Ethique Info

Accueil > Société > Civilisation > Une France si bien placée dans le concert des grandes nations

Un constat rassurant !!!

Une France si bien placée dans le concert des grandes nations

Un énorme producteur de richesses

mardi 12 octobre 2010, par Picospin

Le "Quotidien du Peuple" relève avec une énorme satisfaction, une grande fierté et un orgueil aussi gigantesque que le permet sa conformité avec l’impressionnant nombre de ses habitants que la Chine est devenue le troisième producteur mondial de richesses, derrière les Etats-Unis et le Japon, mais devant la France et l’Inde. Avec Bettencourt, François Pinault, Bernard Arnault et consorts, l’Hexagone est la troisième terre d’asile des millionnaires, assure La Tribune, avec 2 millions de millionnaires, soit 9 % du total mondial, loin devant l’Italie (6 %), la Grande-Bretagne (5 %), l’Allemagne (5 %), le Canada (4 %) et la Chine (3 %), mais derrière le Japon (10 %) et surtout les Etats-Unis (41 %), qui comptent près de 10 millions de millionnaires. Ces chiffres m’ont rassuré et réconforté.

D’énormes richesses

Apprendre que la France est remarquablement bien placée dans la course aux richesses matérielles de ce monde en attendant de l’être encore mieux dans celle de la gloire, de l’intelligence, des facultés mentales sinon morales était pour moi aussi important que de connaître chaque matin, lors des Championnats d’athlétisme puis de natation le nombre de médailles rapportées au pays et récoltées par ses ressortissants dans des domaines d’excellence et de variété. Selon le Rapport 2010 sur la richesse mondiale de l’Institut de recherche de Crédit Suisse, la richesse par adulte en France a triplé entre 2000 et 2007, avant de refluer de 15 % depuis. Ce bond est du à la forte appréciation de l’euro par rapport au dollar et le faible taux d’endettement des ménages. Si l’Europe fournit 35 % des plus riches, la France fournit un quart de ce contingent. Par ailleurs, la richesse détenue par les 4,4 milliards d’adultes sur Terre a augmenté de 72 % depuis 2000, pour s’établir aujourd’hui à 195 000 milliards de dollars. Elle devrait encore progresser de 61 % d’ici 2015. Ces roses horizons font plaisir à entendre et confirment l’impression générale que notre monde avance, se dirige vers le bonheur même s’il présente encore des failles nombreuses et profondes que les responsables de tout et de rien ne manqueraient pas de corriger au plus vite pour rétablir la situation des plus menacés par la pauvreté et son corollaire la misère. Selon cette même enquête, près de 24 millions d’individus (0,5 % de la population) détiennent plus d’un million de dollars de richesse, soit près de 35% des richesses mondiales. L’étude révèle que 3 milliards disposent de moins de 10 000 dollars de richesse, ce qui signifie que 68 % de la population mondiale ne possède que 4 % de sa richesse.

Richesse moyenne : la Suisse en tête

Si l’on prend en compte la richesse moyenne par adulte, les Suisses sont à la première place. Ils se placent devant la Norvège, l’Australie et Singapour. La France se classe cinquième et les Etats-Unis septièmes. Par pays, les Etats-Unis restent en tête avec une richesse évaluée à 54 milliards de dollars, devant le Japon (20 000 milliards $ et la Chine (16 000 milliards $). Le Quotidien du peuple relève avec satisfaction que la Chine est devenue le troisième producteur mondial de richesses, derrière les Etats-Unis et le Japon, mais devant la France et l’Inde. " La richesse de la Chine est de 35 % plus élevée que celle de la France et à peu près cinq fois celle de l’Inde. Le "Crédit Suisse" assure que la richesse des familles chinoises devrait augmenter de plus de 100 % à 35 000 milliards de dollars d’ici à 2015, en dépassant le Japon et devenant le deuxième producteur mondial de richesses, si la tendance de cette augmentation continuait."

France : première nation européenne

La France est la première nation européenne (4ème rang avec 12 100 milliards de dollars), devant le Royaume-Uni et l’Allemagne. Ces excellentes nouvelles pour les uns, moins joyeuses et plus décevantes pour les autres n’ont pas entaché mon enthousiasme d’avoir appris que notre planète était si riche de biens et de bonnes intentions. Tout allait donc bien en ce bas monde que certains esprits trop déprimés et trop pessimistes ont tendance à critiquer, à fustiger et à vouloir relever de ses malheurs, de son inconduite et de ses inégalités. Quand j’eus le courage de me pencher sur l’autre versant des statistiques, mon moral, si excellent au départ, a fini par retomber un peu avant de se relever inexorablement devant la certitude que j’avais acquise que tout allait s’arranger bien vite, tant je pouvais constater à chaque minute de ma vie parisienne les louables effectués par chaque individu à venir au secours du déshérité, du pauvre, du malheureux et de tous ceux que des personnes aussi favorisées plus par le sort que par le mérite soutenaient à chaque instant de leur vie pour le faire accéder à une vie décente et plus heureuse à chaque minute de son existence au moins sur un petit bout de planète situé quelque part en Occident, en climat tempéré, sur une terre fertile, parfaitement exploitée par des agriculteurs qui n’ont jamais manifesté le désir de la quitte, des Roms, heureux de trouver refuge dans un pays d’accueil qui exprimait pourtant tout haut ce que beaucoup de ses citoyens pensaient tout bas, c’est-à-dire la nécessité de renvoyer vers les confins de l’est une population dont le niveau de vie inquiétant faisait dangereusement chuter le haut degré des statistiques.

De quoi se plaint-on ?

Mais tout cela, disaient les éléments les plus sages et les plus savants parmi les experts, n’était rien puisque la situation ne pouvait aller qu’en s’améliorant, ne serait-ce que par les résultats inespérés d’une visite que le Président de la Première nation européenne en terme de richesse, un Président heureux, satisfait, ainsi comblé venait de rendre au Chef de l’Eglise catholique dans le plus beau palais du monde au-dessous duquel dorment dans la paix tous les prélats et princes qui avaient su si bien équilibrer leur budget pour le répartir entre les pauvres de la terre, que celle-ci soit répartie au fond de l’Afrique, aux bords du Gange ou dans les steppes de la Mongolie.
La faim dans le monde touche un milliard de personnes et prend des proportions inquiétantes dans près d’une trentaine de pays, selon un rapport de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires publié tout récemment. Sur 122 pays en développement, la faim atteint des niveaux "alarmants" dans 25 pays, notamment en République démocratique du Congo, au Burundi, au Tchad et en Erythrée. L’indice mesurant la faim dans le monde et calculé à partir de la proportion de la population sous-alimentée, l’insuffisance pondérale infantile et le taux de mortalité infantile, classe les pays sur une échelle de 0 à 100, 100 représentant le pire. Selon cet indice, la faim atteint un niveau "alarmant" à partir de 20 et devient "extrêmement préoccupant" à partir de 30. A l’exception de Haïti et du Yemen, tous les pays dans lesquels cet indice a atteint ce niveau se trouvent en Afrique sub-saharienne et en Asie du Sud. *

La faute aux conflits ?

"Les conflits qui perdurent depuis la fin des années 1990 ont provoqué un effondrement de l’économie, des déplacements massifs de population et une situation chronique d’insuffisance alimentaire". "L’accès à la nourriture et sa disponibilité se sont détériorés à la suite de la chute de la production agricole et les régions reculées sont devenues encore plus isolées en raison de la grande pauvreté des infrastructures". Les 25 pays où la situation est "alarmante" sont par, ordre de gravité croissant, le Népal, la Tanzanie, le Cambodge, le Soudan, le Zimbabwe, le Burkina Faso, le Togo, la Guinée-Bissau, le Rwanda, Djibouti, le Mozambique, l’Inde, le Bangladesh, le Liberia, la Zambie, le Timor oriental, le Niger, l’Angola, le Yemen, la République centrafricaine, Madagascar, les Comores, Haïti, la Sierra Leone et l’Ethiopie. Alertés par ces chiffres inquiétants sinon alarmants, les experts chargés de sauver ce qui peut l’être encore disent avoir plus d’un tour dans leur sac pour mettre un terme à la misère et rendre le bonheur aux malheureux. Pour cela, ils disposent d’un arsenal organisationnel à rendre jaloux ceux que possédaient les plus grandes puissances en termes d’armement naval, aérien, « habité » et mieux confié à des pilotages virtuels pour en faire des drones vendus à prix d’or pour ramener de façon économique la paix sur la terre. La solution magique serait, en plus de la très haute technologie, la reconfiguration de l’autorité dont on peut se demander si elle est en train de disparaître ou si on assiste à sa renaissance. L’autorité est constituée de la compétence, du charisme et de la compassion. Chacun de ces éléments est à la fois valorisé et critiqué.

Il faut de bons managers

Alors que le métier de manager est le métier le plus ‘’humain’’, on est tenté de l’envoyer du côté de l’expertise. Pour l’exercer, il faudrait avoir plusieurs diplômes, un brevet d’animateur, suivre de nombreuses formations, avoir des compétences pointues en informatique… Et en même temps, on a un discours critique par rapport à cette dimension de compétence : pour être manager, avoir un diplôme et suivre une formation ne suffisent pas. Même ambivalence pour le charisme. On entend sans arrêt dire que le manager doit en avoir pour faire respecter les règles, mais s’il en a trop, on lui reproche son autoritarisme. Pour faire autorité, il faut aussi faire preuve de sollicitude, d’attention à l’autre, sinon de politique compassionnelle. Mais cette dimension se renverse aussi en son contraire : on va dénoncer les managers dégoulinant de bons sentiments et trop faibles. C’est ce qui caractérise la situation actuelle : on a des éléments d’autorité qui sont à la fois solides et critiquables. L’autorité relève plus d’un idéal à atteindre que d’un socle solide. Ce qu’on attend d’elle est plus fort que jadis. Et comme on est beaucoup plus exigeant, on est déçu. La figure du manager dont on dit qu’elle est en crise, a une image idéale extrêmement puissante, et même plus forte que jadis. Mais en même temps, les managers ont le sentiment de ne jamais être vraiment à la hauteur.

Les qualités d’un redresseur d’économie ?

On leur demande d’être compétents, charismatiques, empathiques. Aujourd’hui, il doit à la fois former, faire respecter la discipline, écouter, donner le sens de ce qu’il fait, justifier les raisons pour lesquelles il prend une décision, communiquer. Il ne faut pas espérer un retour à l’autorité traditionnelle. On en est sorti depuis longtemps. De même, il ne faut pas oublier la négociation quotidienne à laquelle le manager est soumis sur les moyens, les budgets, les délais. Comme il négocie, il va falloir identifier ce qui n’est pas négociable, dans le tissu de la vie quotidienne. Il a de plus en plus de questions et de moins en moins de réponses. Or il faut qu’il réponde à ces questions très souvent. Nous vivons à une époque où l’autorité ne correspond pas à un modèle, mais à une quête quotidienne, une articulation constante entre l’argumentation, la négociation et la décision, dans un contexte où l’homme doit compter davantage sur lui-même. Les salariés reprochent aux managers de ne pas avoir assez d’autorité alors qu’ils n’arrêtent pas de dénoncer leur autoritarisme. La dénonciation de l’autorité émane en permanence de nous tous, et nous en avons en même temps la nostalgie. Il faut sortir du rêve de restaurer l’autorité, et devenir plus intelligent, plus inventif à mesure que le métier de manager devient plus difficile,

LEMONDE.FR avec AFP | 11.10.10 | 11h29 • Mis à jour le 11.10.10 | 16h24