Ethique Info

Accueil > Sport > Un tour de cochon ?

Dopage : quelle histoire !!!

Un tour de cochon ?

Scier une branche sur laquelle sont assis sportifs, spectateurs, sinon patriotes ?

vendredi 18 juillet 2008, par Picospin

C’est maintenant depuis des années que les responsables de cette « grande boucle » et d’autres courses cyclistes essaient d’extirper le « mal » qui y sévit sous la forme de la consommation de produits ingérés ou injectés en vue d’améliorer les performances des coureurs.

Doper=Tricher ?

A ce niveau on ne sait qui triche, qui ne triche pas, qui échappe aux contrôles ou qui est assez malin pour passer à côté de ces prélèvements de sang ou d’urine qui attestent de la « faute grave » commise qui soulève l’indignation des honnêtes gens, de ceux qui pensent qu’on ne saurait échapper à la justice tout simplement parce que ce sont des choses qu’on ne fait pas, qui ne se font pas. Au nom de quoi et de qui ? Si l’on pose cette question, la réponse est plus difficile à obtenir et la sensibilité à l’injustice plus compliquée à démêler. Est-ce que cette tricherie est plus répréhensible qu’une autre, que celle de copier sur son voisin pour lui voler la place qui permet d’accéder définitivement à une profession de haut rang et pour toujours, dans le système français ? Qui n’a jamais copié sur son voisin, camarade d’école ? Qui n’a jamais « oublié » de payer ses impôts ou d’en payer le moins possible sinon de se réfugier dans un pays voisin pour leur échapper ? Qui s’est révolté contre la décision venue d’on ne sait où qui met en cause le personnage si populaire de Bernard Tapie qui a un peu oublié de s’acquitter de sa dette envers la nation et qui, après avoir faussé des résultats dits sportifs qui avaient une importance au moins égale à celle d’un classement de course cycliste, vient de gagner quelques millions tombés non du ciel mais d’une manne aux initiales inconnues capable de lui attribuer royalement un dédommagement pour une maltraitance venue possiblement d’une banque dépositaire des valeurs de ses compatriotes ?

Qui triche et qui ne triche pas ?

Acheter des arbitres, fausser des résultats en faisant croire au bon peuple réuni dans l’enthousiasme autour des terrains de football que de vrais buts avaient été marqués, que tout le monde avait donné le meilleur de lui-même, est-ce de la tricherie et si oui, est-ce plus grave ou moins grave que de modifier sa numération globulaire et sa formule sanguine éventuellement sous l’effet de l’injection d’un produit fabriqué par son propre organisme et stimulé par son action comme le fait la raréfaction de l’oxygène dans l’air respiré dans les hautes altitudes ? Demandez aux Incas ou aux Péruviens ce qu’ils en pensent, eux qui sont depuis des générations soumis à ces conditions de « soif d’air » qui bronzent leur teint et cyanosent leurs lèvres. Ou demandez aux Kényans ou aux Ethiopiens comment ils font pour gagner toutes leurs courses à pied, leurs marathons interminables à la barbe des pauvres « infirmes » restés au ras du sol, à 0 mètres d’altitude.

Altitude des sommets mais non des valeurs ?

Pourquoi ne dit-on rien quand des entraineurs sportifs et non des moindres emmènent leurs ouailles au sommet des Alpes avant de redescendre dans la vallée pour les faire profiter au maximum de leur « cure d’oxygénation » qui n’est rien d’autre qu’une recharge d’oxygène consécutive à sa raréfaction et qui incite l’organisme à fabriquer beaucoup d’hémoglobine pour capter beaucoup de cette substance et l’apporter au muscles des jambes, du cœur, du thorax pour que les « frappes » soient tonitruantes et les mouvements plus rapides que l’éclair ? A ce moment, tous se prosternent devant l’idole qui vient de sauver une équipe, le prestige d’un pays sinon le sort d’un entraîneur. Beaucoup de questions, peu de réponses ? Que faire de ce fatras moralisateur ? Se taire ou ne pas cesser d’en parler ?

Questionnement éthique :

1. Comment sortir d’un débat et d’une interrogation qui met en cause la dimension des efforts exigés de professionnels du cyclisme et d’autres sports de compétition et l’inadéquation de leurs moyens pour les remplir ?

2. Purifier provient d’une intention éthique louable à condition que les organismes et les caractéristiques physiques, sportives et morales des hommes soient en mesure de répondre aux critères requis par le niveau élevé, parfois surhumain, des compétitions comme le montrent les nombreuses incapacités, lésions et handicaps résultant d’entrainements excessifs, répétés au-delà des possibiliutés physiologiques des sportifs dits de haut niveau ?

3. Pour quelle raison l’opprobre de la société se porte-t-elle sur les cyclistes qui sont souvent issus de milieux modestes et qui trouvent dans leur sport le moyen de faire fonctionner l’ascenseur social ?

4. N’y a-t-il pas moyen de distinguer parmi les drogues dopantes celles qui aident l’organisme à améliorer ses performances et celles qui exercent leur effet sur des cibles de l’organisme situés en dehors de la sphère physiologique ?

5.Pour apporter plus d’eau au moulin de cette discussion, n’est-il pas intéressant de prendre l’avis d’une personne qui s’est impliqée dans les problèmes de dopage qui ont infesté les tours de France. Marie-George Buffet, 59 ans, est secrétaire nationale du Parti communiste français, députée de la Seine-Saint-Denis. Elle a été ministre des sports de 1997 à 2002 et auteur de la loi antidopage de 1999. "Le Tour est une vieille histoire marquée par un peuple qui vit au bord des routes. Malgré tous les problèmes de dopage, on a envie d’y croire même si on y croit moins. Mais il faut se battre pour le Tour ! Je ne me résigne pas, même si j’ai des doutes : dix ans déjà depuis l’affaire Festina, c’est long, je savais que cela allait prendre du temps. J’espère qu’on va y arriver.Marie-George Buffet, 59 ans, est secrétaire nationale du Parti communiste français, députée de la Seine-Saint-Denis. Elle a été ministre des sports de 1997 à 2002 et auteur de la loi antidopage de 1999. "Le Tour est une vieille histoire marquée par un peuple qui vit au bord des routes. Malgré tous les problèmes de dopage, on a envie d’y croire même si on y croit moins. Mais il faut se battre pour le Tour ! Je ne me résigne pas, même si j’ai des doutes : dix ans déjà depuis l’affaire Festina, c’est long, je savais que cela allait prendre du temps. J’espère qu’on va y arriver. J’ai envie que le cyclisme soit au-dessus de tout soupçon. Un sport où les coureurs doivent accepter de perdre, de se blesser, d’aller moins vite sur les cols… Est-ce que tout cela dénaturerait l’épreuve ? N’oublions pas, les outils juridiques existent pour que le sport ne soit plus emporté par ces scandales. Je pense qu’il faut aussi limiter l’"espèce sportif", accepter qu’il y ait des records qui ne pourront plus être dépassés. Le haut niveau, ce n’est pas seulement battre des records, c’est aussi la beauté du geste… C’est probablement une vision trop idéaliste. On peut éviter ces mauvaises surprises en limitant l’argent dans le sport. Il faudrait le reconnaître comme une "spécificité", comme on a pu le faire pour la culture. Le sport n’est pas une activité industrielle comme les autres, les sportifs doivent être protégés du tout-marchand. Pour cela, il faut une volonté politique qui doit aussi être pensée au niveau de l’Union européenne."