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Une course : celle qui se termine à la Maison Blanche

mercredi 14 novembre 2007, par Picospin

La course à la Maison Blanche ne se déroule pas sans accrocs envers une totale honnêteté. Les candidats en tête dans les sondages, Rudolph Giuliani et Hillary Clinton sont accusés tous deux de prendre quelques libertés avec la morale.

Des amitiés dangereuses

Les deux amis du premier sont accusés d’évasion fiscale et de perception de pots de vin d’origine mafieuse. La seconde ne peut se débarrasser de l’affaire Hsu, homme d’affaires chinois, véreux et mythomane, collecteur de fonds du parti démocrate, soupçonné de faillites frauduleuses et d’escroquerie. De ce fait, l’intégrité de la candidate démocrate est mise en cause car elle est perçue comme expérimentée et son honnêteté discutée et discutable puisqu’elle ne reçoit plus d’opinions défavorables que favorables.

Des mises en cause ?

On la soupçonne de plus de s’aligner sur les positions des Républicains en ce qui concerne des points aussi sensibles que l’Irak, l’Iran, la protection sociale et l’environnement. Son rival plus qu’adversaire Barack Obama estime que cette façon d’agir risque de ne pas être très efficace et que la victoire se fera plus dans la conviction que dans les calculs. Ces imperfections dans une campagne très serrée ne sont pas décisives mais font reculer la célèbre candidate de quelques points dans les sondages. Ce ne sont pas ces types de problèmes qui embarrassent M. Giuiliani, toujours devancé dans l’état rural de l’Iowa par un certain Mitt Romney qui fait feu de tous bois pour récupérer un électorat très belliqueux envers l’Iran et les Chrétiens fondamentalistes qui sont toujours à la recherche de candidats susceptibles d’incarner leurs valeurs.

Opinions en mouvement

Ces mouvements d’opinions ne sont pas aptes à favoriser la position de Rudy Giuliani qui est toujours critiqué férocement par les évangélistes pour ses opinions libérales sur le divorce, l’avortement et l’homosexualité. Cette entorse à une moralité orthodoxe n’a pas empêché Pat Robertson, ancien dirigeant de la Christian Coalition of America de lui apporter son soutien au nom de la défense des valeurs de la civilisation occidentale face au péril islamique.

Ethique et Politique :

1. Est-ce que ces deux termes ne sont pas actuellement disjoints et profondément séparés ?

2. Est-ce que la conduite de la cité relève seulement de la pure organisation, dénuée d’analyse axiologique ?

3. Est-ce que la notion d’une pure compétence technique refoule toute réflexion éthique ?

4. Est-ce que la professionnalisation de la politique par des élites issues des grandes écoles ou d’universités de haut niveau n’aboutit pas à une simple stratégie de pouvoir à laquelle contribue puissamment la fin des idéologies ?

5. Le discrédit croissant qui affecte le politique ne conduit-il pas les citoyens à s’interroger sur les fins et les moyens de l’action ?

6. Que penser de l’ancienne tradition qui, comme chez Aristote unifie la tradition, la science de la cité et de la société et la politique au sein de la morale ?

7. Est ce que l’héritage de John Rawls et de Paul Ricoeur qui préconisent l’union du « tu dois » et du « vouloir vivre ensemble » reste en vigueur au milieu des errements du passé, de ses risques de se perpétuer au présent et d’envahir le futur ?

8. Au moment de l’effondrement du marxisme, du dépérissement du socialisme et du vacillement des certitudes, ne doit-on pas faire une place particulière à la construction d’une communication universelle transparente capable d’échapper aux contraintes et aux violences ?

Cypel S. : Le Monde : 14.11.2007.