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Responsabilité sociale

Une bonne entreprise ou l’entreprise du bien ? Sa Responsabilité Sociale

Une entreprise du bien ?

lundi 15 février 2010, par Picospin

Cette question émerge à une vitesse et avec une intensité d’autant plus grande que la fabrication et la provenance des objets de consommation courante jouent un rôle de plus en plus ambigu pour la société de consommation dans laquelle nous sommes immergés.

Offre et demande

Les bouleversements de l’offre et de la demande auxquels nous assistons actuellement titillent fabricants et acheteurs dans la mesure où les premiers cherchent à acquérir le maximum de profits et les seconds à connaître les conditions imposées par les entrepreneurs qu’il s’agisse du confort des agents, de leurs conditions de vie, de leur tranche d’âges et des risques que courent les employés dans le parcours de leur vie professionnelle. C’est dans cette perspective que « Le Journal du Net » avait publié dès avril 2004 une statistique montrant le classement des entreprises les plus « éthiques » aux yeux des consommateurs. Cette étude ne montre qu’un intérêt limité car il ne s’intéresse qu’aux entreprises françaises et aux acheteurs français ce qui en réduit considérablement la signification statistique. Elle laisse de coté les grands groupes internationaux qui ont sans doute leur mot à dire sur le point de vue qu’ils développent dans la sphère particulière de l’éthique des entreprises. Le développement de cet aspect des transactions commerciales cesse d’être figé et limité à la qualité des produits pour s’étendre au domaine plus significatif de l’homme impliqué dans la production sous l’angle de ses conditions de travail, de ses rapports hiérarchiques, des risques encourus par les méthodes de gestion des entreprises.

Concurrence

La concurrence farouche entre la Chine et les méthodes classiques du capitalisme représentées au premier chef par les Etats-Unis et l’Europe occidentale auxquelles vient de se joindre une Russie émergeant de ses cendres et d’une infinie période d’obscurantisme idéologique, politique et religieux ne facilite pas la tâche des analystes les plus rigoureux. La problématique prend dès lors des accents dramatiques quand elle se donne pour tâche d’englober dans l’analyse une Chine animée d’un dynamisme effréné, d’une soif de combiner le marxisme le plus intransigeant avec le capitalisme le plus sauvage qui va jusqu’à faire abstraction des conditions minimales de vie du prolétariat. Ils sont nombreux à penser que les entreprises se doivent de présenter au début de ce 21è siècle un visage humain.

Locaux attirants

Dans cette perspective, l’entreprise managériale exerce sa pression sur les diverses formes de présentation de locaux à visage accueillant, gai, attractif, bien aménagé même si cet objectif n’est pas toujours rempli, faute de lui avoir consacré le temps suffisant, une culture des dirigeants suffisamment élaborée et un goût artistique formé au contact des œuvres d’art, des musées, des constructions les plus séduisantes où la vie serait la plus agréable. Dans ce décor plus raffiné que jadis, une littérature abondante sert de guide à des entreprises désireuses d’entrer dans un cercle vertueux de performance sociale. Dans ce modèle, élaboré dès les années 1990, des principes moraux ont été formulés qu’on encourage chaque entreprise à respecter.

Principes moraux

Ils tiennent en 3 points : 1 .le principe de légitimité, 2. celui de responsabilité publique et 3. celui d’action socialement responsable. Ainsi pourrait être réalisée aux yeux des plus optimistes une action efficace contre les abus de pouvoir d’une société, une véritable responsabilité liée à son large champ d’action et un encouragement donné à ses membres d’agir en dehors des prescriptions édictées par leur organisation. Ainsi serait réalisée une « moralisation du travail » idée qu’on a reprise plus récemment en faveur des milieux financiers en oubliant que ce que l’on cherche à moraliser tient plus des influences sur l’homme que d’une transformation ou d’une mutation des systèmes. C’est dans ce cadre, qu’il est souhaité en haut lieu que l’entreprise s’engage dans des activités visant à augmenter ses profits à condition de s’engager dans une concurrence libre et ouverte, sans tromperie ni fraude. Dès lors, plus rien ne s’oppose à ce que la société s’engage la prise en compte d’une responsabilité sociale dont la finalité s’étendrait de l’accumulation des richesses à la réalisation de l’indispensable équilibre entre les intérêts des actionnaires et ceux de la société. (Duska RF, Business Ethics : oxymoron or good business ? Business Ethics Quarterly, 10, 1, 2000.