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Comment organiser l’enseignement ?

Une éducation américaine

Mémorisation ou raisonnement ?

samedi 26 avril 2008, par Picospin

Ce quotidien explique en effet qu’une commission chargée d’examiner les conditions d’enseignement en Amérique est parvenue à la conclusion que quelque chose est largement à revoir dans notre méthode d’éducation. Le Ministre de l’Education de l’époque, on était en Avril 1981, avait alors affirmé qu’il ne s’attendait pas à des conclusions aussi négatives alors qu’il était resté optimiste à ce sujet et qu’il espérait recevoir un rapport coloré en rose et non ces feuilles de papier divulguant les perceptions négatives de la population.

Un rapport terrible

C’est au contraire un rapport épouvantable qui fut publié sur les conditions d’enseignement plus que médiocres dans le primaire et le secondaire comme on en a rarement rencontrés sur des feuilles provenant d’une administration de ce type. Les fondations de l’éducation dans notre société sont parvenues à un niveau de médiocrité rarement atteint jusqu’ici au point qu’il menace l’avenir de notre nation, est-il stipulé dans ce texte. Il faut mettre au crédit du Ministre de l’Education qu’il a réagi vite et bien aux conclusions ainsi formulées et qu’il est devenu depuis le père malgré lui de la réforme de l’enseignement. Dans cette affaire et pour d’autres raisons, le patron de notre ministre prit lui aussi fait et cause pour un renouveau dans l’enseignement, puisqu’il ne s’agissait pas moins que de Ronald Reagan, cet acteur de western sur le retour promu au rang de Président des Etats-Unis ce qui n’en donne que plus d’éclat à sa volonté et son projet de réforme pour l’enseignement. Comme le rapport avait été publié sous le titre de « Une Nation à Haut Risque » la résonance dans tout le pays devint très bruyante au point qu’on accusa les différents responsables de cette situation de négligence.

Un pays à haut risque

C’est alors que notre Ministre du nom de Bell, sentant le danger de la suppression de son ministère, s’avisa de rendre visite à des écoles disséminées dans tout le pays, lui qui ne parvint jamais à rencontrer son Président, et surtout pas dans son avion personnel que tout le monde connaît sous le nom de « Force un ». L’héritage de cette affaire fut que depuis cette date, on n’a jamais cessé de mettre cette question à l’ordre du jour au point que pendant ces 25 dernières années, on a vu l’arrivée d’une succession de nouveaux projets et de mouvements visant à améliorer la qualité de l’enseignement dans les écoles primaires et secondaires. Jusqu’au moment où a été mis en place un sommet qui a consacré six objectifs au niveau national jusqu’au tout dernier qui stipule qu’aucun enfant ne doit rester derrière. Une des idées force contenues dans ces projets consistait à déclarer que la qualité de l’enseignement est liée directement à la compétitivité nécessaire à une économie saine. Cette direction a forgé l’état d’esprit des Américains en ce qui concerne l’excellence des méthodes d’éducation. Comme les Américains étaient médusés par le miracle économique japonais, et que ce résultat n’a pu être atteint, d’après eux, que par l’excellence de leur niveau d’enseignement dont le résultat s’affichait en termes de succès aux dépens des étudiants de leur pays, ils en conclurent que leur éducation était supérieure.

Versatilité de la situation économique

Jusqu’au moment où l’économie japonaise se mit à plonger malgré la persistance du même système d’enseignement. A l’inverse, était-il discuté, si l’enseignement américain est si mauvais, pourquoi l’économie se port-t-elle encore si bien ? C’est à ce moment que les responsables de l’éducation en Corée, et à Singapour commencèrent à mettre en question les méthodes d’enseignement dans leur pays, basées sur la mémorisation et l’apprentissage par cœur. Cette tendance continue à rester en vigueur pour juger de la valeur de l’enseignement aux Etats-Unis qui est enviée par le monde entier pour sa créativité et la faculté de résoudre des problèmes, critère décisif pour prospérer dans l’économie de marché. Un consensus semble émerger des confrontations entre experts du monde entier pour conduire à la conclusion que les écoles américaines opèrent dans le contexte d’un environnement qui permet le développement d’une économie ouverte, d’un système bancaire puissant et légal, d’une culture d’entreprise conduisant inéluctablement au progrès économique. Pour le dire autrement, il est possible que les étudiants américains en sachent moins que leurs rivaux mais leur société leur permet de mieux utiliser les connaissances apprises. L’une des raisons pour lesquelles l’économie américaine a été prépondérante au cours du 20è siècle est que davantage d’éducation a été délivrée à un plus grand nombre d’étudiants.

Un avenir incertain ?

Ce n’est plus le cas maintenant, à l’heure où les chiffres ne cessent de descendre comme le montre le recensement actuel qui décompte un pourcentage actuel de 70%. Le classement du pays se situe actuellement au 16è rang des pays industrialisés, alors qu’il était en tête des nations qui envoient leurs diplômés des collèges à l’université ou aux grandes écoles. A l’heure actuelle le pays est en échec sur le nombre des jeunes étudiants capables de jouer un rôle efficace de citoyen ou de travailleurs dans une économie globale. Ces nouvelles ne sont pas encourageantes à un moment où le baby boom s’achemine vers le vieillissement et où une proportion de plus en plus grande des futurs candidats à une main d’œuvre efficace provient de groupes ethniques minoritaires, de familles à faibles revenus et d’immigrants récemment arrivés, tous groupes qui ont été très mal servis par le système d’enseignement. Si bien que la nouvelle définition d’une nation à haut risque est de construire un système d’excellence à l’aide d’une nouvelle commission chargée de réveiller l’idéal national en vue d’inculquer la nation d’une absolue nécessité d’éduquer correctement tous les jeunes du pays.

Sources : April 25, 2008

Op-Ed Contributor
A Nation at a Loss
By EDWARD B. FISKE. Edward B. Fiske, a former Times education editor, is the author of the Fiske Guide to Colleges.

Questionnement éthique :

1. Quelle est le budget maximum qu’un état riche devrait consacrer à l’éducation nationale par rapport aux budgets annuels aloués à d’autres besoins tels que le budget consacré à l’armement, à l’aide aux pays pauvres, à la recherche ?

2. Est-il vrai que le nombre des enseignants disponibles pour former la jeunesse, avenir de la nation est indépendant des résultats obtenus en terme de performance des élèves, de niveau scolaire, de capacités de professionalisation ?

3. Il semble que les Américains fassent une relation très étroite entre le niveau de leur économie et celui des élèves du secondaire ou des étudiants des universités ou des grandes écoles ?

4. Doit-on considérer le budget de l’éducation nationale comme prioritaire par rapport à tous les autres besoins de la nation ?