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A propos du bien mourir : des débats apaisés à l’Assemblée Nationalee

Un surmoi efficace

Comment aider à le réaliser ?

vendredi 13 mars 2015, par Picospin

Cette fonction protège encore beaucoup des habitants de notre planète de la tuerie infligée aux autres voisins depuis que nos frères se sont arrogés le droit d’organiser le globe selon la loi du plus fort. Restait le surmoi, porteur du fameux principe de précaution qui empêche, retarde ou efface l’instinct du meurtre.

Les conflits armés pardonnent les meurtres

Ainsi, voit-on moins de crimes comme ceux perpétrés à l’occasion de ce que l’on appelle volontiers les conflits armés au cours desquels on tue allègrement sous la protection d’un surmoi qui, soudain, autorise l’interdit absolu du meurtre. C’est qu’à ces moments, il est entré en compétition avec une idéologie, un mimétisme, une action de masse qui incite à tuer l’autre sous la bénédiction d’une cause majeure, plus grande que celle de l’interdit absolu de tuer, lui aussi légué à la mémoire collective qui se charge de réfréner les instincts de supprimer autrui au bénéfice de ses ennemis.

Intervention du "surmoi"

Le Surmoi est un concept psychanalytique élaboré par Freud qui est, avec le Ça et le Moi, l’une des trois instances de la personnalité. Il désigne la structure morale (conception du bien et du mal) et judiciaire (capacité de récompense ou de punition) de notre psychisme. Il répercute les codes de notre culture sous la catégorie de « ce qu’il convient de faire » et la domination d’une instance sévère et cruelle, formée d’injonctions qui contraignent l’individu. Cette instance est convoquée plus souvent qu’on ne croit à l’occasion de circonstances particulières comme celle surgie actuellement des débats concernant la fin de vie.

Les débats de fin de vie

A l’orée ou au cours de cette phase pénible de la vie, peut-on ou doit-on précéder l’advenue de celle qui suit normalement et habituellement la première dans le but ou sous le prétexte de la raccourcir pour hâter la survenue de la mort ? Certains prennent prétexte de ce destin tragique de l’homme pour accuser ses frères de vouloir débarrasser la planète des inutiles qui l’encombrent, dont l’entretien coute cher, d’autant plus que sa mutualisation n’empêche nullement de vouloir faire des économies à ce sujet quand les denrées se font rares et les moyens de les acquérir encore plus précieux.

Prime à l’économie

Ne riez pas, cette argumentation est encore avancée dans nombre d’interventions que l’on peut lire sur des blogs ou de publications sur l’internet. Ces positions pour le moins exemptes de générosité sont heureusement moins fréquentes que toutes celles qui s’expriment dans les témoignages de l’entourage familial des mourants. Chez eux, la compassion, le désir d’aider, de soutenir, d’accompagner se manifeste avec une solidarité qui stimule la satisfaction du désir des autres de venir au secours de ceux qui sont et seront promis au même destin, c’est à dire à nous tous. Ces sentiments sont reconnaissables quand on analyse les dits et les non-dits des discutants prenant part ou intervenants dans les débats relatifs à la fin de vie et dont les rapports et comptes rendus sont pleins sinon saturés de ce touchant rapprochement avec autrui au moment où il quitte la vie.

Euthanasie taboue

C’est un des problèmes récurrents posés à l’occasion des échanges consacrés à l’euthanasie, concept à la limite du tabou car trop proche de la transgression du meurtre. Sauf au moment où le mourant revendique pour lui-même le droit à la liberté de décider du sort de son corps, à l’exemple de l’acte d’avortement qui avait fait couler tant d’encre au moment où le législateur s’est penché sur l’autorisation ou l’interdiction de ce droit à exercer pour les femmes. Maintenus sous la pression de ce choix tragique, les responsables du calendrier de la vie et de la mort ont oublié de se consacrer à la manière de distribuer les soins palliatifs, thème essentiel de la question sur la fin de vie et les mesures à prendre pour la rendre apaisée, indolore et la maintenir dans un équilibre acceptable entre sommeil, conscience intacte ou diminuée et approche de la finitude.

Une thèse accidentée, cruellement blessée

Toutes ces questions étaient prêtes à être présentées en vue d’en débattre dans une thèse qui devait être soutenue fin décembre 2014 quelque part du côté de la Sorbonne. Malheureusement, elle a été accidentée ce qui a conduit à son hospitalisation d’urgence dans un service spécialisé où les soignants l’ont accompagnée des soins palliatifs à sa sortie vers une possible guérison miraculeuse dans le domaine de la médecine plus curative où de minimes interventions de petite chirurgie pouvaient, espérait-on, lui rendre sa bonne santé sinon sa vitalité.