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Une injustice ?

Une Théorie de la Justice en football

Colères et frustrations

vendredi 8 mai 2009, par Picospin

A la fin de la partie, certains joueurs de la première équipe, dont en particulier Didier Drogba se sont énervés en prétextant une injustice notoire dont le coupable aurait été l’arbitre de cette partie historique pour n’avoir pas sifflé deux penalties contre le vainqueur surprenant de cette rencontre.

Où est l’injustice et de quel côté s’est-elle le plus nettement manifestée ? Contre l’équipe londonienne qui pouvait aligner la totalité de ses joueurs disponibles achetés sur le marché du football à grands renforts de millions, généreusement alloués par le jeune et richissime sponsor russe de cette équipe qui sort son porte-monnaies à mesure qu’un joueur fait défaut pour colmater les brèches labourées par des entraineurs peu compétents ou le second, privé en l’occurrence de plusieurs joueurs majeurs, y compris, en dernier lieu de Henry, dont la seule présence aurait sans doute pu inverser dès le début du match le résultat. Alors que les joueurs du premier club viennent de tous les horizons à grands renforts d’offres mirifiques, ceux du second ont été formés en grande partie au sein du club ce qui fait dire à notre héros national Zinedine Zidane qu’il y a à Bercelone une culture football dont on reconnaît la caractéristique au style de jeu, dont sont imprégnés tous les sportifs, du plus jeune au plus âgé formés au club par des maitres exceptionnels à commencer par Cruyff, héros national hollandais qui a imprimé son style à plusieurs générations de professionnels. Injustice du moment peut-être, si l’on veut admettre la déception de ces héros d’un moment recrutés selon les choix d’un mécène qui demain placera ses millions ailleurs ou les investira non dans des joueurs dont on oublie de dire qu’il s’agit d’êtres humains et non d’une marchandise que l’on achète et que l’on vend comme des chameaux dans les oasis ou des chevaux de course dans les haras. En réalité, justice tout de même puisque d’un côté il y avait de simples mercenaires alors que de l’autre se présentait une équipe accrochée à son club, à son style de jeu, à ses amitiés et à ses supporteurs. Peut-être, dans ce débat fallait-il poser la question de la justice à l’auteur de sa « Théorie » l’Américain Rawls qui en reste le meilleur et le plus moderne des experts ?