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La Louve Romaine ou Pythagore

Un regard sur l’autre

L’autre, c’est aussi parler sa langue

samedi 24 avril 2010, par Picospin

Dans cette quête de la vérité, des remarques pertinentes et des paradoxes qui attirent la clientèle de la télévision, des journaux et des opinions changeantes et radicales, il travaille surtout à sa propre gloire qui est avant tout de faire parler de lui, de cultiver son ego et de le faire fleurir, surtout au printemps où il sent bon et porte l’espérance.

Un journaliste curieux

Cette attitude positive devant la vie qui se profile à l’horizon sans faire plaisir au citoyen français, constitue le fond de l’interrogation portée par ce journaliste qui cherche continuellement et désespérément à atteindre la gloire sans s’en donner les moyens. Ses positions manquent de logique, d’une ligne de conduite qui permette de les intégrer dans un ensemble plus vaste. Elle pourrait être nantie d’une direction, d’un sens pour constituer une rationalité différente des égarements de circonstance. C’est parfois le cas au sujet de positions politiques mal définies et décrochées d’une argumentation déductive prenant ses racines dans on ne sait quelle origine romaine. Elle pourrait être vieille de 2000 ans, en passant par un empereur ayant donné à la France le Code Civil mais des millions de morts et une population exsangue. Manier la dialectique serait un exercice salutaire pour ce journaliste fou de politique qui la manie avec virtuosité sans parvenir à lui donner une construction cohérente.

Se comparer à l’autre

Ce qui manque le plus à l’ensemble des analystes de ce pays complexe parcouru de contradictions, c’est la comparaison avec l’autre pour être rassuré d’un rang imaginaire de leader, inutile en pratique. La France à une passion maladive pour le classement depuis l’école primaire jusqu’aux grandes écoles qui attribuent des nano points à des individus pour les faire accéder au sommet. Une fois grimpé sur cet échafaudage fragile et inutile, peu sont ceux capables de s’y maintenir en raison des fatigues accumulées pour y accéder. C’est l’inverse qu’il faudrait promouvoir et organiser. Eviter les effets du surentrainement pour parvenir près du but au mieux de sa forme comme le fait n’importe quel sportif de compétition avant d’être pris dans le filet des loisirs qui dissolvent ses forces et ses ambitions. On se demande si les modèles des champions qui lâchent une vie prometteuse ne renvoient pas l’image des élites de la nation, capables du meilleur et du pire, faute d’une tranquille assurance, sinon sérénité.

De nombreux touristes

Les touristes étrangers qui font un tour plutôt bref dans l’hexagone se demandent avec curiosité les raisons du mécontentement permanent des citoyens de ce pays, pourvus de nombreux avantages mais éternellement bougons. Ils présentent un visage figé, mélancolique comme le signale notre écrivain journaliste, grand amateur de plateaux de télévision même s’il y côtoie chanteurs sans voix et sans musique, paroliers sans poésie et conférenciers sans thèmes. Que Rome soit responsable de tous les malheurs du pays est une hypothèse assurément astucieuse mais pas assez pertinente. Une louve romaine pareille à un bouc émissaire, aussi fragile que le rêve impérial français et qui ne peut exhiber dans une Europe dynamique que l’image d’un chef d’état gominé se délectant des inconstantes productions d’une équipe de football endettée pour des siècles. Pour quelle raison, notre homme de gout n’a-t-il pas fait appel à la Grèce qui avait laissé d’autres traces que des légions assoiffées de victoires, de dominations et de législations. Il est vrai que dans ce domaine, la France n’est guère en retard, qui promulgue une loi tous les deux mois pour éviter qu’elle ne soit jamais appliquée.

L’oeil dans le trou de la serrure

Pour toutes ces raisons les responsables du pays auraient grand intérêt à regarder par le trou de la serrure sur les voisins limitrophes pour deviner comment les choses se passent ailleurs, comment on y éduque les enfants, comment on y sourit entre voisins, comment on y cultive son jardin même si celui de Voltaire a disparu depuis longtemps. Pour cet exercice et cette épreuve de vérité, il faut un instrument qui s’appelle la possession d’une autre langue que la sienne. Malheureusement, l’enfermement dans la tristesse, l’envie, la jalousie et la hargne est tel que l’utilisation de la langue de l’autre est aux yeux des dominants, impensable, dégradante, asservissante sinon fatigante.
Est-ce pour cela que « votre fille est muette ?"