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Elections municipales en France

Un poste ministériel n’est pas suffisant ? Cherchons celui de Maire...

Commentaires américains sur les prochaines élections municipales en France

dimanche 13 janvier 2008, par Picospin

La ministre de la justice veut devenir maire, la ministre des finances aussi et même celle de la culture de même que le port paroles du gouvernement. La course aux mairies n’a pas encore commencé en France que déjà les deux tiers des membres du gouvernement du Président Sarkozy se sont mués en hommes politiques à temps partiel et déclarent qu’ils méritent tous de devenir des conseillers municipaux pour servir la France. Certains, comme le Ministre de l’Education Nationale sont Maires et se présentent déjà pour être réélus. D’autres comme le Ministre du Budget sont d’anciens maires qui souhaitent retrouver leur poste.

Le droit du sol

C’est une façon de rester en contact avec la terre selon la phrase prononcée par le Ministre du Travail, Xavier Bertrand, qui brigue le poste de maire à St Quentin, ville du nord-est de la France. Cette quête de carrières est ce que l’on appelle le cumul des mandats que des personnages officiels n’hésitent pas à solliciter de la part de leurs électeurs. Ce fut le cas de Jacques Chirac qui a longtemps occupé les postes de premier Ministre et de Maire de Paris. C’est aussi une façon de garder le pouvoir au sommet de l’état d’autant plus qu’il convient de se souvenir que la France est une sorte de Monarchie élective, selon les propres paroles de M. André Santini, l’actuel Ministre de la fonction publique. Ce mode d’organisation favorise l’absentéisme puisque tous ces postes sont supposés être occupés à plein temps. Pour d’autres comme le Premier Ministre, cette stratégie électorale favorise la politisation des élections.

Politisation

Sur quoi, M. Sarkozy répond qu’il veut jeter ses forces dans la bataille car le concept même de dépolitisation est absurde et nous serait durement reproché. A Paris, cette forme de stratégie prend des formes aigues car chaque arrondissement élit son propre Maire ce qui a incité le pouvoir à présenter partout un candidat de haut niveau du gouvernement. Pour d’autres, les opposants socialistes, cette tactique est une vision archaïque de l’exercice du pouvoir. Une des décisions les plus étranges qui ait été prise est celle de présenter la Ministre de la Justice, Rachida Dati, dans le 7è arrondissement, elle qui a été massivement critiquée pour avoir posé dans Paris Match avec une robe de Dior et des bottes noires. Pour beaucoup, cette silhouette n’est pas parfaitement assortie au type de population qui habite dans ce secteur. Elle concourt pour prendre la place d’un ancien maire qui connaît tout le monde dans le quartier et chante même tous les Dimanche à la Messe de 11 heures. La tradition veut que les serviteurs de l’état ne soient officiellement nommés qu’après avoir été élus par le peuple. Le fait d’avoir occupé un poste officiel donne à ces personnes leur légitimité pour retrouver une situation comparable à celle qu’ils ont abandonné en entrant au gouvernement. Cette façon de procéder est moins humiliante que de retourner à une occupation d’ordre privé.

Cumul des mandats en France

La France autorise ses hommes politiques à occuper plusieurs postes ce qui est le cas de 85% d’entre eux par rapport au petit nombre existant en Italie, au Royaume Uni ou en Allemagne. Un ministre ne peut être à la fois député ou Sénateur mais peut occuper le poste de Maire ou de Président de Région mais en aucun cas ne saurait être autorisé à rester Député Européen. Dans le gouvernement Sarkozy, la situation est différente au point que la victoire dans une élection est équivalente à un succès et que la défaite correspond à la perte de son poste au gouvernement. Lors des précédentes élections, les ministres qui avaient été battus aux élections ont été obligés d’abandonner leurs postes comme ce fut le cas pour Alain Juppé. Lorsque vous êtes battu, vous devez vous en aller car vous avez perdu la confiance des électeurs a sèchement répondu M. Fillon. La décision par M. Sarkozy de présenter des candidats aux Mairies et de les faire évaluer par une entreprise privée qui remet une carte des performances a été sévèrement critiquée. Toutefois, il s’est bien gardé de préciser quelles seraient les conséquences de ces mesures pour ceux qui perdent les élections municipales.

Questionnement éthique :

1. Comment peut-on décemment bien travailler et consacrer suffisamment de temps à la réflexion quand on occupe plusieurs fonctions qui exigent déplacements, réunions diverses, vie mondaine et débats politiques ?

2. La vie de l’homme politique exige une vie mondaine qui prend beaucoup de temps. Comment peut-il s’y prendre pour consacrer assez de temps à l’élaboration de ses concepts sur les problèmes permanents qui se posent à lui ?

3. Comment analyser l’appétit de pouvoir qui saisit certaines personnes ?

4. Est-ce que le fait de parvenir à leur but les rend plus heureux, parce que soit il satisfait leur ego et leur narcissisme soit il leur permet de se mettre à la disposition d’autrui ce qui est une autre façon de sortir de soi pour aider l’autre ?

5. Est-ce que l’exercice de l’activité politique peut être considéré comme un altruisme ?