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Un navire en détresse sur une mer houleuse

Surprenants résultats ...logiques ?

lundi 15 mars 2010, par Picospin

Dénoncer une situation signifie-t-il qu’il faille s’engager à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre les actes en conformité avec les affirmations ou au minimum à exprimer à chaque occasion une attitude de réprobation ?

Désir ou croyance ?

Qu’est-ce qui nous interdit de penser que la croyance est susceptible à elle seule de motiver une action sans qu’intervienne le désir ? On peut accomplir des actions par prudence sans tenir compte de nos désirs, de nos inclinations, voire à le faire par opposition contre elles. L’hypothèse avancée par d’autres est qu’une certaine faiblesse de la volonté peut expliquer certains gestes que nous n’accomplissons pas parce que tout simplement nous ne faisons pas ce que nous jugeons bon de faire. En ce cas, la question se pose de déterminer le côté à explorer pour être seulement en mesure de trancher avant de prendre une décision. A ce sujet Socrate se demande si une chose est pieuse parce qu’elle est aimée des dieux ou si les dieux l’aiment parce qu’elle est pieuse.

La chose bonne ou la chose désirable ?

Ce qui en d’autres termes se traduit par la formule « est-ce qu’une chose est bonne parce que nous la désirons ou si nous la désirons parce qu’elle est bonne ». Comme tout le monde admet facilement que nous pouvons nous tromper, c’est parce que nous avons reçu une éducation que nous sommes en mesure de percevoir les propriétés de valeur morale des choses et éprouver un sentiment d’obligation. Il n’y a pas d’incompatibilité entre le point de vue subjectif et objectif, ce qui revient à affirmer que la question précédente dit « de l’Euthyphron » est la cause de l’une des plus grandes dépenses d’énergie sans objet et inutile de toue l’histoire de la discussion. A propos de cette dernière, on peut s’étonner de la manière brutale et cavalière dont certaines individualités ont catégoriquement rejeté toute tentative de discussion avant le second tour des élections actuelles sous le prétexte qu’il s’agissait d’accords souterrains, de mauvais aloi, forcément malhonnêtes et tendancieux ce qui démontre un certain mépris pour les négociateurs de toutes sortes et les condamne d’emblée moralement.

Conséquentialisme

Si l’on s’en tient au conséquentialisme, on aboutit au rejet de toute négociation qui se trouve de fait dans toute tentative de conciliation en vue de la découverte d’un consensus à la base du processus démocratique. D’aucuns ont appelé ce processus une forme de « magouille » ce qui n’ajoute rien au débat sinon l’intention de condamner le vivre ensemble politique. Est-ce que c’est le déni de ce dernier qui a précipité les mouvements favorables au gouvernement dans une des défaites les plus cuisantes qu’ils aient jamais subi quand on prend en compte l’énorme proportion d’abstentionnistes, suggestive sinon signe d’un désarroi majeur de la population et d’un défi envers un gouvernement qui semble, malgré lui, avoir déchiqueté, déconstruit, démembré la structure et le fonctionnement des institutions justement chargées de gouverner, d’administrer le pays, de le réformer, de luis donner une impulsion nouvelle.

Trop d’impulsions ?

Comme cette dernière s’est multipliée de façon anarchique, irrationnelle et inconstante, sans suivi et dans des proportions trop frénétiques pour avoir la moindre chance d’être suivie par le peuple, les conséquences ne se sont pas fait attendre : c’est à une fuite sinon à une débâcle des citoyens que nous avons affaire, dont les retombées risquent de s’avérer dramatiques si la barre faisant voguer le bateau dans toutes les directions sur une mer houleuse n’est pas redressée à temps, en espérant que les pirates ne prendront pas l’équipage hétérogène en otage.

Questionnement éthique :

1. Peut-on appliquer aux résultats de ce premier tour d’élections le proverbe "tel est pris qui croyait prendre" ?

2. Dans proportionnelle, il y a le terme de proportion : n’en manquait-on pas ces derniers mois, ni ces dernières années en raison d’un excès en tout ?

3. Est-ce que Hegel a eu raison d’écrire : "alors que le principe chrétien est celui de la pensée et de la réconciliation, le catholicisme aboutit à une dévalorisation du monde terrestre abandonné à l’arbitraire, à l’érection e l’autorité de l’Eglise, celle de l’état, à une séparation de la nature humaine et de la nature divine" ?

4. A propos de la Réforme il dit "C’est à le contenu essentiel de la réforme. L’homme se détermine par lui-même à être libre". Quelles relations avec l’actualité peut-on y découvrir ?