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Une Europe en plein boum ou en implosion ?

vendredi 30 avril 2010, par Picospin

Peut-on faire redoubler la Grèce, l’Espagne ou le Portugal pour n’avoir pas assez travaillé pendant l’année scolaire ? L’hypothèse serait envisageable si une quelconque récompense devait sanctionner cette nouvelle ardeur au travail et aux révisions avant de repasser devant une Communauté Européenne aux abois, inquiète par le comportement répréhensible de son élève récalcitrant.

Chahuts

En classe, les cancres, rassemblés au fond de la salle, près du radiateur quand il fait froid, ne cessent de chahuter au lieu de travailler, de jeter des boules puantes au lieu de ramasser les sacs pleins de déchets et de papiers froissés et d’émettre des bruits incongrus au lieu de réciter à haute et intelligible voix les commandements qui font de chaque mécréant un membre actif, obéissant et prompt à obéir aux injonctions du maitre, représentant qualifié de l’instruction publique et détenteur de la vérité que nul ne saurait contester. Dans le langage employé par les dignitaires de l’enseignement, le terme de dégradant est utilisé en place de celui habituellement attribué au mauvais élève dont les notes ne cessent de baisser jusqu’à atteindre des niveaux tels qu’aucun secours ne saurait lui être apporté sous peine d’influencer négativement la moyenne de la classe et par là de minimiser les mérites éventuels des enseignants et enseignés jusqu’à porter atteinte à la réputation de la formation, de l’enseignement, de la discipline et des qualités pédagogiques de l’institution.

Europe

Il se trouve que dans le cas qui nous préoccupe, il s’agit de l’Europe dont quelques-uns sont fiers et sur le bateau de la quelle des nations sont embarquées qui n’ont nulle envie de couler et de périr en mer, au risque de se faire avaler par quelque requin en chasse. Dans cette communauté menacée de partout, d’inondations, de surpêche, on serait tenté de se livrer à des gestes d’exquise politesse afin d’inciter les plus généreux et les plus volontaristes à passer devant pour être les premiers à grimper sur ce qui reste de l’Acropole pour déposer les offrandes au nom de la solidarité européenne. Celle justement un peu pourfendue par la garde morale germanique qui veille scrupuleusement sur les deniers du culte que chaque Européen, vertueux ou malhonnête (et il y en a), se doit de déposer dans le tronc des pauvres pour permettre aux indigènes de souffler et reprendre une bouffée d’air contenant encore un brin d’oxygène.

Élégance

Jamais, on ne s’était confondu en autant de nobles gestes d’élégante politesse, laissant le soin aux queues de se former sans que personne ne sorte des sentiers battus de la politique, des finances, d’un fructueux commerce sinon de débats animés ayant conservé une assise diplomatique pour éviter de donner aux observateurs, au monde, le spectacle d’une curée indigne d’une civilisation et d’une culture ayant donné naissance à des personnages, des phénomènes aussi généreux et bien intentionnés que Mussolini, Franco, Staline, Hitler, des collectionneurs d’œuvres artistiques aussi renommés que Goering et connues que les peintures de Van Eyck, Memling, Vinci ou Michel Ange. Quelle leçon de bon gout, de choix, de sélection que tous ceux qui ont rapatrié dans leurs musées nationaux les peintures et sculptures laissées par des génies de l’invention, y compris celles des Kalachnikov, des 75 sans recul, des orgues de Staline qui ne jouaient que des chants funèbres à la perfection, sans faute d’accords ni de rythme, même quand il battait à contre-temps. Cette Europe là, il fallait la conserver coute que coute, pour montrer aux générations du futur les ressources dont elle disposait et qu’elle souhaitait diffuser à un monde en convulsions et élaboration où l’ordre du football serait maintenu sous la vigilance scrupuleuse de policiers français, élus universellement champions du monde du maintien de l’ordre. On ne sait pas encore de quel ordre il s’agit ?