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Surprenantes découvertes des sondes américaines à propos du système solaire

Un système solaire rond comme une orange ou ovale comme un oeuf ?

Où est la vérité ?

dimanche 6 juillet 2008, par Picospin

Platon (-426, -346), disciple de Socrate et fondateur de l’Académie d’Athènes, plus philosophe que mathématicien, s’interrogea sur le problème des mouvements circulaires et uniformes, centrés sur la Terre susceptibles de sauver les apparences " des mouvements célestes observés ? Eudoxe de Cnide (406-355 avant J.C.), mathématicien disciple de Platon conçut le premier modèle mathématique basé sur les principes de Platon qui est une juxtaposition de 7 sphères emboîtées les unes dans les autres, chacune étant entraînée par le mouvement en 24h de la sphère des étoiles " fixes ".

Aristote

Aristote (384-322 av. J.-C.), le plus grand savant de l’Antiquité, aborde l’astronomie, la physique, la botanique et la médecine. Il développe un modèle physique, fondé sur l’observation et la perception intuitive des phénomènes, dont l’influence sera déterminante pour les siècles à venir. Sa conception de l’Univers est basée sur 3 principes fondamentaux qui sont la Terre immobile au centre de l’Univers, la séparation absolue entre le monde terrestre imparfait et changeant et le monde céleste parfait et éternel et les mouvements célestes possibles qui sont les mouvements circulaires uniformes. La Terre immobile est faite des quatre éléments eau, air, terre et feu. Il pense que la Terre est immobile car si elle était en mouvement, nous devrions en ressentir les effets. Le ciel parfait est fait d’un cinquième élément (la " quintessence ") : l’ether. Il décrit la mécanique céleste comme un système de sphères emboîtées mais en lui donnant une cohérence " physique ", c’est à dire en considérant un seul et gigantesque emboîtement de 55 sphères centrées sur la Terre au lieu de 7 systèmes indépendants. La sphère extérieure est bien entendu toujours celle des fixes. Cette hypothèse présentait le défaut majeur de ne pouvoir expliquer les variations d’éclat des sphères au cours de l’année, car dans ce modèle les planètes étaient supposées se tenir à une distance constante de la Terre.

Athènes et Alexandrie

L’influence d’Athènes va diminuer au profit du nouveau et brillant centre culturel qu’est Alexandrie en Egypte où autour du Musée et de la Grande Bibliothèque vont se regrouper les plus brillants savants qui firent la première mesure précise du rayon terrestre, premier calcul mathématique de mesure dans le système solaire. Il s’avéra exact avec un rayon terrestre de 6500 kilomètres. L’astronome alexandrin Claude Ptolémée (100-170) fait la synthèse de tous les travaux de ses prédécesseurs , y compris Hipparque et les parachève en proposant un système physique et mathématique du ciel qui restera incontesté pendant près de 14 siècles. Tous les travaux astronomiques de Ptolémée sont regroupés dans un seul ouvrage majeur, la "grande syntaxe mathématique", plus connu sous le nom arabe de l’Almageste qui reprend la vision aristotélicienne du monde physique, avec les mêmes dogmes et principes de la dichotomie Terre/Univers et de l’immobilité de la Terre. . Il rejette le modèle des sphères emboîtées, se place dans la continuité des systèmes d’Apolonius et d’Hipparque, perfectionne ces modèles en introduisant la notion d’un point fictif symétrique de la Terre par rapport au centre excentrique de l’orbite d’une planète. Le mouvement de cette dernière est alors circulaire autour de l’excentrique, mais uniforme autour du point équant. Le système résultant est complexe, mais d’une précision mathématique si remarquable que le modèle de Ptolémée permet de prédire des éclipses de Soleil et qu’il ne sera pas remis en cause avant le XVIème. Des millions de manuels scolaires et d’ouvrages de vulgarisation scientifique devront être corrigés. Contrairement à ce que les astronomes croyaient depuis des décennies, notre système solaire n’est pas rond mais ovale.

Copernic, Bruno, Galilée et l’Inquisition

Cette observation vient prendre place dans les étapes successives des études du système solaire qui, après la renaissance émaillent l’histoire de son décryptage avec les figures exceptionnelles de Copernic qui remit l’héliocentrisme en lumière, Tycho Brahe qui observa la supernova de 1972, de Giordano Bruno qui défendit la pluralité des mondes, s’attirant les foudres de l’Inquisition, Galilée, énorme physicien qui démontra l’invariance de l’accélération dans le champ de pesanteur terrestre. L’accélération de l’histoire et du nombre des connaissances nécessaire à la démonter ne permet plus d’être exhaustif dans l’énumération des savants qui ont contribué à décrypter les mécanismes du fonctionnement de l’univers d’autant plus que celui-ci serait en expansion ce qui empêche de concevoir toute construction finie ou définitive. « On pensait que tout était symétrique et simple. En fait, c’est comme si une main poussait sur un bord du système solaire », a déclaré un chercheur au Centre de la Nasa, après des observations relevées à partir de données transmises par la sonde américaine Voyager 2, qui se trouve actuellement aux confins du système solaire, à un peu plus de 12 heures-lumière de la Terre (12,5 milliards de kilomètres). Lancé en 1977, avec son compagnon Voyager 1, pour étudier et observer les planètes Jupiter et Saturne, ce vaisseau s’éloigne de nous depuis trente et un ans à la vitesse de 17 kilomètres par seconde. L’été dernier, il a franchi le « choc terminal », là où les vents de particules émises par le Soleil sont brutalement ralentis par le champ magnétique interstellaire. Au-delà de cette zone frontière, l’influence des vents solaires diminue avant de disparaître au niveau de l’héliopause, qui marque la limite extérieure de notre système planétaire. Ce choc peut être comparé à la rencontre entre le flux d’eau centrifuge d’un robinet à la surface d’un évier et du reflux de l’eau accumulée sur ses bords, selon une série d’articles consacrés à cette découverte surprenante et publiés dans la revue Nature. Enveloppé dans une gigantesque bulle appelée héliosphère, qui va bien au-delà de l’orbite de Pluton, notre système solaire s’étend sur une distance de 150 fois celle de la Terre au Soleil (20 milliards de kilomètres).

"Voyager"

La sonde Voyager 1 avait déjà franchi le « choc terminal » en décembre 2004. Mais ses instruments nécessaires pour mesurer la vitesse, la densité et les températures des vents solaires n’étaient plus en état de marche. Les astronomes de la Nasa ont eu la surprise de découvrir que les deux engins ont atteint cette zone limite alors qu’ils se trouvaient à des distances différentes du Soleil. Voyager 2 a franchi la lisière sud du système solaire alors qu’il se trouvait dans une position éloignée de 12,5 milliards de kilomètres de notre astre, soit 1,6 milliard de kilomètres de moins que son jumeau Voyager 1 parti dans la direction opposée. Selon des responsables du programme, il semble que le champ magnétique interstellaire de la Voie lactée frappe le système solaire avec un angle différent au sud et au nord, sans doute en raison des turbulences liées à des explosions d’étoiles. Les deux sondes mettront encore plusieurs années avant de sortir définitivement du système solaire et de poursuivre leur lointain voyage sans retour.