Ethique Info

Accueil > Politique > Une disparition programmée

Conseils à un bien-aimé

Une disparition programmée

Trop d’amour

samedi 27 mars 2010, par Picospin

Il s’était confortablement installé dans le fauteuil qui sied à sa personne, à ses désirs et ambitions et à la charge qu’une suractivité permanente a les plus grandes chances de remplir à la satisfaction de tous.

Comme ni cette prédiction ni la prévision ne se sont accomplies, les membres les plus proches de sa famille se sont cotisé pour lui offrir un luxueux cadeau de départ pour sa retraite qu’ils et elles espèrent proche, heureuse, joyeuse et sereine. Pour assumer ce rôle d’importance politique mondiale, des auteurs anonymes, dignes successeurs des écrivains publics ont été sollicités pour composer avec rapidité, célérité, talent et persuasion des œuvres incitant, par la parole convergente des uns, des unes et de autres le saint martyr de la République à quitter des fonctions top lourdes pour lui afin qu’il trouve un instant de repos au creux des épaules de son père et de Carla. Tous deux, à leur manière ont affirmé qu’ils souhaitaient leur cher Nicolas quitter des lieux publics pour rejoindre au plus vite des niches privées où il pourrait trouver le repos, la sérénité, le calme et la paix des braves à l’ombre des grands chênes qu’on abat comme un certain Malraux, lointain ancêtre de notre Frédéric, l’avait suggéré non sans grandeur ni noblesse. Souvenons-nous qu’on était allé chercher le descendant marginal du précédent Président socialiste de notre République sur les hauteurs de Rome, en sa colline la plus élevée et la plus proche qui a nom Pincio et qui sert de refuge, de lieu de contemplation, de méditation et de retraite aux élites de la vie parisienne dont la pâleur du visage nécessite une succession de maquillages pour reprendre figure humaine. Rome les leur offre à profusion sous les ombres des cyprès jalousement conservés par des conservateurs, gardiens de peintures magistrales, hautement décoratives et incitatrices à stimuler les créateurs, géniaux assembleurs de couleurs et de formes qui flattent autant le génie romain que celui de sa sœur française si proche par la culture, si lointaine par l’organisation de la cité. De conserve, « mon amoureux » et son beau-père joignirent leurs efforts pour inciter l’homme énergique qu’ils chérissaient par dessus tout à quitter ses fonctions pour se consacrer à ses amours parmi lesquels on compte un chanteur célèbre, sinon immortel, encore diminué après des interventions sur sa pauvre colonne vertébrale qui a supporté autant de charges, de gloire et de triomphe qu’elle n’en pouvait plus de maintenir un poids aussi lourd debout, à genoux, sinon couché, les jambes écartées, position défectueuse à l’origine des indications de remplacement de ses hanches. Il aimait par-dessus tout fréquenter les endroits à la mode que ce fussent le Fouquet’s lieu privilégie de ses festivités, les parcs et jardins de la République pour s’y promener et recevoir le gratin du tout Paris, enchanté de se rendre aux invitations du maitre provisoire de ces lieux de gloire, de bon goût et de mesure. C’était ce dont il avait le plus besoin pour son équilibre propre et celui de la nation qu’il chérissait par dessus tout et à laquelle il consacrait tout son temps et même celui qui se trouvait au-delà. Il finit par se laisser convaincre, écouter les conseils les plus sages et les plus désintéressés ce qui lui fit un bien immense, le détendait, lui permettait de choisir tranquillement ses interlocuteurs pour leur parler de ce qui l’intéressait, des multiples choses qu’il venait d’apprendre. Un véritable bonheur que cette accession à la dignité suprême malgré les sévères critiques, sans doute peu justifiées de son mentor qui préférait à son extrême dynamisme la froide tranquillité de son rival grand par la taille, parfois par l’élévation de sa pensée et de son idéal. Et c’est ainsi que, petit à petit, il se fit à l’idée qu’il devait quitter les lieux où il s’était plu, le décor dont il n’avait jamais envisagé de se séparer et les fidèles qui continuaient de l’entourer même si tous et toutes n’avaient pas encore reçu les récompenses qu’ils étaient en droit d’attendre en raison de la qualité et de la quantité des services rendus, de la droiture de leurs sentiments et des qualités morales qu’ils n’avaient jamais cessé de montrer, même aux pires moments. C’est ainsi qu’un jour, après avoir bien muri la décision inéluctable inspirée par ses meilleurs amis et ses parents les plus proches, il quitta les lieux tant aimés, les souvenirs si rapidement accumulés pour disparaître au loin, on ne sait exactement où, sur quel continent, en quel lieu secret, sous quels arbres tropicaux, où on chercha vainement sa trace. Pour l’instant, les chasseurs sont revenus bredouilles, aucun coup de feu n’a été tiré, aucun blessé n’a été enregistré ce qui était de bon augure pour les comptes de la sécurité dite sociale qui, à ce moment, se trouvait déjà aux bords de la cessation de paiement. Une véritable aubaine à l’heure du règlement des comptes…