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L’anesthésiste endormi

Une drôle d’histoire...

...au lieu de son malade...

jeudi 30 juillet 2009, par Picospin

A bout de ressources médicamenteuses, il a fini par lui installer une perfusion contenant une forte concentration d’un puissant anesthésique pour lui procurer le sommeil qui lui manquait tant et qu’il avait besoin de récupérer pour présenter sur scène un numéro de danse et de musique digne de son immense réputation.

L’anesthésiste compte des gouttes au lieu des moutons

Le résultat de cette opération s’est soldé non par l’endormissement du patient mais par celui de son médecin qui n’a pu que voir dans son sommeil les gouttes tomber une à une du flacon de perfusion dans la veine de Jackson jusqu’à sa mort en raison de l’overdose du produit anesthésiant, habituellement utilisé pour des anesthésies de courte durée, couvrant des opérations superficielles qui sont programmées pour une réveil rapide. L’anesthésie générale est un acte médical dont l’objectif principal est la suspension temporaire et réversible de la conscience et de la sensibilité douloureuse, obtenue à l’aide de médicaments administrés par voie intraveineuse ou inhalation. À cet objectif essentiel, permettant la réalisation sans mémorisation et sans douleur des interventions chirurgicales et de certains examens invasifs, s’associe la nécessité d’une surveillance continue et souvent d’un contrôle artificiel des fonctions vitales dont la respiration, l’hémodynamique, la thermorégulation et le tonus musculaire.

Surveiller

En raison des spécificités de l’approche technique, physiopathologique et pharmacologique du patient anesthésié et de l’impératif de sécurité qui entourent cet acte à toutes les étapes, la pratique de l’anesthésie générale n’est légalement possible que sous le contrôle direct d’un médecin anesthésiste-réanimateur. À l’exception des cas d’urgence, l’anesthésie générale est réalisée à jeun car le relâchement corporel s’accompagne d’une perte des réflexes de protection des voies aériennes et d’un risque d’inhalation du contenu gastrique, dont les conséquences peuvent être graves. L’anesthésie générale repose sur l’association du sommeil, d’une lutte contre la douleur et d’une curarisation. L’anesthésie générale s’accompagne d’une perte de conscience et en général d’une perte des réflexes de protection des voies aériennes d’où l’indication d’une intubation trachéale.

Anesthésies courtes

Néanmoins, des anesthésies générales courtes pour des gestes chirurgicaux peu agressifs peuvent être menées sans intubation, avec un masque facial, grâce auquel on conserve la ventilation spontanée du patient parfois aidée par une assistance au ballon par l’intermédiaire d’un masque. Du fait de la dépression de la fonction respiratoire, l’anesthésie générale peut aussi nécessiter une ventilation assistée, normalement après intubation. Durant l’intubation, le patient est en apnée totale. La première phase consiste à faire respirer du dioxygène pur au patient afin que ses poumons contiennent 100 % ’d’oxygène. La saturation des poumons permet d’assurer une alimentation du sang en oxygène durant le court moment entre l’arrêt ventilatoire consécutif à l’anesthésie et le début de la ventilation artificielle.

Intubation et masque

Depuis quelques années, on utilise aussi le masque laryngé en remplacement de l’intubation : son placement est plus simple et moins traumatisant mais il n’offre pas de protection sûre des voies aériennes contre l’inhalation de liquide gastrique. L’hypnotique moderne le plus utilisé est le Propofol qui a un délai d’action de 50 secondes et une durée d’action de 5 à 10 minutes. Il s’accumule peu, et a un effet très efficace contre les nausées et vomissements. Le risque anesthésique a considérablement diminué ces vingt dernières années. La création des “ salles de réveil ” où les patients endormis se réveillent sous surveillance médicale a beaucoup contribué à cette amélioration. Même si l’anesthésie n’est directement responsable que d’un décès sur 10.000 en moyenne, les 600 à 800 patients qui meurent chaque année de façon illégitime doivent inciter à faire davantage de progrès au niveau des techniques d’anesthésie, de l’organisation et de l’équipement des lieux d’activité, de l’organisation rationnelle des programmes opératoires.

Une large utilisation

Le Propofol est autorisé pour l’induction et l’entretien des anesthésies dans plus de 50 pays. Cet anesthésiant qui agit environ 5 minutes est aussi utilisé dans les services d’urgence pour désengorger les blocs opératoires de petites interventions qui nécessitent une anesthésie générale. Par exemple, une personne ayant subi une luxation de prothèse de hanche à la suite d’un faux mouvement sera anesthésiée par le Propofol afin de remettre en place la prothèse dans sa cavité : on effectuera en bloc opératoire une anesthésie générale au patient pour une intervention durant seulement quelques minutes. Il n’en reste pas moins que cette substance ne doit être utilisée que par du personnel spécialisé en anesthésie et réanimation, disposant des compétences et du matériel permettant de gérer les voies aériennes ainsi que les éventuelles complications cardio-respiratoires.