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Une autre Révolution française : celle de la prévention et des soins

vendredi 22 juillet 2011, par Picospin

La convention doit désormais être validée par les instances syndicales ainsi que par le gouvernement pour entrer en vigueur.

Dans les faits, elle augmente l’incitation financière et les critères du "contrat d’amélioration des pratiques individuelles" (Capi) lancé en 2009. Voici que sur la table, est mis un protocole d’accord purement financier qui ouvre aussi sur un domaine laissé de côté jusqu’à présent. Celui de la réflexion sur une éthique curieusement absente depuis longtemps des débats entre payeurs et prescripteurs. Ce nouveau développement des relations entre la CNAM et les syndicats constitue un virage sérieux mais non dépourvu d’intérêt pris par le gouvernement pour resserrer de façon drastique les dépenses de santé engagées par les pouvoirs public pour améliorer au moindre cout la santé des Français. Cette nouvelle relation entre soignants et soignés et leurs intermédiaires apporte avec elle des difficultés d’exécution et de conception d’où une certaine forme de pensée éthique n’est pas exclue. Toute incitation, d’où qu’elle vienne, à inspirer sinon imposer de nouvelles règles d’application des gestes médicaux se fait au risque de critiques de la part des tenants d’une médecine libre et individuelle même si elle passe encore par les méandres d’organismes public et privés qui en dévient le sens, les modes d’application et les objectifs simulés ou réels. A cet égard, l’encouragement à promouvoir une priorité dans la prévention aux dépens de traitements couteux mais à l’issue incertaine constitue une mesure facile à mettre en œuvre et efficace sur le plan de la santé publique et des couts engagés pour la rendre plus efficace. Cette option serait aisée à être prise en compte dans l’équilibre financier des actes diagnostiques et des soins si ne se posait de façon critique la question de l’efficacité globale d’un renforcement des messires préventives dont le bilan reste partout incertain, du moins à court et moyen terme. Que les mesures proposées actuellement à la grande satisfaction proche de l’excitation enthousiaste des syndicats de médecins viennent à se télescoper avec les économies projetées sur le dos des laissés pour compte des SAMU sociaux risque fort de susciter la colère des candidats aux soins et à l’aide sociale à juste titre ébranlés par des projets contradictoires qui suggèrent plus qu’ils ne montrent le désarroi des financiers et économistes du gouvernement pris entre le marteau et l’enclume pris en otage dans les contradictions d’un système qui déshabille les pauvres dans la rue pour laisser à la dérive les actes médicaux les plus couteux, les plus sophistiqués et ceux exigeant des unités de soins les hospitalisations les plus longues, pour peu qu’ils s’accompagnent d’un recours à la force persuasive d’essais thérapeutiques dont les résultats sont loin d’être acquis. La Sécu détient désormais une carotte financière auprès des médecins libéraux et un instrument "extrêmement simple et facilement compréhensible" pour son action de santé publique. La crainte de sélection des "bons patients" par des médecins désireux d’être "performants", a été balayée d’un coup de stylo car « ce risque ne serait que théorique » et ne serait qu’un prétexte pour se détourner des objectifs de santé publique. Cette considération est moins limpide qu’il n’y paraît de prime abord, si l’on en croit les statistiques de pays détenteurs d’une médecine de haut niveau mais fort dispendieuse qui se couvrent d’accidents et de résultats précaires par une sélection à l’entrée qui rejette toute pathologie susceptible d’attirer sur l’établissement de soins les foudres de l’opinion publique, déçue par les médiocres résultats enregistrés du fait de la lourdeur des actes et de la sévérité des pathologies acceptées dans l’établissement. On sait bien que la bonne médecine qui ne traite que des malades sains est celle qui obtient les meilleurs résultats au risque le plus faible.