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Un pays qui se croit perdu

vendredi 21 février 2014, par Picospin

Les touristes de passage continuent d’être émerveillés par ce qu’ils y voient en particulier dans les zones dites touristiques qui frappent par leur esthétique, leur beauté classique, ou contraire par l’originalité des créations artistiques.

Une référence

Pour cette raison, il continue d’être présenté comme une référence internationale absolue, renommée conservée malgré les vicissitudes d’une situation, d’un art de vivre réputé, qui peine à remplir son rôle de leader mondial en matière de goût, d’attractivité et de qualité de vie. La réputation dépasse trop souvent la réalité des observations. Comme ce pays a occupé pendant longtemps un rang privilégié dans les domaines de l’art, de la littérature et même des sciences, ses habitants le perçoivent comme référence internationale pour la qualité de son accueil, de son art de la table, de la gastronomie, tous domaines pourtant dépassés souvent par d’autres concurrents qui renouvellent chaque jour leurs offres, leurs présentations et les fruits de leur imagination et créations.

Dépression

Est-ce pour cette raison que le pays donne l’impression d’être déprimé, triste, anomique, alors qu’il bénéficie d’avantages innés et acquis considérables même jugés insuffisants pour tirer de la morosité vers la joie de vivre des habitants et citoyens désabusés, acculés à d’énormes consommations de dépresseurs, de drogues diverses pour tenter d’émerger d’une situation de désespérance et d’échecs répétés. Certains formulent l’hypothèse qu’il ne s’agit que d’un moment défavorable qui a toutes les chances de disparaître comme il est venu. A moins que le mal ne soit plus profond, qu’il se soit ancré dans la mémoire collective d’un vécu qui passe mal.

Une lumière vacillante

Il est possible que toute la lumière n’ait pas été faite ou n‘ait pu être faite sur une succession d’échecs et de défaites qui a été d’autant plus mal vécue que cette nation croit, s’imagine toujours très grande, plutôt au-dessus des autres malgré les démentis qu’elle ne cesse de recevoir de tous les résultats enregistrés lors de compétitions internationales confirmant le rang moyen, sinon médiocre de ses compétiteurs. On préfèrerait les voir aux nues, ils ne sont qu’enfouis dans les profondeurs des classements malgré les efforts louables de modernisation, de mises à jour réalisées par des gouvernants qui peinent à redresser une situation peu adaptée à la vie moderne.

Inadaptation

C’est le cas de l’enseignement resté figé dans les schémas rigides des cours magistraux, où la parole est rare sinon exclue, de l’inventivité qui éclate hors des frontières de l’hexagone lorsqu’elle est promue par ses citoyens forcés à l’émigration pour changer une atmosphère confinée en un climat plus vivifiant. Ce ne sont ni les déclarations intempestives, ni les enthousiasmes éphémères, ni les drogues de rencontre qui vont remédier à cette situation, mais le regard objectif porté sur un passé incertain, parfois douloureux et l’acquisition d’une humilité incompatible avec les illusoires instants glorieux de l’histoire, celle qui permet de regarder la vérité en face, sans honte, sans regrets et sans inutile culpabilité.