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Mouvements dans les Universités américaines

Une bonne surprise pour les étudiants américains : qu’en pensent Xavier Darcos, Claude Allègre et Valérie Paicresse ?

Un exemple ou un repoussoir pour l’enseignement en France ?

vendredi 9 mai 2008, par Picospin

Le doyen responsable des inscriptions à l’Université de Penn a souligné ce fait en ajoutant que lorsque une institution faisant partie des meilleures du pays peut recruter dans les profondeurs du classement, ce fait a une incidence sur celui des autres universités. Nous avons tous besoin de remplir nos classes pour remplacer les étudiants qui ont été enlevés des listes d’attente pour une raison ou une autre. L’occasion offerte cette année prend une tournure exceptionnelle en raison de l’offre exceptionnellement étendue cette année.

Combien de candidats ?

A l’heure actuelle, les responsables de l’administration universitaire ne connaissent pas encore le nombre probable des nouveaux inscrits. Ce que l’on peut déjà annoncer c’est que les changements intervenus dans le recrutement aboutissent à une réduction du nombre des attentes. Cette tendance n’a pas bouleversé les attentes de Harvard dont le doyen chargé des admissions a déclaré que son institution va admettre entre 150 et 175 candidats provenant de la liste d’attente et sans doute un peu plus ce qui va dépendre des retours d’anciens élèves et d’autres mouvements sur la liste d’attente. Cette déclaration d’un responsable n’a pas empêché un autre de dire que cette année le collège a accepté un peu moins de candidats pour éviter d’encombrer les classes de trop de nouveaux venus.

Encombrements ?

Cette opinion est en tous points conforme à celle émise par le responsable des études de Yale et de Stanford qui ont déclaré tous deux que leur objectif a été atteint et qu’ils sont actuellement en excellente forme pour accueillir de nouveaux élèves ce qui ne les empêche pas de constituer une petite réserve pour prendre en charge le petit groupe qui pourrait provenir de la liste d’attente d’autres écoles. Ce raisonnement s’applique aussi à d’autres institutions qui toutes attendent de voir comment les choses vont se passer avec des candidats provenant d’Universités concurrentes. Tout dépendra en définitive de la politique de recrutement qui sera suivie par les écoles et facultés en raison de l’effet domino que risque de répercuter une institution sur les autres.

L’effet domino

Dans une institutions de l’état du New Jersey, un enfant a reçu un appel de nuit l’informant du fait que son nom avait été enlevé de la liste d’attente et que malgré cet évènement, on lui avait demandé si malgré tout il ne souhaitait pas maintenir sa candidature pour entrer en classe. Cette modification à partir des admissions précoces risque d’avoir un effet favorable sur l’ensemble des élèves car elle serait susceptible de faire venir davantage d’étudiants issus des milieux les plus défavorisés. De son côté l’Université de Harvard qui a terminé son offre de candidature très tôt cette année et a étendu son aide financière à des familles ayant des revenus limités a diffusé une information sur les offres d’admission à près de 2.000 étudiants par rapport a une classe de nouveau venus au nombre de 1.650. La direction n’a pas souhaité répondre à la question sur le nombre des offres acceptées jusqu’à maintenant.

Questionnement "à la française" ?

1. Existe-t-il un modèle éducatif français ? Les esprits chagrins y verront un déni du réel, d’autres la rémanence d’une arrogance qui n’a plus lieu d’être. Mais surtout de par la nécessité, pour répondre à des problèmes aigus auxquels il n’est pas seul à faire face - la violence, l’illettrisme, l’intégration ou l’insertion professionnelle - de s’inspirer des bonnes idées et des bonnes pratiques d’autres pays. Cette ouverture sur l’international lui a permis de s’informer et de se comparer, de mieux saisir à la fois ce que son École partage avec celle des autres et ce qu’elle a d’original, de profondément lié à son histoire et à son identité. En contrepartie, il a dû accepter d’être comparé, de voir ses performances évaluées, analysées et parfois critiquées. Il a ainsi appris sur les autres et appris des autres, grâce aux images inédites de lui-même qu’ils lui renvoyaient.

2. Y a-t-il en France une conception et une gestion spécifiques des "programmes d’enseignement" ?. Le terme de programme, qui pour les Français semble aller de soi, est d’ailleurs devenu d’autant plus difficile à traduire que ceux de "curricula"et de "standards" ont été adoptés partout, pour désigner des réalités différentes.

3. S’agissant des langues vivantes, les débats les plus récents ont porté sur les conséquences à tirer des évaluations peu flatteuses des compétences en anglais de nos élèves, comparées à celles de six autres pays, et sur l’adoption officielle du "Cadre européen commun de référence pour les langues" du Conseil de l’Europe pour rénover cet enseignement.

4. Il n’apparaît pas pertinent de parler d’un modèle français d’enseignement d’histoire et de géographie, dans la mesure où cet enseignement revêt des caractères qui restent largement originaux. Faudrait-il plutôt parler d’exception française ? Outre que la connotation de ce terme, ainsi d’ailleurs que celle de modèle, pourrait être considérée comme quelque peu arrogante (de l’idée l’exception à celle d’exceptionnel le pas est vite franchi), la diversité des modalités d’enseignement de ces disciplines dans les différents pays, notamment européens, tend à prouver qu’ils constituent tous autant d’exceptions.

5. L’éducation civique ou l’éducation à la citoyenneté reflète plus que les disciplines scolaires, l’état d’une société. L’éducation civique n’est pas une discipline, c’est un enseignement de valeurs, de principes, de savoirs, de pratiques, estimés indispensables à un moment donné pour préparer les jeunes à participer à la vie démocratique, en assumant et en exerçant leurs droits et leurs devoirs citoyens. Face au déficit de participation démocratique constaté dans la jeunesse des pays européens, les formes de l’éducation à la citoyenneté font l’objet d’interrogations.

6. Les caractéristiques du financement de l’éducation en France : notre pays est un des pays développés, puisqu’il consacre une part importante de la richesse nationale à l’éducation. Mais cet effort réel est réparti de manière très spécifique. L’enseignement secondaire, et notamment l’enseignement en lycée, est un des plus coûteux au monde alors que notre effort pour l’enseignement primaire est, au mieux, comparable à la moyenne de l’O.C.D.E. et que notre effort en matière d’enseignement supérieur est inférieur à cette moyenne et loin derrière les pays les plus avancés en matière d’innovation.


Sources :
New York Times