Ethique Info

Accueil > Sciences > Un projet appelé ITER

Inutile, nocif ou porteur d’espoir et de retombées ?

Un projet appelé ITER

Que choisir ?

dimanche 26 décembre 2010, par Picospin

Comme tout concept original, nouveau et prometteur à distance, il génère louanges et critiques de la part des optimistes et des pessimistes. Pour les premiers, il serait promis à un grand avenir, celui de créer une énergie comparable à celle du soleil, pour les autres il ne servirait que de tonneau des Danaïdes dans le but de cultiver des espoirs insensés à un horizon temporel trop éloigné dans le temps pour recueillir des résultats matériels immédiatement applicables pour fournir à notre planète la totalité de l’énergie « propre » dont elle aura besoin à l’horizon des années 2100.

Cet éparpillement des opinions favorables et contraires montre bien les écarts de l’opinion au sujet de la pertinence à construire ex-nihilo un engin « démentiel » qui en effraie plus d’un et en terrorise d’autres par l’ambition du projet scientifique et la hauteur de la barre pour rivaliser avec l’énergie solaire. C’est tout juste si on n’est pas revenu au temps des mythes grecs depuis la puissance de Zeus, la force de Prométhée avec sa foudre dérobée ou celle de Jupiter qui entre parenthèses rime avec Iter, un heureux ou malheureux hasard sans doute. ITER qui devait, selon ses concepteurs, être achevé en 2019, soit trois ans de retard sur l’agenda initial, va être à nouveau décalé en février 2010, les délais s’étant avérés trop optimistes. Le budget, initialement estimé à 10 milliards d’euros (50 % pour la construction et 50 % pour l’exploitation), va subir une augmentation de 3 milliards[5] à 20 milliards [6]. En juin 2009, la BBC a affirmé que le coût du projet a doublé par rapport à l’estimé initial, passant à 16 milliards de dollars, ce qui pourrait inciter les responsables du programme à diminuer de façon notable la taille du projet. Basé sur les technologies utilisées dans les tokamaks qui ne produisent pas d’électricité non plus, le prototype ITER ne produira pas d’électricité, mais de la chaleur avec une puissance thermique de 500 MW. Mais ITER doit tester les technologies nécessaires à la fabrication du réacteur expérimental DEMO (d’une puissance prévisionnelle de 1 500 MW électrique), dont l’objectif sera de démontrer la faisabilité industrielle de la production d’électricité par la fusion nucléaire. Un autre projet vise à tester la possibilité de retirer de l’énergie utile de la fusion nucléaire, HIPER (pour High Power Laser Energy Research), avec un budget initial estimé à 600 millions €. Il est étrange qu’un scientifique doublé d’un philosophe comme Etienne Klein, auteur d’un ouvrage récent sur l’origine du monde ait cru devoir garder le silence sur un sujet aussi chaud – si l’on peut dire - que celui de ce projet. Peut-être ne peut-il s’exprimer comme il le voudrait, librement puisqu’il est sans doute soumis à une obligation de réserve de la part de son employeur le CEA qui dans cette affaire est placé en situation de conflit d’intérêts, étant juge et parti. La décision d’embarquer les nations impliquées dans le développement de techniques d’avenir pourrait tout aussi bien s’appuyer sur le pari de Pascal bien connu des candidats eu Baccalauréat en philosophie. Il suffit de remplacer la probabilité de la non-existence de Dieu par celle d’un échec du projet ITER pour disposer d’arguments nécessaires et suffisants permettant de s’engager dans son exécution. Sa position est plus favorable que celle de Dieu si l’on peut s’exprimer ainsi. L’engagement dans ce processus, même en cas d’échec, pourrait au pire, receler des avantages, des retombées intermédiaires qui sont loin d’être négligeables pendants la longue durée de la période comprise entre son début et sa terminaison. Il est susceptible de fournir du travail à ceux qui n’en ont pas, qui en cherchent un meilleur ou qui peuvent profiter de l’occasion pour améliorer leurs connaissances, leur savoir faire et leur faire savoir. On sait que tout projet logiquement mené est porteur de découvertes et d’innovations inattendues dont les prolongements ont toutes les chances d’aboutir à la mise en route de développements ici ou ailleurs dans le domaine de la technologie, de l’écologie sinon de l’éducation. Le dernier argument n’est pas le moins valorisant. C’est celui d’engager au niveau mondial une fraction de la population dans un projet dont l’ampleur, l’originalité, l’invention, les perspectives l’ambition sont capables de « booster » une civilisation sur le déclin, vers des sommets dont l’inaccessibilité n’empêche pas le désir de l’ascension. De Gaulle en son temps, avait proposé et mis en route des chantiers qui on engagé le pays dans l’espoir, la réalisation et des retombées intermédiaires qui se sont appelées Concorde, Airbus, nucléaire. Sans vouloir le remplacer par Dieu lui-même, ces perspectives ont ressuscité un pays qui avait perdu la guerre sans la gagner et gagné des batailles sans les perdre. Il suffit, pour être plus convaincant de remplacer l’énergie d’un leader et d’un peuple par celle de Dieu pour en tirer l’équation suivante finale : Même si la probabilité de la non-existence de Dieu est plus forte que la probabilité de son existence, l’argument du pari demeure valable. Pascal le montre en recourant à un jeu de hasard comme la roulette dans laquelle il y aurait trois fois plus de nombres rouges que de noirs mais où le gain prévu pour les nombres rouges est cent fois plus petit que pour les noirs. Dans ce cas, le pari le plus rationnel est de choisir les noirs.
- Rouges (probabilité de ¾) : gain de 10 euros si ça tombe sur un nombre rouge.
- Noirs (probabilité de ¼) : gain de 1000 euros si ça tombe sur un nombre noir.
De même, s’il y a peu de chances que Dieu existe compte tenu des indices dont nous disposons, le choix le plus rationnel est tout de même celui de la foi car le gain qu’il permet est infini (c’est la vie éternelle). Il s’agit d’un gain infiniment plus grand que celui du pari contraire.