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Fraudes dans la recherche médicale

Un nouveau Docteur Madoff ?

Comment s’en protéger ?

samedi 21 mars 2009, par Picospin

La question pouvait être posée car cette préoccupation, pour intéressante et pertinente qu’elle soit, ne suscite pas constamment une intérêt primordial dans la population d’une part et chez les lecteurs passionnés ou non par les fraudes, les histoires de détectives, de malversations ou de conduites à risques surtout pour leurs auteurs.

Le Madoff de la science

Voici une nouvelle affaire de ce genre qui nous vient d’Amérique, peu de temps après celle de Madoff qui a secoué l’univers de la finance par l’ampleur de l’escroquerie, le nombre des personnes victimes des malversations et leur qualité puisqu’on compte parmi ses proies, des personnes riches ou très riches, des stars du spectacle, du cinéma et d’autres activités en vue dans la société. On appelle déjà l’auteur de cette fraude d’ordre pharmaceutique le « Docteur Madoff » en souvenir du nom du Monsieur qui, ancien patron du Nasdacq, avait commis d’énormes et de multiples escroqueries qui risquent de lui couter des années d’emprisonnement et de le mettre définitivement à l’abri de toute liberté et de toute velléité de s’adonner à nouveau à des activités interdites par la morale et la loi. La fraude du docteur Scott durait depuis plusieurs années puisqu’il a commencé sa carrière dans cette « profession » dès les années 1996, quand il a entamé son métier d’escroc en médicaments pour une raison qui n’est ni précisée ni justifiée dans les sources qui proviennent dans les rédactions à ce sujet. On peut parier sur les causes habituelles dans ces comportements qui sont l’appât du gain, la recherche de la renommée et de la gloire, le besoin de budgets pour continuer à conduire la recherche ou ses ersatz. Comme le dit le Professeur Ameisen, Président du Comité d’Ethique de l’INSERM, l’institut de la recherche médicale en France, l’éviction des fraudeurs ne suffit pas à rendre la science pure car leurs conséquences sont trop lourdes pour la santé de la population. cette affaire, comme à chaque fois qu’une telle imposture est dévoilée, conduit à s’interroger sur la fiabilité de l’édition scientifique, et en particuliers médicale.

Publier

Selon l’adage bien connu "publish or perish", c’est en effet grâce à la publication dans les revues scientifiques que se construit une carrière. On peut se demander par quels moyens le système éditorial des grandes publications scientifiques n’a pas été alerté, notamment par la productivité de cet anesthésiste. Confiance abusive, et abusée ? Plusieurs études récentes montrent que nombre de chercheurs, à une moindre échelle, profitent des failles de ce système d’autorégulation - souvent considéré comme le moins imparfait, quand on sait comment fonctionne le système de sélection des articles soumis aux revues scientifiques et médicales. Au moins deux spécialistes de la question traitée dans l’article soumis revoient et analysent le travail proposé à la publication ce qui constitué déjà un filtre d’autant plus serré que la concurrence entre scientifiques ne peut que rendre plus compétitive la sélection en vue de publication. Les responsables des publications ne sont pas désarmés devant l’afflux des publications qui parviennent aux rédaction. Ils connaissent la fréquence des fraudes, des plagiats, les supports avoués ou non des grands laboratoires pharmaceutiques puisque pour toutes ces malversations, des études existent qui en montrent l’importance, la périodicité, la récurrence.

Quels comportements ?

Ils sont donc largement prévenus du comportement souvent discutable des auteurs, des chercheurs, des scientifiques qui attendent l’autorisation de publication dans l’excitation de la gloire à venir, des subsides à recevoir et des encouragements à poursuivre leur activité honnête ou malhonnête dans la recherche. C’est dans cet ordre d’idée qu’il convient de revenir à l’origine de cet article. La nécessité absolue de faire appel à l’éthique telle qu’elle est déjà appliquée dans la plupart des pays développés lorsqu’un projet de recherche est envisagé par une équipe répertoriée. Tout programme de recherche est d’abord signalé à une instance éthique qui est chargée de protéger les personnes qui se soumettent à un protocole de recherche biomédical et qui l’enregistrent, la soumettent à leurs experts, la déclarent aux autorités administratives responsables et après avis du Comité d’éthique déclarent que le projet reçoit un avis favorable ou défavorable à une recherche sur un sujet humain. Cette procédure a l’avantage d’être maintenant intégrée dans l’enseignement aux étudiants en médecine qui sont en mesure de valoriser la qualité et l’intégrité scientifique plus que la compétition entre équipes.

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