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Les pessimistes et la décroissance

Une écologie catastrophique ?

Les optimistes sont-ils tous religieux ?

mercredi 6 janvier 2010, par Picospin

N’est-il pas curieux que les opposants et contradicteurs de cette pensée en attendant son triomphe politique se trouvent parmi les adeptes et penseurs du religieux et en particulier du christianisme.

Sous un certain angle, cette attitude peut éventuellement se comprendre en raison de l’attachement viscéral mais aussi et surtout spirituel de cette religion à la fabrication sans limite de l’être humain puisque telle serait la volonté de Dieu dans la conception de Ce Dernier dans l’esprit, la spiritualité et le dogme de la religion. Depuis l’Ancien Testament, il avait déjà été fait mention du « croissez et multipliez ». Etait-ce à une autre époque que la nôtre, lorsque les « déchets et pertes » en êtres humains étaient innombrables pour une population qui avait du mal à croitre et à s’adapter à un univers moins sympathique que le nôtre. Depuis cette époque à la fois si lointaine et si proche, la situation a évolué dans le bon sens diront certains sinon la plupart qui bénéficient des diverses protections inventées par l’homme pour assurer un descendance plus « tranquille » et moins risquée que celle des générations précédentes. Cette affirmation n’est pas constamment vérifiable quand on songe aux horreurs, massacres, destructions observées au cours des deux ou trois derniers siècles. L’entropie y a supplanté la reconstitution de l’homme et des congénères vivants en raison d’une proportionnalité toujours active entre construction, déconstruction, destruction et anéantissement. Ce dernier n’est sans doute pas lié à celui du nihilisme de Nietzsche dont la philosophie a marqué la fin de Dieu, laissant sa créature privilégiée seule dans la nature, face à son destin, à la construction de sa vie, de son milieu et de sa société. Cette dernière aboutit à l’élaboration d’un progrès intellectuel, scientifique, éthique, mais non moral dont les aspirations grimpent aussi facilement et aussi haut que la dernière tour de Dubaï, monument de la folie mégalomaniaque d’un nouveau Prométhée qui prend la figure des caravanes foulant un sol meuble qui risque fort de ne pas supporter les ambitions délirantes des entreprises, de la finance, de l’imaginaire, de la gouvernance nouvelle que souhaite installer le capitalisme succédant aux ruines du collectivisme, utopie du 20è siècle resté dans les cryptes et les couches géologiques de l’histoire. Plus on creuse vers le bas et plus haut on aspire à monter pour rejoindre un créateur insaisissable ou l’ultime produit d’un darwinisme à la mode dont s’habillent les intellectuels en mal de conversation de diners, les transporteurs de concepts dans une société à la recherche d’elle-même et dans laquelle certains, sinon beaucoup aspirent à reculer en quête de fondements, de bases solides, d’approfondissement de l’imaginaire pour en tirer les justes directions vers un avenir meilleur. Ce dernier pourrait aussi bien filer vers la décroissance, terme et idée qui font frémir d’horreur les partenaires et promoteurs de l’économique, du progrès, de la technologie galopante pour entrer dans on ne sait quel mur promis depuis longtemps par les pessimistes et les sceptiques. Dans ce monde changeant et instable, il parait qu’il est de vérités que l’on a non seulement le droit mais le devoir de contester ne serait-ce que celui du réchauffement climatique qui aiderait plus à induire la panique qu’à s’adapter à de minimes modifications des températures. En ce cas, plus besoin de commander des climatiseurs qui enrhument et consomment énergie et bruit, de s’apitoyer sur le sort injuste et malheureux des pingouins et des ours polaires en attendant le retour à une ambiance thermique plus sympathique pour des corps dénudés depuis longtemps des poils qui les recouvraient autrefois, lorsqu’ils s’abritaient des rayons d’un soleil malfaisant sous les ombres projetées par les forêts d’Amazonie, si chers à notre Lévy-Strauss qui n’a pu survivre à sa destruction.