Ethique Info

Accueil > Société > Un monde fini ou rétréci ?

Qui avance le plus vite ?

Un monde fini ou rétréci ?

Est-ce l’argent ou le progrès qui fait le bonheur ?

mercredi 9 septembre 2009, par Picospin

En effet si la première partie de Pico…, Pic de la Mirandole représente le souvenir de ce dernier, jeune surdoué capable de tous les exploits, y compris des exercices physiques les plus précis, il n’est pas certain que son lointain successeur, arrivé sur notre terre quelques siècles plus tard, ait constamment démontré les mêmes aptitudes.

De Pic à Baruch...

Lui, était attaché à son établis pour s’attaquer aux verres et lentilles qui permettraient ensuite aux mal voyants, non les personnes aveugles mais les myopes, hypermétropes, presbytes de contempler notre monde avec la précision et l’acuité d’un astronome analysant les objets lointains dans le ciel ou au contraire, le scientifique regardant au-dessous de lui, les évolutions incompréhensibles et hasardeuses de l’infiniment petit en le regardant à travers l’âme pure et l’optique acérée d’un microscope. L’évènement de la rentrée n’est pas cette fois le pari sur l’attribution du prix Goncourt ou Médicis, mais la sortie du livre d’un authentique scientifique qui se range pour une fois dans la catégorie des économistes et financiers universitaires dont les références se situent plus du côté de Montesquieu et Condorcet que de celui des traders de Londres ou de New York. Le bonheur ne s’élève pas avec le niveau de vie. Ce qui compte, ce sont les variations du revenu de chacun. La consommation est « comme une drogue », le plaisir qu’elle procure est éphémère, il en faut « toujours plus ».

Conditions du bonheur ?

Vous n’êtes heureux que lorsque votre situation s’améliore, surtout par rapport à celle du voisin. « La société moderne est avide de croissance, plus que de richesse ». A ce stade, il doit être permis de se demander où se situent les lieux du bien et du mal, surtout si l’on veut se référer à Malthus qui invalide ces deux dernières catégories en offrant l’exemple de Tahiti, lieu paradisiaque si apprécié et par suite convoité, grâce ou malgré un « infanticide à haute dose », par lequel deux-tiers des nouveau-nés étaient instantanément tués par étouffement, étranglement ou fracture du cou. Et l’on apprend - ou on est invité à se rappeler - les conditions d’hygiène régnant respectivement dans les pays asiatiques et en Europe au 18è siècle, lorsque les premiers ne cessaient de se baigner alors que les seconds restaient sales et vivaient à proximité de leurs toilettes, adjacentes à leurs habitations, en dépit ou à cause des odeurs. Procéder à cette comparaison qui va s’avérer défavorable à l’Asie et favorable à l’Europe pourrait être une gageure si on n’était pas capable d’en tirer les causes et les conséquences.

Grandes découvertes ou découvertes utiles ?

D’aucuns, - et Francis Bacon est l’un de ces derniers – les découvertes du monde moderne ont été la boussole, l’imprimerie et la poudre pour faire la guerre. Malgré cette avance qu’on pouvait croire irrattrapable, c’est d’Europe que sont venus les « boosters » qui l’ont définitivement entrainé dans une dynamique de progrès grâce, dit notre professeur à l’ENS, à la rivalité entre ses nations, l’arme de guerre absolue de la poudre, la fragmentation politique, la curiosité condamnée de Galilée et la constitution permanente de coalitions pour abattre les puissances qui étaient près de dominer les autres. Ce modèle politique a été largement copié par l’organisation des industries, qui, sous la houlette du capitalisme, n’a cessé de procéder à « une destruction créatrice, révolutionnant de l’intérieur la structure économique en en détruisant les éléments les plus neufs ».

Détruire et créer

Est-ce que cette succession de destructions et créations configure une violence de plus en plus perceptible dans les attentats du 11 septembre, la constitution des « réseaux terroristes » l’imagerie annexée par une jeunesse aux abois et déboussolée par la cybernétique, la dramatisation permanente sinon excessive de la crise écologique, la prise de conscience réelle ou virtuelle des limites d’une planète solitaire risquant de devenir un monde clos qui devient plus oppressant à mesure qu’on en ressent le risque sinon le danger. A cet égard, considérez simplement la fréquence des références au terme de planète pour désigner notre univers, qualificatif qui n’avait jamais été aussi largement employé et qui désigne magistralement l’inquiétude adressée à un monde fini sinon rétréci.

Questionnement éthique :

1. Y a-t-il un débat éthique quelconque dans cette analyse et cette narration ?

2. Dans quelle mesure, la responsabilité de l’homme est-elle engagée dans le désastre écologique si souvent annoncé actuellement et la difficulté à y être confronté ?

3. Peut-on continuer à laisser la jeunesse actuelle s’enfoncer dans une virtualité déraisonnable contre laquelle la seule défense ne saurait être que le regroupement d’une solidarité soudée par l’amitié et organisée à partir de communautés issues de la fréquentation et du recrutement provenant de sites internet dits "sociaux" ?

4. Quelles sont les ressources mobilisables par les victimes de la violence et des actes de terrorisme venus moins d’une organisation centralisée affichant un objectif précis que d’un réseau aux multiples pseudopodes ressemblant à une nébuleuse si obscure que personne ne peut en dessiner les contours ?