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Pourquoi en France ?

Un pays déprimé ?

Quelles sont les raisons d’une dépession chronique ?

mardi 26 août 2008, par Picospin

Il apparut bien vite que le mot clef de ces opérations tiendrait dans la magie de celui des « réformes » dont l’urgence était telle qu’on n’avait même pas le temps de réfléchir à ce que l’on allait proposer à un peuple dans l’attente, figé dans le statu quo depuis tant d’années, prostré par l’immobilisme et assoiffé de nouveautés.

Une nouvelle équipe

C’est du moins ce que laissaient entendre les fidèles compagnons et compagnes de la nouvelle équipe élue. On s’attendait à ce qu’elle promulgue lois sur lois, bouleversements sur bouleversements, à ce qu’elle remue le fond de la pensée de ce pays qui avait manifesté depuis si longtemps des plaintes concernant l’immobilisme, la sanctification, le goût des honneurs et de l’honneur. Pendant ce temps, les éléments les plus dynamiques, les plus jeunes, les plus enthousiastes de la population scrutaient l’horizon pour regarder au-delà des frontières de l’hexagone, et distinguer un territoire où le relief serait secoué non par des tremblements de terre mais ni par des éruptions volcaniques mais par des mouvements harmonieux du sol qui lui permettrait de se plier et de déplier au rythme des saisons, des mouvements sociaux ou politiques et des adaptations à la nature commandées par les nécessités de la croissance des jeunes générations. Même si de temps en temps parvenaient des cris d’alarme signalant la position défavorable de l’éducation française parmi ses rivaux de voisinage, même si émanaient des académies des réclamations et des protestations au sujet de l’état de décrépitude de certains équipement et des certaines installations, la nation gardait un certain moral, un certain espoir pour l’avenir.

L’université décapitée

On signalait de temps en temps la forte consommation de médications psychotropes destinées à remonter artificiellement et temporairement le moral des jeunes et des moins jeunes. On voulait bien espérer que cette mauvaise passe ne serait que provisoire et qu’elle s’effacerait bien vite lorsque la crise de l’emploi serait atténuée, que les nouvelles mesures auraient eu le temps de porter leurs fruits et que l’éducation et l’enseignement donnés dans les institutions auraient eu le temps de s’adapter aux exigences des professions. Et voici que l’on entend de loin, venir la plainte de psychiatres qui expriment leur crainte, leur désarroi, leur malaise devant le triste record d’une société française dans laquelle on détecte l’abus de consommation d’antidépresseurs sous la forme d’une surconsommation de ces médicaments. L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a dénombré l’utilisation régulière de médicaments de ce type chez plus de 21% des Français par rapport à 15% chez les Espagnols, près de 14% chez les Italiens, 13% chez les Belges, nettement moins chez les Hollandais et les Allemands (moins de 6%).

Pourquoi les Français

A propos des résultats de cette enquête, on souligne que les troubles mentaux représentent le 4è poste de dépense pharmaceutique de l’Assurance Maladie, au 2è range des prescriptions derrière les antalgiques. Un adulte sur 4 utiliserait ces produits au moins une fois par an alors que leur efficacité n’est pas toujours démontrée face à des études comportant la comparaison avec un placebo. Les signataires de cet appel au peuple, à la médecine, aux pouvoirs publics, aux psychiatres attirent l’attention des prescripteurs et des consommateurs sur la surmédicalisation du mal être et sur l’existence d’alternatives non pharmacologiques largement aussi efficaces et dépourvues d’effets secondaires. Faites une heure de sports au lieu d’avaler gélules ou comprimés avait déjà conseillé il y a longtemps un expert de ces problèmes. D’ailleurs, les auteurs de ces nouvelles recommandations n’on pas manqué de citer parmi les activités de suppléance capables de redresser des situations difficiles l’activité physique et dans un tout autre registre la psychothérapie, la phytothérapie, la relaxation sinon la méditation. Avec ce dernier conseil, nous voilà de nouveau au sommet des montagnes du Tibet où nous aurions plus de chances de rencontrer le dalaï lama qu’à Paris, où après plus d’une semaine d’attente, ce pauvre pèlerin n’avait toujours pas pu rencontrer notre Ministre des Affaires étrangères. En Tant que médecin de formation, il aurait été très intéressé par entendre les paroles du bouddhisme dont la pérennisation aurait couté assurément moins cher que les pilules destinées à guérir les états d’âme des Français.

Questionnement éthique :

1. Quelles peuvent être les véritables raisons du mal être des Français ?

2. Sont-elles liées à un cursus scolaire et universitaire figé et désuet qui ne laisse guère d’espoir de sortie vers une vie professionnelle, hiérarchisée, sociale, dynamique, active, prometteuse d’une amélioration des conditions relationnelles dans l’entreprise, la famille, à travers un acquis culturel enrichissant autorisant une progression pour chacun en harmonie avec ses aspirations, son idéal, la quête de spiritualité ?

3. Pour quelle raison, la France est-elle aussi mal classée dans la quête du bonheur ?

4. Est-ce parce que ses institutions, sa société, sa politique, ses aspirations professionnelles et privées sont verrouillées depuis longtemps sans espoir de changement ?

5. Au travail Mme Paicresse, M. Darcos, M. Sarkozy, Mme Dati avec tous les vœux de bonheur personnel et collectif.