin

Qu’elles soient toutes importantes est plus le fait d’un surcroit de gout pour le sensationnel que celui d’une réflexion sur les évènements qui circulent dans le monde et en tissent la toile de fond.

Que des chaines de télévision consacrent la totalité, l’intégralité de leurs reportages et éditoriaux à la « libération » de l’emprisonnée du Mexique en dit long ou pas assez sur les intérêts perçus par les mass média et les personnages qui gravitent autour. On reste médusé devant la légèreté des propos entendus et recueillis, les images présentées, dérobées ou infligées à un public qui s’émeut facilement sans comprendre, pleure des larmes sans émotion véritable ni sentiment sur le sort d’une pauvre damnée de la terre mexicaine dont on ne saisit ni la trajectoire, ni les motivations ni l’engouement qu’elle suscite lorsque les tapis rouges se déroulent devant ses pas insaisissables, que les micros de la planète enregistrent ses pauvres balbutiements et que les images télévisées renvoient un visage étrange sans creux ni bosses, un sourire figé, des gestes maladroits et appris à défaut d’avoir été répétés, aux bras d’un Ministre des Affaires Etrangères protecteur, paternel et maladroit dans sa soif de conquête féminine et de paternalisme désuet. A quoi correspond cette mascarade dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants dans laquelle ont été pris en otage moins les individus autrefois impliqués au bout d’une grange que d’authentiques chefs de gouvernement, Ministres, journalistes, juristes dont la contrainte se dessinait sur des visages tendus plus par la gêne que par l’émotion et l’empathie. Ceci alors que l’héroïne, nouvelle Jeanne d’Arc sortie de son nord natal et de la classe privilégiée d’un moderne avion de ligne aurait déjà préparé à la lecture du peuple un récit de ses malheurs, des injustices subies et des renversements de situation qu’elle aurait déjà couché sur le papier des grandes éditions de librairie avant de les confier aux plus modernes tablettes numériques. Au sommet, c’est la compétition entre les chefs pour revendiquer le mérite de la libération, non celle d’un peuple mais d’une prisonnière clamant de façon obsessionnelle son innocence sans connaître le sujet de cette déclamation insistante. De l’autre côté, ce sont des syndicalistes qui défoncent les portillons d’usine, s’enchainent aux grilles et accusent les chefs d’entreprises de s’emparer des profits obtenus par le travail des salariés qui ont vu davantage leur production s’abaisser que leur bulletin de salaire maigrir, lequel est accusé de gonfler les poches des dirigeants, en ce moment éparpillés sur les pics de la Confédération helvétique et les salons douillets de luxueuses résidences. Un monde difficile, étrange, énigmatique qui veut montrer les enthousiasmes de foules amassées sur le passage de militaires dont les missions restent incertaines, les moyens peu déterminés et les objectifs plus rapprochés que lointains.