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Un Ministère non dépourvu de ressources humaines à la veille de la rentrée

Une continuité assurée ?

Celle de l’enseignement ?

dimanche 23 août 2009, par Picospin

Laisser une place vide peut donner une impression d’abandon, de désintérêt, de renonciation, d’impuissance aux enfants et étudiants laissés momentanément sans soutien, sans encadrement, sans aide, sans tutorat à un âge où ces sentiments et impressions prennent une importance d’autant plus grande que cet période de la vie est celle de toutes les fragilités, de l’exacerbation de l’affectif dont les conséquences risquent de devenir intenses et tendues à mesure que se construit la personnalité d’une personne en formation.

Réformes ?

Proposer une réforme qui consiste à mettre à la disposition de l’école des personnes ou des agents suffisamment compétents pour remplacer momentanément ou à terme des enseignants absents est une initiative qui devrait aller dans le bon sens puisque qu’elle serait susceptible d’assurer à la fois un remplacement efficace par une personne dûment formée et combler un vide qui à tout moment risque de laisser des traces indélébiles dans le parcours intellectuel, moral et physique d’un enfant confié aux soins de l’école de la République. Améliorer les conditions de l’intérim est une procédure qui existe dans tous les domaines de l’activité professionnelle, industrielle, entrepreneuriale de la cité. On ne voit pas pour quelle raison elle est absente de la grille de fonctionnement de l’activité du pays qui s’avère la plus importante, la plus cruciale pour la formation et la construction des jeunes générations.

Surprise des parents ?

Dans ces conditions, parler, comme le rappelle l’article du Figaro de « voir des parents qui sont un peu surpris parce qu’un enseignant, absent pour des raisons tout à fait légitimes, en particulier une formation, n’est pas remplacé aussi rapidement qu’on le souhaiterait dans son école », a expliqué mardi Luc Chatel, tient plus de l’euphémisme que d’une expression franche, honnête, directe des responsables de l’enseignement vis-à-vis des parents envers lesquels ils se doivent d’assurer un service et une mission sans failles, sans interruption et sans discontinuité ni désertion. Quand on se réfère à la situation actuelle telle qu’elle est présentée par le Ministère compétent, on en tire la conclusion légèrement fallacieuse qu’on a affaire à un certain gâchis dans le maniement et l’organisation des ressources humains mises à la disposition de l’Administration pour subvenir aux besoins d’apprentissage des enfants et adolescents. C’est ce que laisse entendre la phrase suivante de l’article qui stipule que « concrètement, le ministère dispose d’un potentiel de remplacement de 50 000 postes, qu’il mobilise à 80 % seulement. « Selon nos calculs, - ceux du Figaro -10 000 postes ne sont pas suffisamment utilisés à cause d’une gestion trop rigide des ressources humaines », indique-t-on au cabinet du ministre.

Cloisons étanches

Est-ce que la situation décrite et dénoncée à l’occasion de la rentrée toute proche n’est pas due à l’interposition des cloisons les plus étanches dans la disponibilité des ressources humaines puisque, aux dires du Ministère, « chaque académie dispose en effet d’un « stock » d’enseignants titulaires remplaçants qu’elle ne peut prêter à ses voisines. Dotée d’une vision nationale, l’agence pourra remédier à ce que l’entourage de Luc Chatel appelle le « syndrome du périphérique » : des élèves sans professeur à Paris, alors que des remplaçants sont dispo¬nibles au même moment dans la ville voisine mais ne peuvent franchir cette frontière administrative. »

Une personnalité particulièrement chevronnée

On peut deviner que l’actuel personnalité en charge de la reprise en mains de l’Education Nationale est particulièrement bien placée pour connaître la situation actuelle, décrite ci-dessus, en raison des précédentes fonctions qu’il a remplies auprès d’une société commercial de grande envergure où ce type de problème devait se poser en tout temps et en tout lieu. La réorganisation partielle des conditions de travail de l’enseignement s’intègre parfaitement dans la volonté obstinée et quasi missionnaire du Président de la République et de son entourage. Une occasion d’une importance exceptionnelle lui est offerte à cette occasion dont le caractère peut être considéré sans emphase d’ordre sacré tant est impérative la cible prévue.